L’Europe se prépare à déployer ses “gardes du corps” dans l’espace pour protéger ses satellites. Le Royaume-Uni finance déjà de nouvelles capacités mobiles en orbite et c’est également le cas de l’Allemagne avec des dizaines de milliards d’euros dans la défense spatiale. Il y a également la société Astroscale qui propose une flotte de petits engins de surveillance en cas d’approche hostile.

- L’Europe prépare des satellites « gardes du corps » capables de surveiller et protéger ses équipements en orbite face aux approches hostiles.
- Astroscale estime qu’un seul engin pourrait protéger deux ou trois satellites alliés, avec une mise en service possible dans moins de trois ans.
- L’urgence augmente face aux manœuvres russes et chinoises, tandis que l’Allemagne et le Royaume-Uni investissent massivement dans la défense spatiale.
On le sait, l’espace est désormais un terrain de conflit, l’armée des États-Unis l’admet ouvertement. Pendant ce temps, la Russie et la Chine opèrent toujours plus autour des satellites occidentaux. Alex Godfrey, directeur de la défense chez Astroscale au Royaume-Uni, estime que l’un de ses premiers satellites de protection sera prêt au lancement dans moins de trois ans.
L’Occident veut des engins pour protéger ses satellites contre la Chine et la Russie
Il s’agira d’un engin près des satellites militaires ou de communication, essentiel pour détecter une approche suspecte et réagir. “Construire un satellite garde du corps est tout à fait à la portée dans le budget d’un pays comme le Royaume-Uni”, explique Alex Godfrey.
La technologie existe déjà, du moins en grande partie. En 2024, Astroscale a envoyé ADRAS-J autour d’un ancien étage d’une fusée japonaise pour l’inspecter. Elle a également testé la capture d’un objet en orbite. L’entreprise sait donc rejoindre un débris avec une grande précision. Astroscale a également des outils de suivi d’un satellite hostile. L’entreprise ne part donc pas de zéro. Et puis n’oublions pas que la protection demande bien moins de proximité qu’un amarrage.
Mais ce n’est pas tout, parce qu’Astroscale imagine une force commune en Europe au lieu d’un satellite de protection pour chaque engin d’un pays. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni pourraient partager plusieurs “gardes du corps” dans les zones où leurs satellites sont proches pour réduire la facture.
Une coalition entre les pays alliés pour assurer la protection
Un seul de ces “gardes du corps” pourrait surveiller deux ou trois équipements alliés dans une même zone. Selon Alex Godfrey, on parle de missions dont le coût serait proche de 1 % de la valeur d’une grande constellation militaire.
Et c’est d’autant plus urgent après l’affaire ICEYE-X36. Du 15 au 19 octobre 2026, le satellite militaire russe Cosmos 2612 s’est approché d’ICEYE-X36, conçu par une entreprise finlandaise qui exploite des satellites radar. Les données orbitales ont montré que les deux engins se trouvaient à environ 500 mètres de distance lors d’une rencontre.
Selon les spécialistes, c’est donc une manœuvre volontaire de la part de la Russie, d’autant plus qu’ICEYE propose des images radar à l’Ukraine où l’armée russe mène des attaques.
Pour rappel, la Russie surveille les satellites occidentaux depuis des années. En février dernier, des responsables européens ont expliqué que les satellites russes Luch-1 et Luch-2 ont intercepté les communications d’au moins une douzaine de satellites importants.
Depuis son lancement, Luch-2 a approché au moins dix-sept satellites européens. Il est donc possible que Moscou récupère des données sensibles pour mieux préparer du brouillage, des cyberattaques ou de fausses commandes.
Une Europe très en retard sur ses adversaires politiques
La situation est d’autant plus inquiétante que l’Europe a du retard face à la Russie et la Chine. Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, a annoncé 35 milliards d’euros pour les programmes spatiaux allemands sur cinq ans. Il prévient que la Russie et la Chine sont capables de brouiller, aveugler, manipuler, même détruire des satellites.
Au Royaume-Uni, Astroscale a décroché un contrat de 15 millions de livres pour LEDA, un programme militaire consacré aux menaces orbitales. Le Fonds européen de défense a aussi choisi l’entreprise française OSMOS X pour piloter une étude sur les réponses physiques face aux engins hostiles. À partir de 2030, le Royaume-Uni prévoit de renforcer ses capacités de contrôle spatial.















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