L’Ukraine prépare son propre réseau de satellites en orbite basse, une alternative souveraine à Starlink. Le projet ambitionne de démarrer en 2027, avec des lancements confiés à SpaceX. Un premier satellite de test partira en octobre 2026.

- L’Ukraine prépare un réseau souverain de 360 satellites en orbite basse, avec un premier test prévu en octobre 2026.
- Le projet Stetman doit démarrer en 2027 avec SpaceX aux lancements et GomSpace à la fabrication des satellites.
- L’objectif est de réduire la dépendance à Starlink et de sécuriser les communications de l’armée face au brouillage russe.
Ce projet est porté par Stetman, une entreprise ukrainienne fondée en 2023. Il s’agit d’un fournisseur d’équipements de communication pour l’armée, la police et les services d’urgence du pays. Son catalogue compte une trentaine de solutions, dont des terminaux Starlink classiques et une version Starmod durcie pour le combat, protégée contre la guerre électronique.
L’Ukraine se tourne vers SpaceX pour lancer ses propres satellites
Le réseau prévu tournera à 550 kilomètres d’altitude, la même orbite que celle des satellites de Starlink. On parle d’un réseau complet de 360 satellites, fabriqués par la société danoise GomSpace. Le déploiement démarrera en 2027 et prendra trois ans, avec une première tranche de satellites lancée dès le début.
Pour couvrir le territoire ukrainien, environ 150 satellites suffiraient, selon Andrii Kolesnyk, ancien conseiller du patron de l’agence spatiale ukrainienne. Les autres satellites viseraient d’autres pays alliés. Le réseau est pensé pour résister au brouillage électronique, un point clé en zone de guerre.
Stetman a choisi SpaceX pour les lancements. Il faut dire que la société d’Elon Musk affiche les prix les plus bas et la meilleure fiabilité du marché en termes de lancement. Soit deux critères a pour Stetman. « SpaceX est la meilleure option, la moins chère et la plus fiable », a déclaré Dmytro Stetsenko, le fondateur de Stetman, avant sa mort. Une fusée Falcon 9 emporte plusieurs dizaines de satellites d’un coup, pour un coût de 60 à 70 millions de dollars par tir.
La fabrication et le lancement d’un satellite reviennent entre 2 et 3 millions de dollars. Résultat, le projet dépasse le milliard d’euros au total. Ce budget couvre les satellites, le développement logiciel, les lancements, les commissions et les salaires. Sauf que voilà, l’entreprise n’a pas cette somme d’un coup, le financement avancera en plusieurs étapes.
L’Ukraine cherche aussi à produire ses satellites
Le projet a perdu son fondateur en cours de route. Dmytro Stetsenko est décédé, et Kateryna Diachenko a pris la direction de Stetman. Ce changement de direction n’a pas arrêté la machine. La nouvelle patronne a rencontré GomSpace pour confirmer la suite de la fabrication commune.
Stetman ne compte pas s’arrêter aux lancements par SpaceX car l’entreprise veut produire ses satellites sur le sol ukrainien. Une usine commune avec GomSpace ouvrira l’an prochain, si les fonds arrivent à temps. Cette usine demanderait plusieurs centaines de millions d’euros, dont l’origine n’a pas été dévoilée.
Aucun accord formel ne couvre la livraison des satellites au-delà du premier test. Ce réseau souverain répond à la crainte d’une dépendance à un opérateur privé étranger. Il vise les besoins de l’État et de l’armée, pas forcément le grand public.
Une indépendance qui profitera aussi à l’Europe
En clair, l’Ukraine cherche son indépendance dans les communications. Le pays s’appuie sur Starlink depuis l’invasion russe pour coordonner son artillerie et piloter ses drones. C’est un réseau que la Russie a tenté plusieurs fois de brouiller. Un réseau national mettrait Kiev à l’abri d’une coupure décidée de l’étranger. Le pays vise la remise de 30 000 à 50 000 terminaux à son armée d’ici 2027.
Bref, ce projet Stetman veut offrir à l’Ukraine un outil hors de sa maîtrise actuelle. Ce projet passe d’abord par un satellite de test en octobre 2026, qui dira si la technologie fonctionne. Le vrai départ du réseau se jouera en 2027.
Source : The Defender
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