Les Rafale et Mirage sont touchés par un gros problème et la qualité de ces chasseurs n’y change rien. L’Armée de l’air et de l’espace compte 184 avions de combat contre environ 240 pour la Grèce. Et la différence est d’autant plus préoccupante que la France porte la dissuasion nucléaire, protège notre ciel en permanence et maintient des missions loin de nos frontières.

- L’Armée de l’air et de l’espace ne compte que 184 chasseurs, malgré des missions nombreuses et une flotte sollicitée au-delà du niveau prévu.
- Le manque va durer plusieurs années, avec très peu de Rafale supplémentaires avant l’arrivée du standard F5 prévue entre 2033 et 2035.
- Le succès mondial du Rafale remplit les carnets de commandes de Dassault, mais ralentit aussi la capacité de la France à renforcer rapidement sa propre flotte.
C’est au 31 décembre 2025 que l’on comptait 184 chasseurs français, avec une répartition entre 112 Rafale, 50 Mirage 2000D et 22 Mirage 2000-5F. Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace, a lui-même comparé cette flotte aux quelque 240 chasseurs grecs.
Face à la Grèce, la France a beaucoup moins de chasseurs dans sa flotte
La France a également retiré 24 Rafale de sa flotte pour les revendre à la Grèce et à la Croatie. Derrière, des commandes ont été passées par l’Armée pour les remplacer par des chasseurs flambant neufs. En face, la Grèce s’appuie surtout sur ses F-16 avec aussi 24 Rafale, des Mirage 2000-5 et des F-4E Phantom II plus anciens. En janvier 2025, Athènes a reçu son 24e Rafale. La flotte grecque a donc beaucoup de chasseurs à disposition et une modernisation rapide.
C’est lors d’une audition par la commission de la défense de l’Assemblée nationale que Jérôme Bellanger a exposé la situation. Il rapporte que la flotte actuelle vole à plus de 15 % au-dessus du niveau prévu. Mais ce n’est pas tout, puisque près de 80 % des chasseurs furent mobilisés en début d’année 2026, au même moment entre la défense du ciel hexagonal, un exercice nucléaire, le front Est de l’Europe, le Moyen-Orient et un exercice en Côte d’Ivoire.

À chaque mission, en même temps, la marge de chasseurs disponibles diminue. Et on peut le dire, l’armée française est bien occupée, puisqu’au printemps dernier, les Rafale français ont tiré environ 80 missiles contre des drones dans le Golfe.
Malheureusement, ce manque dans la flotte risque de se poursuivre. En 2027, l’Armée de l’air et de l’espace n’aura que deux Rafale en plus et retirera même des Mirage 2000-5 de sa flotte. La France a aussi fait le choix de ne plus commander de Rafale F4 jusqu’à l’arrivée du standard F5. La France estime que moderniser les F4 encore en circulation coûterait cher et les immobiliserait trop longtemps. Bref, c’est la preuve que la France doit jongler avec peu de chasseurs disponibles.
La situation ne risque pas de s’arranger
C’est entre 2033 et 2035 que le Rafale F5 entrera dans les forces françaises. Il s’agit d’un nouveau standard qui aura droit à un radar repensé, une protection électronique modernisée, un moteur plus puissant et le futur missile nucléaire ASN4G.
Pour 2035, la programmation française ambitionne 225 avions de combat pour l’Armée de l’air et la Marine, avec au moins 47 au standard F5. Certes, le chasseur se modernise, mais le creux des prochaines années est bel et bien là.
Les drones prêteront notamment main-forte, alors qu’en 2028, un exercice aura lieu pour préparer le standard F5. Le drone aura la capacité de repérer une cible, brouiller un radar ou percer des défenses ennemies.
La modernisation de la flotte française passe aussi par les logiciels. Le mois dernier, Dassault Aviation et Thales ont testé deux IA souveraines sur un Rafale, même si leurs tâches exactes n’ont pas été dévoilées. Le but est d’aider l’équipage à gérer bien plus de données et préparer la collaboration avec des drones.
Une pression industrielle également énorme

L’industrie française doit aussi faire avec un énorme carnet de commandes. À la fin de l’année 2025, Dassault Aviation avait encore 220 Rafale à livrer, dont 175 à l’exportation et 45 pour la France. En 2026, l’entreprise prévoit 28 livraisons.
Les chaînes montent en cadence, mais environ 400 entreprises participent au programme et certains goulets d’étranglement ralentissent la hausse de production. Le succès du Rafale est donc mondial et protège l’industrie française, mais ne permet pas à l’armée d’avoir une flotte aussi importante que nécessaire.












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