Ce pays veut rejoindre l’Europe mais s’arme en Chine, au détriment du Rafale français

La Serbie tourne le dos à l’Europe. L’État-membre se rapproche de la Chine pour s’armer. Le 25 mai 2026, Xi Jinping a reçu Aleksandar Vučić à Pékin pour conclure un partenariat. Belgrade achète des missiles et des systèmes de défense à la Chine, alors que le pays attend aussi douze Rafale commandés à la France. Ce double jeu militaire complique sa candidature à l’Union européenne.

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Serbie Chine Rafale avion
© Dassault Aviation
  • La Serbie renforce son partenariat militaire avec la Chine, déjà devenue son premier fournisseur d’armes depuis 2021.
  • Belgrade accumule missiles chinois, défense aérienne FK-3 et drones de combat, tout en attendant douze Rafale commandés à la France.
  • Ce double jeu entre Pékin, Paris et Bruxelles complique encore sa candidature à l’Union européenne.

Le 25 mai 2026, Aleksandar Vučić a effectué sa première visite d’État officielle en Chine, reçu au Grand Palais du Peuple à Pékin. Les deux pays ont signé des accords sur le commerce, la technologie et l’éducation. La Chine est déjà le premier investisseur étranger en Serbie.

La Serbie se tourne vers la Chine pour renforcer son armée

En octobre 2025, Pékin a inauguré une ligne à grande vitesse en Serbie. La Chine participe aussi à la construction du métro de Belgrade et de plusieurs ponts. Pour rappel, ce partenariat a été scellé en 2024 par un accord de libre-échange entre les deux pays.

Mais ce partenariat se renforce surtout sur le terrain de la défense. Depuis 2021, la Chine est le premier fournisseur d’armes de la Serbie, avec près de 57 % des importations selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. La Russie suit avec environ 20 % et la France avec 7,4 %. Il faut dire que l’armement chinois arrive vite et sans condition politique. Là où les fournisseurs occidentaux imposent des contreparties.

En mars 2026, Aleksandar Vučić a reconnu que son armée a des missiles de croisière supersoniques chinois. Des engins qu’il a présentés comme très coûteux mais redoutablement efficaces. Il s’agit du CM-400AKG, un missile air-sol produit par la China Aerospace Science and Industry Corporation. L’engin est capable d’atteindre 400 kilomètres de portée à plus de Mach 4.

Mais la Serbie s’est aussi armée auprès de Dassault

La Serbie a adapté ses MiG-29 d’origine soviétique pour emporter cette arme. Le pays est le premier en Europe à l’utiliser, alors que ce missile a été employé pour la première fois au combat lors du conflit entre l’Inde et le Pakistan en 2025.

Mais ce n’est pas tout puisque la Serbie est aussi le seul pays européen doté d’un système de défense aérienne chinois, le FK-3. Cette version exporté du HQ-22 se rapproche du S-300 russe ou au Patriot étatsunien.

Belgrade a complété son arsenal avec des drones de combat CH-92A. Une accumulation qui inquiète ses voisins. Andrej Plenković, Premier ministre croate, a prévenu qu’il alerterait ses partenaires de l’Alliance atlantique sur cet armement, qu’il juge déstabilisateur pour les Balkans.

Sauf que voilà, Belgrade ne mise pas tout sur Pékin. En août 2024, la Serbie a signé un contrat de 2,7 milliards d’euros pour douze Rafale, neuf monoplaces et trois biplaces. Le pays est le troisième client européen de l’avion de Dassault Aviation, après la Grèce et la Croatie. À l’horizon 2029, les premières livraisons sont attendues, un calendrier suspendu à la cadence de production du Rafale, encore sous tension chez l’avionneur.

L’Europe morcelle sa défense, une stratégie coûteuse

Le succès serbe n’a rien d’isolé. Dassault Aviation enchaîne les contrats à l’exportation, de l’Inde à l’Égypte, et prospecte déjà un client asiatique pour le Rafale, le Vietnam. Cette demande mondiale place l’avion français en rival direct de l’armement russe et chinois, même dans des pays longtemps fidèles à Moscou. Rappelons que la Chine tente depuis un moment de déstabiliser le Rafale avec de la désinformation.

La défense européenne est donc morcelée. Pendant que la Serbie achète chinois, le grand projet d’avion du futur SCAF reste au point mort, comme le montre l’échec de la coopération franco-allemande. Faute de programme commun crédible, chaque pays négocie seul, ce qui ouvre la porte aux offres venues de Pékin.

La France garde malgré tout de vrais atouts dans l’armement. Au-delà des avions de combat, son industrie séduit avec le canon CAESAR à l’export, écoulé à plus de 800 exemplaires. En 2012, la Serbie a obtenu le statut de candidate à l’Union européenne.

Mais son virage vers la Chine éloigne encore la perspective d’une adhésion. Aleksandar Vučić, lui, assume ce grand écart et accuse Bruxelles de vouloir dicter sa diplomatie.

Source : fmprc.gov.cn

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