Un satellite Starlink explose en orbite et créé un champ de débris à 560 km d’altitude

Le 29 mars 2026, SpaceX a perdu le contact avec un satellite Starlink. Il s’agit du satellite Starlink-34343 en orbite à environ 560 km au-dessus de la Terre. SpaceX a confirmé l’incident sur X et parle d’une « anomalie en orbite ». Sauf que voilà, la société de surveillance orbitale LeoLabs a détecté des dizaines de fragments autour du satellite. En gros, le satellite a explosé.

Sommaire
satellite explosion
© Image IA d’illustration générée avec Gemini / BuzzArena
  • SpaceX a perdu le 29 mars 2026 le contact avec le satellite Starlink-34343 en orbite à environ 560 km au-dessus de la Terre.
  • LeoLabs a détecté des dizaines de fragments autour du satellite et évoque une explosion liée à une source énergétique interne.
  • Il s’agit de la deuxième anomalie similaire touchant un satellite Starlink en trois mois.

C’est la deuxième anomalie de ce type en trois mois. En décembre 2025, un autre satellite Starlink a subi une défaillance similaire. Ce satellite avait perdu 4 km d’altitude d’un coup et créé un champ de débris. En janvier 2026, il est retombé sur Terre. SpaceX n’a jamais communiqué la cause de cet incident. Et cette fois-ci, rebelote.

LeoLabs a analysé les données radar depuis sa station aux Açores, au Portugal. La société estime que l’explosion a été causée par une « source énergétique interne ». Il n’y a pas eu de collision avec un autre objet ou des débris spatiaux. On parle probablement d’un problème de réservoir de propergol ou de batterie.

« Des fragments supplémentaires ont pu être produits, l’analyse est en cours » a écrit LeoLabs sur X. Comme le satellite était à basse altitude, les débris retomberont dans l’atmosphère dans quelques semaines.

SpaceX a minimisé les risques. « Les dernières analyses montrent que l’événement ne représente aucun nouveau risque pour la Station spatiale internationale, son équipage ou le lancement de la mission Artemis II de la NASA » a écrit l’entreprise sur X. SpaceX assure coordonner la surveillance des débris avec la NASA et l’US Space Force.

La mission Transporter-16 qui est un vol partagé a décollé le lendemain sans problème. SpaceX précise que cette mission « est conçue pour éviter Starlink avec des déploiements bien au-dessus ou bien en dessous de la constellation ».

Il faut dire que l’enchaînement de deux problèmes en trois mois pose des questions. SpaceX exploite plus de 10 000 satellites Starlink en orbite basse. C’est plus de 60 % de l’ensemble des satellites autour de la planète. Chaque satellite est conçu pour fonctionner entre cinq et sept ans. Tous les jours, un ou deux Starlink retombent sur Terre et se désintègrent dans l’atmosphère. C’est normal et prévu. Mais ces deux explosions n’ont rien à voir avec la fin de vie programmée des satellites.

Trop de satellites en orbite basse et un risque de collision en chaîne

Résultat, on ne sait toujours pas ce qui provoque ces anomalies. SpaceX n’a pas expliqué la cause de l’incident de décembre et ne donne aucune explication pour celui-ci. « Les équipes de SpaceX et Starlink travaillent activement à déterminer la cause et mettront rapidement en œuvre les mesures correctives » a déclaré l’entreprise. Après l’incident de décembre, SpaceX a marqué une pause de deux semaines avant de relancer les lancements Starlink. Cette fois, aucune pause.

Mais ce n’est pas tout. Ces incidents rappellent un problème plus large. La multiplication des satellites en orbite basse crée un risque de collision en chaîne, ce qu’on appelle le syndrome de Kessler. Plus on met de satellites en orbite, plus le risque de collision augmente. Et chaque collision crée des débris qui menacent d’autres satellites. La bonne nouvelle, c’est que les Starlink évoluent à moins de 600 km d’altitude. À cette hauteur, la traînée atmosphérique ramène les débris sur Terre assez vite. Le risque d’un syndrome de Kessler durable est faible à cette altitude. C’est au-dessus de 700 km que le danger est sérieux.

Un véritable problème pour les astrophysiciens

Pour rappel, la constellation Starlink est le réseau satellite le plus résilient au monde. En 2025, le réseau a prouvé qu’il résistait  à des cyclones, des ouragans et des conflits armés. Mais la résilience du réseau ne protège pas contre les défaillances internes de ses propres satellites. La Chine a aussi montré que1 000 drones suffiraient à brouiller toute la constellation. En décembre 2025, neuf satellites chinois étaient passés à 200 mètres d’un Starlink. SpaceX avait abaissé 4 400 satellites pour éviter la collision.

L’astrophysicien Jonathan McDowell, ancien du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian, a confié au Scientific American que les risques ne sont « pas nuls ». « Ils sont faibles parce que tous les débris retomberont rapidement » a-t-il nuancé. LeoLabs résume la situation en une phrase. « Ces événements illustrent la nécessité d’une caractérisation rapide des anomalies pour clarifier l’environnement opérationnel. »

Réagissez à cet article !