SCAF : « la relation est excellente », le moteur du futur avion européen échappe à la crise

Le moteur du futur avion de combat européen avance bien, malgré une crise qui paralyse tout le reste du programme SCAF. Olivier Andriès, directeur général de Safran, a qualifié la coopération avec l’allemand MTU Aero Engines sur ce réacteur d’« excellente ».

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SCAF Safran MTU
© Montage BuzzArena
  • Safran affirme que la coopération avec MTU Aero Engines avance très bien sur le moteur du futur avion de combat européen, malgré la crise qui bloque le reste du programme SCAF.
  • Le réacteur du New Generation Fighter promet des performances supérieures au moteur du Rafale, avec un cycle variable, une tuyère orientable et une meilleure furtivité.
  • L’avenir du moteur dépendra des choix politiques de Paris et Berlin, alors que la France prépare déjà des alternatives avec l’Inde en cas de rupture sur le chasseur.

Le 21 mai 2026, Olivier Andriès s’est exprimé lors de l’assemblée générale de Safran. Un actionnaire l’a interrogé sur l’avenir du moteur en cas d’échec du SCAF. Le patron de Safran a répondu que la collaboration avec MTU Aero Engines marche depuis 2019.

À lire : Tout ce qu’il faut savoir sur le SCAF, le projet d’avion futuriste européen

Le patron de Safran dévoile que le moteur du SCAF échappe à la crise franco-allemande

Il s’agit du développement du moteur destiné au New Generation Fighter, l’avion qui remplacera le Rafale à l’horizon 2040. « La relation est excellente », a résumé le dirigeant. Les deux groupes ont défini précisément le partage des responsabilités avant de se lancer.

Il faut dire que cette clarté change tout par rapport au reste du programme. Safran prend en charge les parties chaudes du moteur, soit les plus complexes, et l’intégration. MTU Aero Engines s’occupe des parties froides et des services associés.

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© Tiraden

La répartition suit le principe du « meilleur athlète », qui laisse chaque industriel travailler dans son domaine d’expertise. Le motoriste espagnol ITP Aero développe la turbine basse pression et la tuyère. On parle de la coentreprise EUMET, créée en 2021 à parité entre Safran et MTU Aero Engines. Cette structure fait partie des rares avancées concrètes d’un programme dont le bilan financier reste catastrophique.

Sauf que voilà, le contraste avec le volet avion est brutal. Le chasseur du SCAF oppose Dassault Aviation et Airbus depuis plus de deux ans sur la maîtrise d’œuvre. Le 22 avril 2026, Éric Trappier, président de Dassault Aviation, a acté la fin des négociations. La tension est montée jusqu’à pousser le syndicat allemand IG Metall à réclamer l’abandon du projet.

Même en cas de rupture franco-allemande, des technologies resteraient

Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, a reconnu une difficulté sur le chasseur, mais a précisé que les autres piliers progressent. Pour Airbus, le programme a été conçu en temps de paix et la méthode de travail commune bloque la maîtrise d’œuvre du NGF.

Et pour cause, le moteur, le cloud de combat et les drones avancent normalement parce que ces volets ne posent pas la question de qui conçoit le chasseur. On retrouve ce constat dans les trois scénarios qui se dessinent pour l’avenir du SCAF. Le général Bellanger a estimé que le cloud de combat est « le plus gros acquis du SCAF », plus que l’avion lui-même.

Une rupture franco-allemande sur le chasseur garderait donc ces briques technologiques. En clair, la France les réinjecterait dans son propre programme et l’Allemagne dans une coopération avec le Royaume-Uni. Le temps perdu pèse lourd quand les États-Unis injectent 9 milliards dans leurs propres avions de combat sans le moindre blocage.

Le moteur en développement promet des performances supérieures à celui du Rafale. La turbine atteindra des températures de l’ordre de 2 100 kelvins. Le réacteur fonctionnera sur un cycle variable, capable d’ajuster le rapport entre les flux d’air. Une tuyère orientable améliorera la maniabilité de l’appareil.

Le moteur produira de fortes poussées en vol supersonique et permettra de croiser à basse vitesse sur de longues durées. En gros, sa légèreté augmentera la capacité d’emport en armement et sa conception améliorera la furtivité. Ces technologies bénéficieront aussi au Rafale F5 et à son moteur M88 surpuissant prévu pour 2033.

Safran et MTU comptent renforcer leur partenariat

Mais ce n’est pas tout puisque Safran et MTU Aero Engines élargissent leur partenariat. « La coopération se passe tellement bien qu’on a décidé aussi de travailler ensemble sur la préparation technologique des moteurs de forte puissance sur les hélicoptères », a expliqué Olivier Andriès.

Le dirigeant a cité l’exemple d’un futur successeur de l’hélicoptère lourd NH90, dont Safran s’occupe du moteur. Résultat, les deux groupes se projettent au-delà du SCAF, indépendamment de l’issue du programme d’avion de combat.

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Reste une question sans réponse. Le moteur survivra-t-il à une rupture sur le chasseur ? La France prépare déjà l’après-SCAF sans l’annoncer. Paris discute avec New Delhi d’un partenariat sur un avion de sixième génération, un scénario qui ferait de l’Inde un remplaçant possible de l’Allemagne aux côtés de la France.

Les besoins militaires des deux pays se recoupent davantage, puisque l’Inde pourrait rejoindre le SCAF avec sa composante nucléaire aéroportée et ses porte-avions. Safran Aircraft Engines participe déjà au moteur de l’avion de combat indien AMCA. Pour rappel, la coopération sur le réacteur tient pour l’instant, mais son avenir dépendra des choix politiques que Paris et Berlin n’ont toujours pas tranchés.

Source : AFP via Boursorama

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