Andy Jassy, PDG d’Amazon, a annoncé dans sa lettre aux actionnaires que le service d’internet par satellite Leo sera lancé mi-2026. Amazon promet des débits deux fois supérieurs à ceux de Starlink pour un prix moins salé. Sauf que la constellation ne compte que 241 satellites contre plus de 10 000 pour SpaceX.

- Andy Jassy annonce un lancement d’Amazon Leo à la mi-2026 avec des débits annoncés supérieurs à Starlink pour un prix plus bas.
- Amazon ne compte que 241 satellites en orbite et a demandé 24 mois de délai à la FCC car l’entreprise sera loin de son objectif de déploiement pour juillet 2026.
- Malgré plus de 10 milliards de dollars investis, Amazon Leo reste très en retard face à Starlink, qui dépasse déjà les 10 000 satellites et couvre 150 pays.
Amazon Leo, anciennement Project Kuiper, a changé de nom en novembre 2025 pour marquer le passage d’un projet de recherche à un service commercial. Andy Jassy positionne Leo comme un investissement stratégique comparable au réseau logistique d’Amazon. Le service promet des vitesses de téléchargement de 1 Gbit/s, un débit en envoi six à huit fois supérieur à Starlink et un prix plus bas.
Amazon Leo promet d’être plus rapide et moins cher que Starlink
L’intégration avec Amazon Web Services permettra aux entreprises et aux gouvernements de stocker, analyser et traiter les données par IA directement depuis le satellite. Delta, JetBlue, AT&T, Vodafone et la NASA ont déjà signé des contrats.
Sauf que voilà, les chiffres racontent une autre histoire. Amazon a 241 satellites en orbite alors que SpaceX en a plus de 10 000. La FCC a autorisé 3 236 satellites pour la première phase de Leo et Amazon doit en déployer la moitié, soit 1 618, avant le 30 juillet 2026.
En janvier 2026, Amazon a demandé un délai de 24 mois à la FCC car l’entreprise n’aura que 700 satellites en orbite à cette date. Il faut dire qu’Amazon n’a pas ses propres fusées. SpaceX lance des Falcon 9 réutilisables plusieurs fois par semaine. Amazon dépend d’ULA, d’Arianespace, de Blue Origin et même de SpaceX pour envoyer ses satellites. La fusée New Glenn de Jeff Bezos n’est pas encore opérationnelle.
Le président de la FCC, Brendan Carr, a répondu sur X qu’Amazon ferait mieux de « se concentrer sur le fait qu’il manquera environ 1 000 satellites » au lieu de s’opposer aux projets de SpaceX.
Mais le projet patine encore chez Amazon
Le retard a des causes concrètes. Amazon a dû reconstruire ses satellites après un problème technique, ce qui a décalé toute la production. L’usine de Kirkland à Washington est conçue pour produire cinq satellites par jour mais n’a pas encore atteint cette cadence.
Le cinquième lancement avec ULA a été reporté à la fin du mois de mars 2026 à cause de la météo et du calendrier d’Artemis II. Amazon a contracté 102 lancements avec cinq fusées différentes pour répartir les risques. Mais cette diversité complique la logistique.
En face, Starlink domine avec plus de 60 % de tous les satellites en orbite autour de la Terre. Le service couvre 150 pays et sert plus de 10 millions de clients. La Russie a lancé son propre concurrent avec le projet Rassvet mais ne compte que 16 satellites.
SpaceX a lancé Starlink Mobile au MWC 2026 pour connecter les smartphones directement aux satellites, sans aucun équipement. On parle de 32 pays avec 35 opérateurs partenaires et 1,7 milliard de personnes concernées. Amazon Leo n’a rien de comparable à proposer pour le moment.
Starlink garde une avance considération sur Amazon Leo

Bref, Amazon Leo se présente comme plus rapide et moins cher que Starlink avec une intégration native à AWS. Mais le service n’existe pas encore et l’écart avec Starlink est gigantesque. Amazon a investi plus de 10 milliards de dollars dans le projet et prévoit 1 milliard de plus en 2026 pour accélérer la production.
La FCC a aussi approuvé en février 2026 une deuxième phase de 4 500 satellites en plus, ce qui porterait la constellation à près de 7 740 engins. Sur le papier, l’ambition est colossale. Dans les faits, la première phase n’est même pas à 15 % du déploiement prévu.
Beaucoup de pays, d’entreprises et de particuliers attendent une alternative à la solution d’Elon Musk. Amazon pourrait remplir ce rôle. Sauf qu’il faudra des années pour construire une constellation de plusieurs milliers de satellites.
Source : Amazon
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