Le Rafale F5 fait office de fer de lance de l’aviation de combat française. Sauf que tous les avions n’auront pas droit à ce standard. En 2030, 137 Rafale de l’armée de l’Air et de l’Espace seront toujours au standard F4.

La France divise donc sa flotte en deux alors qu’en 2035, la programmation militaire prévoit 225 avions de combat avec au moins 47 Rafale F5. Ce sont les missions les plus exigeantes qui profiteront de ce nouveau standard, alors que le Rafale F4 gardera une place majeure.
Pourquoi la France fera voler des Rafale F4 et F5 en même temps ?
Entre 2033 et 2035, le Rafale F5 entrera dans les forces aériennes françaises. Et il ne s’agit pas d’une simple mise à jour logicielle puisque tout a été revu entre le moteur, le radar, la protection électronique, les communications et les armes.
Stéphane Mille, qui dirigeait l’armée de l’Air et de l’Espace en 2023, a expliqué lors d’une audition à l’Assemblée nationale que l’électronique du Rafale F5 demandait bien plus de données, un nouveau câblage interne.

Les Rafale en service ne sont donc pas conçus pour supporter une telle charge. Stéphane Mille a précisé qu’il faudra donc que plusieurs standards coexistent. Ce qui explique pourquoi le F5 est décrit comme une rénovation à mi-vie.
En mai 2026, Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, a bien expliqué le problème au Sénat. Et pour cause : un F4 ensuite passé au standard F5 demanderait des travaux coûteux et jusqu’à un an d’immobilisation. La France préfère donc attendre les Rafale F5 au lieu de commander 22 Rafale F4 en plus pour les modifier a posteriori. Ce qui limite aussi une dépense inutile.
Un F4 qui gardera une place importante lors des missions
Le Rafale F4 n’est donc pas relégué au second plan. En 2030, le futur missile COMETE est prévu sur ce standard pour frapper des cibles à très longue distance. Le Rafale F4 propose déjà une meilleure communication entre avions, de nouveaux armements et un partage plus rapide des informations, mais c’est toutefois bien moins de fonctionnalités que le standard F5.
Le Rafale F5 demande bien plus d’énergie et de puissance informatique. C’est le mois dernier que la Direction générale de l’armement a attribué les premiers contrats industriels du Rafale F5 à Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran.

Le radar RBE2-XG offrira une portée en plus et une meilleure détection des cibles discrètes. SPECTRA détectera et brouillera les menaces autour du Rafale avec le tout numérique sur le standard F5. Le moteur M88 T-REX passera de 7,5 à 9 tonnes de poussée, soit 20 % de plus.
En 2028, un Rafale volera avec un drone de combat pour préparer le standard F5. Le drone pourra se rapprocher des défenses adverses, chercher des cibles, brouiller des radars ou porter des armes. Le Rafale aura donc plus de distance et les informations directes du drone. Le Rafale F5 aura donc un rôle de commandement aérien différent de celui des chasseurs, qui mèneront leurs missions sans drone.
Le Rafale F5 assurera la mission aérienne après la mort du SCAF
En septembre 2026, Dassault Aviation et Thales ont testé deux IA souveraines sur un Rafale en vol. Dassault Aviation n’a pas précisé les tâches exactes qui ont été effectuées, mais l’entreprise estime que les résultats sont suffisamment bons pour les futures évolutions du chasseur. Le standard F5 intégrera davantage de logiciels pour trier les informations et aider l’équipage face à beaucoup de données.
En avril 2026, la programmation militaire a confirmé le retour d’une capacité anti-radar avec le STRATUS RS sur le Rafale F5, une arme qui pourra frapper les radars et les défenses sol-air qui ferment l’accès à une zone. Le Rafale F5 aura aussi un futur missile nucléaire ASN4G. Les Rafale F5 garderont de puissantes armes air-air et de frappe au sol, mais le standard F5 sera utilisé pour ouvrir les espaces les plus défendus.

En 2035, la base de Luxeuil accueillera deux escadrons de Rafale F5 et le missile nucléaire ASN4G que le chasseur portera donc. Une partie de la flotte assurera la dissuasion nucléaire avec le radar, le moteur et la protection électronique de nouvelle génération.
L’été dernier, la programmation militaire actualisée a renforcé le financement du standard F5. De 2026 à 2030, 3,4 milliards d’euros seront réservés à ce chantier. Pour le coût total du développement, on parle d’autour de 5 milliards d’euros. Pour le moment, aucun accord de codéveloppement étranger n’est annoncé, malgré la reprise des discussions avec les Émirats arabes unis. Le standard F5 a d’autant plus de poids que cet été, la France et l’Allemagne ont tout simplement stoppé le chasseur du SCAF.












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