L’Inde pourrait rejoindre le SCAF, le projet d’avion de combat européen

C’est officiel et le ministère indien de la Défense en a informé le Parlement. L’Indian Air Force souhaite rejoindre l’un des deux grands programmes d’avion de combat de sixième génération en cours en Europe. Le général Anil Chauhan, chef d’état-major des forces armées indiennes, a confirmé la démarche.

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SCAF
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Selon lui, deux consortiums travaillent sur un avion de combat et l’Inde doit nouer un partenariat avec l’un d’eux pour ne pas prendre de retard. Le choix se fera entre le SCAF et le GCAP. On parle d’un programme porté par la France, l’Allemagne et l’Espagne pour le SCAF. Le budget est estimé à 100 milliards d’euros.

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SCAF et GCAP, deux projets qui prennent du retard

L’objectif est de développer un avion de combat de nouvelle génération, des drones collaboratifs et un cloud de combat. Sauf que voilà, le programme est en crise depuis des mois. Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a déclaré que le programme « est mort » si Airbus refuse de travailler avec Dassault. Le conflit porte sur la gouvernance du futur chasseur. Dassault exige le rôle de maître d’œuvre quand Airbus refuse d’être relégué au second plan.

Le chef d’état-major des forces armées indiennes, le général Anil Chauhan, explique : « La commission a été informée que deux consortiums travaille sur l’avion de sixième génération. L’un réunit le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, l’autre la France et l’Allemagne. Tous deux développent un appareil de cette génération. Afin de ne pas prendre de retard, nous allons tenter de nouer un partenariat ».

Le GCAP est mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Il est mieux structuré avec une organisation dédiée, la GIGO. Une coentreprise appelée Edgewing regroupe BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement. Mais le GCAP traverse aussi des turbulences. Le ministre italien de la Défense Guido Crosetto a reproché au Royaume-Uni de ne pas assez partager ses technologies. La facture pour l’Italie est passée de 6 à 18 milliards d’euros rien que pour le développement.

SCAF AIRBUS
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L’Inde a de vraies raisons de se presser. L’Indian Air Force n’aligne que 29 escadrons alors qu’elle en a besoin de 42. La Chine a déjà mis deux chasseurs furtifs de cinquième génération, le J-20 et le J-35. Pékin a aussi fait voler deux prototypes d’avions de sixième génération, le J-36 et le J-50. Le Pakistan cherche aussi à acquérir le J-31 chinois.

L’Inde refuse d’être à la traîne. Son programme national AMCA accumule les retards et n’a aucune chance de respecter le calendrier prévu. Rejoindre un programme en cours permettrait à l’industrie indienne d’accéder à des technologies de propulsion, de capteurs et d’IA. Ce sont des domaines que le pays n’a pas les moyens de développer par lui-même.

La France et l’Inde sont déjà proches politiquement

Le SCAF est le choix le plus logique pour l’Inde. New Delhi est déjà cliente du Rafale. L’armée de l’air indienne en exploite 36 et des discussions sont en cours pour en acquérir 114 de plus, dont 31 Rafale Marine. Safran Aircraft Engines participe au développement du moteur de l’AMCA via une coentreprise avec le GTRE indien.

Les besoins militaires de l’Inde et de la France se recoupent aussi. Paris et New Delhi ont une composante nucléaire aéroportée. Et si l’Indian Navy se dote un jour d’un porte-avions avec catapultes et brins d’arrêt, les cahiers des charges seront presque identiques. C’est un alignement que l’Allemagne n’a jamais eu avec la France sur le SCAF. Friedrich Merz a d’ailleurs dit clairement que Berlin « n’a pas besoin du même avion que la France ».

Sauf que voilà, le SCAF est au bord du gouffre. L’Allemagne a fait savoir qu’elle prendrait une décision sur sa participation d’ici mi-avril 2026. Emmanuel Macron et Friedrich Merz se sont rencontrés en marge du sommet européen des 19 et 20 mars à Bruxelles.

Le président français a déclaré : « Nous avons conjointement décidé de lancer une mission de rapprochement entre Airbus et Dassault dans les prochaines semaines, qui doit être menée de manière calme et respectueuse afin de trouver les bons chemins vers la convergence. » C’est la dernière tentative avant un possible abandon du programme.

Friedrich Merz ne cache pas ses doutes. Selon le chancelier allemand, « il ne s’agit pas d’une querelle politique » mais « d’un réel problème au niveau du cahier des charges ». Il a ajouté que si le problème n’est pas résolu, « le projet ne pourra pas continuer ». Berlin regarde déjà vers les F-35 et le programme GCAP. Le Royaume-Uni se dit d’ailleurs prêt à ouvrir le GCAP à de nouveaux partenaires. L’Arabie saoudite, l’Australie et la Pologne sont sur les rangs. L’Allemagne est souvent citée.

L’Inde pourrait accélérer le SCAF en rejoignant le programme

La présence de l’Inde dans l’un des deux programmes changerait la donne. New Delhi apporterait un financement massif et un marché de plusieurs centaines d’appareils. C’est exactement ce dont le SCAF et le GCAP ont besoin pour survivre. Si l’on a bien plus de pays qui participent, plus le coût à l’unité de chaque avion baisse.

La France a déjà dépensé 1,8 milliard d’euros d’argent public sur le SCAF sans qu’un seul avion n’ait vu le jour. L’Inde pourrait relancer le projet ou, au contraire, se tourner vers le GCAP. Ce serait le coup de grâce pour le programme franco-allemand.

SCAF
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Bref, l’Inde doit trancher entre un SCAF en crise et un GCAP mieux organisé mais pas encore opérationnel. La date de la mi-avril 2026 sera décisive. Si l’Allemagne quitte le SCAF, la France aura besoin d’un nouveau partenaire de poids. New Delhi est le candidat idéal. Mais si Berlin reste, l’Inde pourrait se rabattre sur le GCAP pour ne pas dépendre d’un programme qui change de direction tous les six mois.

  • L’Inde officialise son intérêt pour rejoindre l’un des deux grands programmes européens de chasseur de sixième génération, le SCAF ou le GCAP.
  • Le SCAF traverse une crise majeure entre Dassault et Airbus, au point que Berlin a fixé une échéance à la mi-avril 2026 pour tenter de sauver le programme.
  • Ce futur choix est stratégique pour New Delhi, qui cherche à accélérer sur la sixième génération en parallèle de son programme national AMCA.

Source : Times of India

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1 commentaire

  1. Viero dit :

    Imaginez-vous l’Inde, puissance nucléaire, désireuse de s’équiper de porte-avions, se tourner vers le GCAP plutôt que vers le SCAF et se priver de capacités d’emport nucléaire ainsi que d’avions «navalisés ? Deux capacités que le GCAP n’offrirait à priori pas sinon l’Allemagne n’aurait aucune raison de rejoindre le programme puisqu’elle clame qu’elle n’a nul besoin d’un tel avion.