La France et l’Allemagne n’arrivent jamais à construire un avion de combat ensemble. Le 22 avril 2026, Éric Trappier, président de Dassault Aviation, a acté la fin des négociations avec Airbus Defence and Space sur le chasseur du SCAF.

- Éric Trappier a annoncé le 22 avril 2026 la fin des négociations entre Dassault Aviation et Airbus Defence and Space sur le chasseur du SCAF.
- La France veut un avion capable d’opérer depuis un porte-avions et d’emporter l’arme nucléaire, alors que l’Allemagne privilégie une intégration au dispositif de l’OTAN.
- En parallèle, Berlin multiplie les achats de matériels étasuniens comme le F-35 et le P-8A, pendant que Dassault Aviation poursuit l’exportation du Rafale hors de l’OTAN.
Cet échec n’est pas un accident ponctuel. Les besoins militaires des deux pays sont opposés et les intérêts industriels inconciliables. Depuis 15 ans, le résultat reste le même. Les solutions françaises reculent et les plateformes étasuniennes s’installent.
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La France et l’Allemagne n’arrivent jamais à s’entendre
Pour rappel, la fracture porte d’abord sur la doctrine militaire. La France veut un chasseur capable de décoller d’un porte-avions et d’emporter l’arme nucléaire. L’Allemagne ne possède aucun porte-avions et n’a pas de force de frappe nationale. En février 2026, Friedrich Merz a posé publiquement la question dans le podcast Machtwechsel. Le chancelier a évoqué la piste de deux avions distincts.
Selon lui, les besoins militaires sont inconciliables. En clair, la France veut un avion stratégique de souveraineté, l’Allemagne un avion intégré au dispositif de l’OTAN. L’un des deux pays renoncera à ses besoins, ou alors le programme n’aboutira pas. Pour la suite du SCAF, trois scénarios se dessinent à Paris avec une rupture franche en tête de liste.
Il faut dire que le tissu industriel allemand a aussi poussé Berlin vers la sortie. Le BDLI, association fédérale des industries aéronautiques, a critiqué la gouvernance du SCAF et le poids excessif de Dassault Aviation. Le syndicat IG Metall a envoyé une lettre au gouvernement allemand pour exiger l’exclusion de Dassault Aviation.
« Dassault Aviation met en danger les emplois et les compétences en Allemagne et n’est plus un partenaire fiable« , écrit le syndicat. Les syndicats français ont répliqué et accusé Berlin de « torpiller » le programme.
Le SCAF, un projet impossible entre la France et l’Allemagne
Le 1er avril 2026, Éric Trappier a tranché lors du forum Guerres et paix. « Je ne suis pas un homme de cogestion », a déclaré le PDG de Dassault Aviation. La cogestion est précisément le mode opératoire qu’Airbus défend pour le SCAF, point de blocage qui oppose Dassault Aviation et Airbus depuis plus de deux ans. Pour Emmanuel Macron, le programme garde un avenir sous une autre forme, mais aucun calendrier précis n’a été donné.
Mais ce n’est pas tout puisque l’Allemagne a des alternatives crédibles que la France n’a pas. En février 2026, le quotidien italien Corriere della Sera a révélé que Friedrich Merz a sondé Giorgia Meloni sur une participation allemande au GCAP. Le programme britannique, italien et japonais de chasseur de sixième génération a verrouillé sa gouvernance avant même la phase de développement.
La coentreprise Edgewing entre BAE Systems, Leonardo et JAIE a été créée à parts égales. Berlin peut basculer dans cette équipe industrielle sans Dassault Aviation. Madrid explore aussi la Turquie avec son chasseur Kaan. Paris n’a pas d’alternative équivalente et reste seul à porter un programme national.
Le scénario s’est déjà rejoué sur le MAWS, le programme commun d’avion de patrouille maritime. En 2020, Berlin a refusé l’offre de Paris pour quatre Atlantique 2 modernisés. En 2021, l’Allemagne a commandé cinq P-8A Poseidon à Boeing pour 1,43 milliard d’euros. La commission du budget du Bundestag a ensuite validé l’extension à huit appareils pour 2,8 milliards d’euros.

En août 2025, les documents budgétaires de la Bundeswehr ont révélé une demande pour quatre appareils en plus, ce qui porte la flotte à douze P-8A. La France a riposté avec 2,956 milliards d’euros alloués à l’Airbus A321 MPA. Les deux pays voulaient un avion commun. Ils se retrouvent avec deux plateformes concurrentes à l’exportation.
Le contre-exemple existe pourtant dans le domaine terrestre. Le programme MGCS, le char franco-allemand, avance bien plus vite que le SCAF car les besoins des deux pays sont alignés sur le combat blindé.
L’Allemagne renforce sa dépendance aux États-Unis
Le partage nucléaire de l’OTAN scelle la dépendance allemande à Washington. En décembre 2022, le Bundestag a approuvé l’achat de 35 F-35A pour environ 10 milliards d’euros. Ces avions ravitailleront la base aérienne de Büchel où sont stockées les bombes nucléaires tactiques B61-12. Les autorités étasuniennes ne certifient aucun appareil étranger pour emporter cette bombe.
Le Rafale, non certifié pour la B61, n’a jamais eu sa chance dans cette compétition. En juillet 2025, Politico et Reuters ont indiqué que Berlin envisageait quinze F-35A en plus. En février 2026, Reuters a évoqué plus de trente-cinq appareils. La flotte allemande pourrait dépasser les soixante-dix F-35.
Le contraste avec la cohérence étasunienne pèse sur la dynamique européenne. En 2025, Lockheed Martin a livré 191 F-35, un record contre 142 l’année précédente. La flotte mondiale atteint près de 1 300 appareils. Pour comparer à la stratégie étasunienne face à l’éclatement européen, le Rafale s’exporte massivement loin de l’OTAN.
Au 31 décembre 2025, Dassault Aviation comptait 533 appareils commandés fermes par neuf pays. En août 2024, la Serbie a signé pour douze appareils. En novembre 2025, une lettre d’intention a été signée avec Kiev pour cent appareils sur dix ans. En février 2026, le Defence Procurement Board indien a validé un projet pour 114 appareils, la plus grande commande d’exportation de l’histoire de Dassault Aviation. En Europe, trois pays seulement ont choisi le Rafale.
L’Europe se retrouve fragilisée par cette situation contradictoire

Sauf que voilà, Friedrich Merz tient un discours en contradiction avec ses actes. À la Conférence de Munich sur la sécurité, le chancelier a déclaré que « personne n’a forcé les Européens à devenir aussi dépendants » de l’industrie étasunienne et qualifié cette situation d’« immaturité » stratégique.
Ce sont pourtant les mêmes Allemands qui ont commandé des P-8A à Boeing, validé des dizaines de F-35 en plus et fait échouer le SCAF. À l’inverse, la France a développé le missile souverain THUNDART en 18 mois pour réduire sa dépendance étasunienne.
Dassault Aviation construit en parallèle son démonstrateur spatial VORTEX en partenariat avec l’Espagne et l’Italie, hors du cadre franco-allemand. Reste à savoir si Paris tirera les leçons de ces 15 ans de promesses non tenues avant de relancer un nouveau partenariat avec Berlin.
Oui il est grand temps de se débarrasser des allemands , ils n’ont aucune parole et sont des fumistes pro us .