Le SCAF perd un pilier de plus. Safran stoppe le développement du moteur du SCAF mené avec l’allemand MTU Aero Engines. Les financements s’arrêteront à partir de septembre et le motoriste français se concentrera sur le futur chasseur national. Le divorce industriel entre Paris et Berlin touche les moteurs de chasseurs, nouvelles victimes collatérales.

- Safran arrête le développement du moteur du SCAF avec MTU, faute de ressources pour mener deux moteurs de chasseurs en parallèle.
- Les financements s’arrêteront en septembre 2026, après l’abandon du SCAF par l’Allemagne le 8 juin 2026.
- Safran bascule sur la feuille de route française, avec le Rafale F5, le moteur M88 T-Rex et le futur chasseur national.
C’est le 28 juillet 2026 qu’Olivier Andriès, directeur général de Safran, a officialisé cette décision lors de la présentation des résultats semestriels. Les journalistes ont reçu ces déclarations lors d’un appel de presse. Olivier Andriès confirme que « la phase 2 du programme n’aura pas lieu » et que les financements s’arrêteront à partir du mois de septembre.
Pourquoi Safran abandonne le moteur du SCAF ?
La cause de cette décision ? Les moyens disponibles. « Nous n’avons les ressources que pour développer un moteur d’avion de combat », explique le dirigeant. La priorité ira à « la feuille de route française ». Safran développait ce réacteur pour le compte de trois pays clients : la France, l’Allemagne et l’Espagne.
Le moteur était pourtant la partie du SCAF qui marchait. On parle de la coentreprise EUMET, créée à parité entre Safran et MTU Aero Engines. En avril 2021, cette structure basée à Munich a dirigé la maître d’œuvre du réacteur du New Generation Fighter pour les trois pays clients.

Chaque industriel travaillait dans son domaine selon le principe du meilleur dans sa catégorie. Le motoriste espagnol ITP Aero développait la turbine basse pression et la tuyère. On parle d’un réacteur avec un cycle variable, une tuyère orientable et une meilleure furtivité que le moteur du Rafale. En mai 2026, Safran et MTU s’entendaient parfaitement pendant que Dassault Aviation et Airbus se déchiraient.
Le 8 juin 2026, le gouvernement allemand a annoncé l’arrêt du SCAF. Une décennie de blocages a tué ce programme militaire à 100 milliards d’euros. Rappelons que la France a dépensé 1,8 milliard d’euros dans ce projet sans qu’un seul avion ne vole. En 2040, l’avion et son réacteur étaient pensés pour entrer en service. Sans le chasseur New Generation Fighter, le réacteur commun n’a aucun client.
Les causes du naufrage prennent racine autour du chasseur. Dassault Aviation réclamait la maîtrise d’œuvre complète de l’avion et Airbus défendait un partage entre les trois pays. Le chasseur a opposé les deux industriels pendant plus de deux ans sur cette question.
Quelles solutions pour la France après l’arrêt du SCAF ?
En avril 2026, l’échec de la médiation entre Dassault Aviation et Airbus a scellé le sort du programme. La France exige un chasseur nucléaire embarqué sur porte-avions, une doctrine refusée par l’Allemagne et cette coopération aérienne a toujours relevé du mensonge.
L’Allemagne avance seule depuis la rupture. Depuis juin, l’industrie militaire allemande accuse la France de tous les blocages. Le syndicat IG Metall a réclamé l’abandon du projet dès le printemps. Le pays prépare un chasseur national avec le consortium Team Gen 6, conduit par Airbus.
Ce consortium cherche des partenaires et Airbus a discuté avec le suédois Saab. Le chasseur allemand existe sur le papier. Sauf que voilà, MTU se retrouve sans partenaire pour son réacteur et n’a jamais développé seul un moteur de chasseur complet.
En France, le programme national prend la suite autour de Dassault Aviation et d’un successeur du Rafale. En 2035, le Rafale F5 entrera en service avec une évolution du moteur M88 appelée T-Rex, développée par Safran. Les études du Rafale F5 avancent avec un grand drone de combat furtif.
Quels piliers du SCAF avancent toujours ?
Le budget d’un moteur de nouvelle génération se chiffre en milliards d’euros sur des années de travail. Les industriels sauvent malgré tout les drones et le cloud de combat du SCAF dans des coopérations séparées. Olivier Andriès doute d’un alignement des besoins français et allemands sur un futur moteur.

Safran traverse cette rupture en pleine forme. Le 28 juillet 2026, Safran a relevé ses perspectives pour 2026, avec des ventes et des profits en forte hausse au premier semestre. Les pièces de rechange des moteurs civils portent ces résultats.
La coentreprise EUMET de Munich vivra jusqu’à l’arrêt des financements de septembre, avec ses équipes Safran et MTU.














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