La France négocie avec les Émirats arabes unis autour du Rafale F5, son futur avion de combat. Ces discussions arrivent après l’abandon par Berlin du chasseur franco-allemand. Catherine Vautrin, ministre des Armées, a confirmé ces pourparlers dans un entretien aux Échos.

- La France négocie avec les Émirats pour cofinancer le Rafale F5, futur standard de Dassault attendu au début des années 2030.
- Le dossier bloque surtout sur l’argent et les technologies sensibles, alors que le développement coûterait environ 5 milliards d’euros.
- Ces discussions arrivent après l’échec du SCAF avec l’Allemagne, qui pousse Paris à sécuriser seul ou avec d’autres partenaires son aviation de combat.
Le Rafale F5 sera produit par Dassault Aviation. Il s’agit d’une évolution du chasseur, attendue au début de la prochaine décennie et qui couvrira jusqu’en 2060. Les Émirats utilisent déjà le Rafale et pourraient apporter des fonds et des engagements d’achat, en échange de contrats pour leur industrie. Rappelons que la France et les Émirats ont des liens étroits en termes d’armement.
Paris relance les Émirats pour financier son futur Rafale F5

À la mi-juin 2026, le ministre émirati de la Défense, homologue de Catherine Vautrin, était de passage à Paris. Le pays serait un client majeur de ce standard, doté d’un nouveau radar et un moteur renforcé. Pourquoi se tourner vers Abou Dhabi ? La réponse tient surtout au budget.
Et pour cause, le développement du Rafale F5 coûte environ 5 milliards d’euros, une facture que la France assume seule depuis le retrait des Émirats. Paris fait face à de fortes contraintes financières et veut réduire son déficit, alors qu’un nouvel avion de prochaine génération attend lui aussi un financement.
Sauf que voilà, le dossier reste fragile. Le même blocage a déjà fait échouer une première tentative. En fin d’année 2025, les Émirats se sont retirés du cofinancement, faute d’accord sur les technologies les plus sensibles.
Un désaccord entre la France et Abou Dhabi
Abou Dhabi visait 3,5 milliards d’euros, soit 70 % de la facture. Paris défend ses technologies pour garder la main dessus, une ligne que l’on retrouve dans le contrat de 114 Rafale à l’Inde. Le contexte actuel pèse aussi. Les rapports de défense entre la France et le Golfe se sont resserrés depuis la guerre avec l’Iran. Paris a envoyé des Rafale pour renforcer les défenses aériennes locales.
On parle de pilotes français qui interceptent des drones Shahed iraniens au-dessus de l’espace émirati, comme l’ont montré les Rafale face aux drones iraniens.
Le Rafale F5 récupèrera une capacité perdue depuis 1997, avec le missile antiradar. Il lui manquera toutefois la furtivité, l’un des apports promis par le programme européen du SCAF qui est enterré. En clair, le Rafale F5 comble le vide industriel et opérationnel jusqu’à la génération suivante.
Mais ce n’est pas tout. Le rapprochement avec les Émirats suit de près l’arrêt du SCAF. Le 8 juin 2026, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont acté la fin de cet avion commun, évalué à environ 100 milliards d’euros. Le projet a buté sur des désaccords entre Dassault Aviation et la branche aéronautique d’Airbus. Même si plusieurs piliers survivent.
La France ne peut plus attendre pour produire son chasseur
L’aviation n’est pas le seul programme en difficulté. Le char du futur franco-allemand, mené par KNDS et Rheinmetall, accuse un retard considérable et son avenir paraît incertain. Catherine Vautrin résume la situation sans détour. Le char du futur a dix ans de retard, et la France ne peut plus attendre. Ces deux échecs fragilisent la coopération militaire entre Paris et Berlin.
La France n’est pas à l’arrêt pour autant. Catherine Vautrin assure que la vente d’environ 114 Rafale à l’Inde avance et pourrait aboutir avant la fin de l’année. Paris pourrait aussi financer aussi seul son futur chasseur, un programme à 100 milliards d’euros. D’ici 2030, les plans de dépenses militaires intégreront le financement du nouveau Rafale.
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