Le Rafale s’améliore en intégrant deux algorithmes d’IA souverains. Dassault Aviation a annoncé le test en vol de cette technologie. La première a été développée en interne et la seconde vient de cortAIx, l’accélérateur IA de Thales.

- Dassault Aviation a testé en vol deux IA souveraines sur Rafale, dont une développée avec Thales, sans révéler leurs missions exactes.
- Les essais sont jugés assez matures pour envisager leur intégration dans les futures évolutions du Rafale, notamment le standard F5.
- Cette avancée s’inscrit dans la montée en puissance de l’IA militaire française, avec drones autonomes, aide à la décision et technologies développées après l’échec du SCAF.
Mais les missions remplies par ce Rafale boosté à l’IA sont secrètes. Toutefois, cette maturité permet déjà d’envisager une intégration dans les futures versions de l’avion de combat Rafale. Dassault Aviation est volontairement flou sur ce que ces deux IA ont fait en vol.
Le Rafale intègre l’IA lors d’un test gardé secret par Dassault
Rappelons que les premiers contrats du Rafale F5 confiés à Dassault, Thales, MBDA et Safran couvrent plusieurs briques du futur standard. Thales travaille sur le radar RBE2-XG et le SPECTRA F5. Quant à Safran, il prépare le moteur M88 T-REX avec 20% de poussée en plus.
Le terme “souverain” ne doit rien au hasard. Dassault Aviation et Thales cherchent à garder la maîtrise de cette technologie dans l’écosystème français de défense. En novembre dernier, les deux entreprises ont signé un partenariat autour de l’IA militaire.

Un deal pour l’observation et l’analyse de situation mais aussi l’aide à la décision, la planification et le contrôle des actions sur des appareils pilotés ou non. Mais attention, puisque rien ne dit que les deux IA testées cette semaine correspondent à l’une de ces missions.
Il y a aussi la question de l’autonomie autour des drones. En janvier 2026, Dassault Aviation a participé à une levée de fonds de 200 millions de dollars dans Harmattan AI, une start-up française de défense qui travaille sur des drones autonomes. Le partenariat vise des fonctionnalités IA embarquées dans le Rafale F5 et les futurs drones de combat.
Puis en juillet 2026, un Rafale F4 a contrôlé un drone en vol qui était équipé d’une charge de guerre électronique développée avec Harmattan AI. Le drone a localisé un radar puis transmis sa position au Rafale pour une frappe simulée.
Après l’échec du SCAF, le Rafale sera le chasseur français du futur
Bref, le Rafale accélère après l’échec du SCAF. Le 8 juin 2026, Paris et Berlin ont acté l’abandon du chasseur commun après l’échec des négociations franco-allemandes. Des briques survivent toutefois comme le cloud de combat et les drones connectés. Dassault Aviation prépare donc le Rafale F5 de son côté sans co-développement étranger.
Mais cette rupture ne veut pas dire que chaque industriel renonce à l’IA. Airbus suit sa propre route, puisqu’en mai 2026 l’entreprise a signé un partenariat avec Mistral AI. L’accord ne se limite pas qu’à l’aviation civile, puisque la défense fait aussi partie du contrat. Airbus étudie aussi l’IA embarquée pour reconnaître automatiquement des objets.
Et en pleine mort du chasseur du SCAF, la France a ouvert la porte à une coopération avec la Suède pour en créer un en commun. Bref, le Rafale évolue énormément alors que la situation géopolitique mondiale est tendue. Par exemple, très récemment, l’Inde a confirmé son intérêt pour rejoindre un futur programme français, celui du SCAF, sans accord signé pour le moment.
Saab explore des combats où une IA pilote un Gripen E face à un pilote humain. Aux États-Unis, le Pentagone a modifié un F-16 qui a volé avec une IA capable d’affronter un autre chasseur. La France est donc loin d’être seule dans cette course, notamment face aux États-Unis.
La souveraineté, principale préoccupation de Dassault

Pour Dassault Aviation, la souveraineté est primordiale. L’entreprise française refuse de partager certains composants sensibles du Rafale F5, une position qui explique le blocage avec les Émirats arabes unis autour du financement et de l’accès aux technologies. Cette logique vaut aussi pour l’IA militaire, car les données de mission et le code concernent directement la sécurité nationale.
Gardez toutefois en tête que ce test avec IA ne transforme pas le Rafale en chasseur autonome, et Dassault Aviation garde secrètes les lignes autour. Mais les faits sont là, deux IA ont quitté leur laboratoire pour voler dans un chasseur opérationnel, alors que le Rafale sera au cœur de la puissance aérienne française jusqu’en 2060.
Après l’échec du chasseur commun du SCAF, Dassault Aviation nous rappelle que le logiciel a une place tout aussi importante qu’un nouveau chasseur et que les drones seront un prolongement du Rafale.
Source : Reuters













Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.