Après des mois de blocage, l’accord entre Paris et Abou Dhabi est signé. Les Émirats arabes unis retournent sur le projet de financement du chasseur après l’échec des premières négociations. Pour la France, il s’agit de faire financer ce programme coûteux, estimé à environ 5 milliards d’euros.

- Après des mois de blocage, la France et les Émirats arabes unis ont signé un accord autour du Rafale F5, dont le développement est estimé à 5 milliards d’euros.
- Le Rafale F5 doit recevoir un radar amélioré, une nouvelle guerre électronique, le moteur M88 T-REX et pourra opérer avec un drone de combat.
- Le partage financier exact n’est pas encore public, mais Abou Dhabi revient dans un programme que Paris préparait jusque-là à financer seul.
C’est en décembre 2021 que les Émirats arabes unis ont commandé 80 Rafale F4 pour 16 milliards d’euros, suite à quoi la France leur a proposé de financer 3,5 milliards d’euros du développement du standard F5. On parlait d’environ 70 % du coût prévu. En retour, Abou Dhabi a demandé l’accès aux technologies les plus sensibles, ce que Paris a refusé. Résultat, une rupture qui a laissé Paris seul face aux 5 milliards d’euros du Rafale F5.
Un accord autour du Rafale F5 trouvé entre la France et les Émirats arabes unis
Le 20 octobre 2026, Paris et Abou Dhabi ont signé un accord intergouvernemental sur le Rafale F5. Le texte englobe des paramètres techniques et financiers de coopération industrielle entre la France et les Émirats arabes unis.
Puis le lendemain, Emmanuel Macron, président de la République, a expliqué que la France et les Émirats arabes unis ont adopté “une stratégie commune sur la cinquième génération de Rafale”. Le dossier avance donc enfin après des mois de blocage.

C’est au printemps 2026 que la France a engagé des Rafale pour protéger les Émirats arabes unis face aux attaques iraniennes. Les chasseurs ont intercepté environ 100 drones et missiles, selon Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace.
Une coopération militaire qui a ensuite relancé les discussions entre Paris et Abou Dhabi à propos du Rafale F5. La relation opérationnelle entre les deux pays a donc rouvert un dossier que l’on pensait fermé. Le standard F5 coûte très cher, car la modernisation est énorme. Le mois dernier, la Direction générale de l’armement a attribué les premiers contrats industriels du Rafale F5 à Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran.
Le chasseur aura droit à un radar plus précis, une protection électronique modernisée et un moteur M88 T-REX avec 20 % de poussée en plus. Le Rafale F5 pourra également porter le futur missile nucléaire air-sol ASN4G et signera le retour de la capacité SEAD abandonnée dans les années 90.
Mais ce n’est pas tout, puisque en 2028, la France testera un Rafale avec un drone de combat pour préparer le standard F5. Le pilote pourra partager ses tâches avec le drone pour repérer une cible, brouiller un radar ou frapper.
On ne connaît pas encore le partage financier de l’accord

En attendant ce standard F5, la France a aussi renoncé à commander de nouveaux Rafale F4. Pour le gouvernement, moderniser des F4 vers le standard F5 coûterait plus cher et mobiliserait des avions. Mieux vaut une flotte qui mélange à la fois les standards F4 et F5.
Paris et Abou Dhabi continuent donc leur collaboration sur le secteur de l’armée. EDGE, entreprise émiratie, a ouvert EDGE Europe à Paris et a signé un accord de coopération avec la Direction générale de l’armement. Safran Electronics & Defense et EDGE préparent aussi une entreprise commune pour développer et produire des armes de précision en France et aux Émirats arabes unis.
Et ça ne s’arrête pas aux chasseurs puisque le nouveau cadre pose une meilleure coopération entre les deux armées, une industrie de défense plus solide et des projets autour de l’IA et de l’espace. L’objectif est de réduire la dépendance envers des pays extérieurs pour les équipements sensibles.
En revanche, le partage financier du nouvel accord n’a pas été dévoilé. Mais quoi qu’il en soit, Abou Dhabi est de retour au centre d’un programme dont Paris préparait encore le financement seul il y a quelques mois.
Emmanuel Macron veut aussi coopérer avec le Qatar

Le Qatar pourrait aussi entrer dans la suite du dossier, puisqu’hier Emmanuel Macron a parlé d’une “nouvelle génération de Rafale” pour renforcer les capacités aériennes qatariennes. En revanche, le standard exact n’a pas été nommé.
C’est en 2033 que la qualification du Rafale F5 est visée et à partir de 2035, Dassault Aviation a comme ambition de proposer ce standard à l’exportation.














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