L’Inde veut construire le successeur du Rafale avec la France. Le ministère de la Défense de l’Inde a confirmé au Parlement ses démarches pour rejoindre le SCAF. Ce programme d’avion de combat de sixième génération n’a plus que Dassault Aviation à sa tête depuis le retrait allemand du mois de juin. Pas de contrat signé pour l’heure Paris n’a rien confirmé.

- L’Inde confirme au Parlement ses démarches pour rejoindre le SCAF, le futur avion de combat français désormais piloté par Dassault seul.
- New Delhi cherche une place dans la conception, avec des drones collaboratifs et des systèmes de combat en réseau, plutôt qu’un simple achat d’avion.
- Le rapprochement tombe alors que l’Inde manque de chasseurs et discute aussi l’achat de 114 Rafale, estimé à environ 34 milliards de dollars.
La confirmation sort d’un document officiel. Il s’agit du 25e rapport de la Commission parlementaire permanente de la défense, remis devant la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement indien. En mars 2026, un premier rapport parlementaire posait des recommandations sur les avions de sixième génération. Le ministère répond à chaque recommandation dans ce nouveau texte.
L’Inde envisage de relancer le SCAF avec la France
La réponse évoque des efforts concertés et engagés pour rejoindre le programme piloté par la France. On parle de deux capacités précises dans ce texte : la mise en réseau des systèmes de combat et les drones collaboratifs pilotés depuis le cockpit. La forme de la participation et le calendrier n’apparaissent pas dans le document. La Commission parlementaire réclame un calendrier détaillé pour la prochaine échéance.
Le rapprochement arrive deux mois après l’éclatement du programme. Le 8 juin 2026, la France et l’Allemagne ont acté l’arrêt du chasseur commun. Depuis cette rupture, le programme militaire européen à 100 milliards d’euros est enterré dans sa version à trois pays.

Dassault Aviation et Airbus se sont opposés sur le pilotage du chasseur, la répartition du travail industriel et les brevets. Au printemps, une médiation des gouvernements français et allemand entre les deux industriels n’a rien débloqué.
Le désaccord industriel cache un désaccord plus ancien entre Paris et Berlin. Il faut dire que Paris et Berlin ont toujours voulu deux avions différents. Et pour cause, la France exige un chasseur capable de décoller d’un porte-avions et d’emporter l’arme nucléaire, deux besoins qui ne comptent en rien pour l’Allemagne. Le blocage est au centre de la fin du mensonge de la coopération militaire franco-allemande. Le retrait allemand a laissé une place vide dans le développement du futur avion.
Le SCAF est bien plus avantageux pour l’Inde
En mars 2026, le choix opposait deux consortiums de sixième génération. Anil Chauhan, chef d’état-major de la défense indienne, a décrit ces deux consortiums devant les parlementaires. Vers 2035, le GCAP du Royaume-Uni, de l’Italie et du Japon espère mettre son avion en service. Le SCAF vise 2040 et la France ne compte plus que sur le Rafale jusqu’en 2060. Une armée de l’air pressée choisirait en bonne logique le calendrier le plus court.
Sauf que voilà, les deux offres n’ont rien de comparable. Le GCAP vendrait à l’Inde un avion produit par d’autres. Le SCAF ouvre une place dans la conception avec les transferts de savoir-faire des contrats franco-indiens. Bref, ce choix oppose une livraison rapide et un accès à la conception. L’Allemagne prépare sa propre suite puisque Airbus a présenté un consortium concurrent avec l’Espagne dès la rupture.
Résultat, l’Inde rejoindrait un SCAF recentré autour de Paris, face à un projet rival en construction. Dans ce projet rival, Airbus se tournerait vers Saab pour un avion de sixième génération.
Les chiffres de l’armée de l’air indienne expliquent l’urgence. L’armée aligne 29 escadrons de chasse actifs contre 42 autorisés par le gouvernement, soit 13 escadrons manquants. Entre 2028 et 2035, le retrait des Jaguar des années 1980 videra six de ces escadrons. Le chasseur léger national Tejas attend toujours un premier client à l’exportation.
Au mois de juin, un moteur General Electric de sa version modernisée a échoué aux tests de réception. L’AMCA, le futur avion national, appartient à la cinquième génération avec un premier vol visé en 2029. En clair, l’Inde n’a aucun programme national de sixième génération.
L’Inde se tourne aussi vers les Rafale français
Le dossier des 114 Rafale avance pendant ces discussions. Pour rappel, l’approbation de principe du Conseil indien d’acquisition de défense date du mois de février. New Delhi a envoyé sa demande formelle en juin. Le 6 août 2026, la France a répondu à cette demande avec une proposition détaillée.
La proposition est arrivée la veille de la confirmation sur le SCAF. L’agence indienne ANI évalue ce contrat à environ 34 milliards de dollars, soit environ 29 milliards d’euros, avec 92 à 96 appareils assemblés en Inde. Ces Rafale sortiraient au standard actuel. Vers 2035, le Rafale F5 ajoutera un moteur neuf et un radar neuf au chasseur. Ce standard prépare le super-Rafale pensé pour battre le chasseur F-35.

Dassault Aviation a ses propres raisons pour accepter le deal. Le développement du programme était estimé autour de 100 milliards d’euros pour trois pays. Berlin et Madrid ont quitté le volet de l’avion piloté au mois de juin. En gros, l’Inde apporterait un financement et des usines, et ses industriels récupéreraient un savoir-faire hors de portée de leurs programmes nationaux.
La France assume seule cette facture et mise sur un démonstrateur pour tester les choix techniques avant les décisions définitives. Le calendrier réclamé par les parlementaires indiens dira la forme exacte de cette participation.














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