Le futur drone de combat qui accompagnera le Rafale F5 en mission pourrait ne pas être français. La France est désormais à la recherche d’industriels étrangers pour préparer les drones qui voleront avec le futur standard du chasseur. Et possiblement des drones américains.

- La France cherche des industriels étrangers pour préparer les drones de combat qui accompagneront le Rafale F5, avec une priorité donnée aux partenaires européens.
- Ces drones collaboratifs devront repérer des menaces, transporter des capteurs ou frapper tout en limitant les risques pour les pilotes.
- Paris veut surtout garder le contrôle sur les logiciels, les armes et les données échangées avec le Rafale, même avec un partenaire étranger.
Et pour le moment, pas de choix final et Paris privilégie forcément les partenaires européens. Mais cela ne ferme toutefois pas la porte à une conception d’un pays qui n’en est pas membre comme les États-Unis. Le plan de base misait sur un drone furtif développé autour des acquis du nEUROn, démonstrateur européen dont Dassault Aviation a dirigé le développement.
Paris ne ferme pas la porte à un drone étranger pour accompagner le Rafale
Mais suite à la fin du projet franco-allemand du SCAF, Dassault prépare désormais tout seul le standard F5 et le drone suivait jusque-là la même logique souveraine. C’est en 2024 que Paris a annoncé un drone furtif capable d’ouvrir la voie au Rafale dans les zones très défendues. Sauf que voilà, la stratégie française est élargie.
En juin 2026, la Direction générale de l’armement a demandé aux industriels de proposer des drones de combat collaboratifs. Il s’agit d’appareils moins complexes mais surtout peu coûteux par rapport à un gros drone furtif. Il s’agit de drones capables de repérer une cible ou un radar, transporter des capteurs ou frapper sans exposer le pilote.

Et ce mois-ci, on apprend que des partenaires en dehors de France seraient étudiés avec une priorité européenne. C’est en 2028 qu’un Rafale volera avec un drone de combat pour préparer le standard F5. Pour le moment, le drone pour l’escorte n’a pas encore été sélectionné et ce ne sera pas forcément celui utilisé lors des opérations.
La France cherche d’abord à apprendre comment un équipage transmet des ordres à un drone puis collecte ces informations et partage les tâches en mission. Le cahier des charges nous donne une idée des besoins de la France. On parle de plus de 1 000 kilomètres de rayon d’action, d’une vitesse supérieure à Mach 0,8 et de 500 kilos de charge utile au maximum.
Le choix pourrait se porter sur le XQ-58 Valkyrie des États-Unis
C’est cet été que Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran ont reçu les premiers contrats du Rafale F5. Une nouvelle liaison de données permettra notamment aux chasseurs d’échanger rapidement avec d’autres appareils.
Le drone a donc comme but d’être plus qu’une simple escorte. La France cherche à retrouver la capacité à neutraliser les défenses antiaériennes ennemies. Le Rafale pourra repérer une menace, partager sa position puis laisser un drone prendre davantage de risques. Une solution qui accompagne le retour de la capacité française de destruction des radars ennemis.

En Europe aussi, les choses bougent, comme en Allemagne où Helsing prépare son CA-1 Europa, un drone autonome de trois à cinq tonnes. Pour le reste des projets, Boeing développe le MQ-28 Ghost Bat avec l’Australie et Kratos travaille sur le XQ-58 Valkyrie aux États-Unis. Un drone que la France pourrait choisir.
Rien n’indique toutefois que Paris choisira l’un de ces drones. La France cherche d’abord à comparer des plateformes avancées sans développer chaque solution depuis zéro. Le but pour Paris, c’est surtout de garder la main sur le logiciel, les armes et les données échangées avec le Rafale.
Mais Paris veut garder les parties sensibles sous son contrôle
Une logique qui compte aussi dans la stratégie commune signée entre la France et les Émirats arabes unis autour du Rafale F5 puisque les technologies les plus sensibles resteront sous le contrôle français. Pour rappel, tous les Rafale français ne passeront pas au nouveau standard. La France prévoit une flotte mixte puisque 137 Rafale F4 voleront encore à l’arrivée du standard F5. Le drone collaboratif sera donc testé avec les avions actuels avant le lancement du Rafale F5.

Pour les calendriers, c’est très serré. En 2027, Helsing vise un premier vol du CA-1 Europa puis une mise en service en 2029. Le MQ-28 Ghost Bat de Boeing a déjà dépassé 150 vols d’essai, pour une possible entrée en service en Australie en 2028.
Ce mois-ci, Airbus a aussi fait voler sa version du XQ-58 Valkyrie de l’entreprise étasunienne Kratos sur le sol européen. Un premier indice d’une possible candidature retenue pour accompagner le Rafale français ?












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