Pendant que la France enterre le SCAF, son plus grand concurrent franchit une étape importante

La Canada endosse le rôle d’observateur pour le GCAP. Le 21 juillet 2026, les ministres de la Défense du Royaume-Uni, de l’Italie, du Japon et du Canada ont officialisé ce statut à Londres. L’alliance du chasseur de sixième génération se renforce, pendant que le SCAF franco-allemand repose au cimetière des programmes militaires.

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GCAP Global Combat Air Programme
© Hunini / Unsplash / Montage BuzzArena
  • Le Canada devient observateur du GCAP, le programme de chasseur de 6e génération mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.
  • Ottawa obtient un accès privilégié au programme, sans engagement financier ni obligation d’achat à ce stade.
  • Le GCAP accélère avec contrats, gouvernance stable et objectif 2035, pendant que le SCAF franco-allemand est enterré.

C’est au premier jour de Wes Streeting comme ministre britannique de la Défense que l’annonce a eu lieu, aux casernes Wellington de Londres. Le ministre était avec Shinjiro Koizumi, Guido Crosetto et David McGuinty, ses homologues du Japon, de l’Italie et du Canada.

Le Canada est désormais premier observateur du GCAP

La réunion s’est tenue au lendemain de l’arrivée du travailliste Andy Burnham au poste de Premier ministre du Royaume-Uni. « Le premier devoir d’un gouvernement est d’assurer la sécurité du pays. C’est pour cela que je pousse ce programme dès mon premier jour en poste », a déclaré Wes Streeting.

Quant à Andy Burnham, le Premier ministre a salué « l’un des partenariats de défense et industriels les plus ambitieux au monde ». On parle de 4 500 emplois soutenus au Royaume-Uni et de plus de 600 organisations dans la chaîne d’approvisionnement.

Mais que donne ce nouveau statut ? Le Canada a un accès privilégié au programme, sans droit de décision ou engagement financier. Le communiqué commun des quatre pays évoque « une visibilité renforcée sur la gouvernance, les capacités et le cadre industriel du programme ».

En gros, Ottawa observe tout de l’intérieur sans sortir le portefeuille. « Cela ne contraint pas le Canada à un achat ou à une participation plus poussée », précise David McGuinty, ministre canadien de la Défense. La porte vers une adhésion pleine s’ouvre, avec des discussions prévues sur une future contribution.

Le Canada ne se rapproche pas du GCAP par hasard. Il faut dire que le Canada cherche à s’éloigner du matériel militaire étasunien depuis des mois. En mars 2025, Mark Carney, Premier ministre du Canada, a suspendu la commande de F-35 en pleine brouille avec Washington. Ottawa étudie des Gripen du suédois Saab en complément de sa flotte. David McGuinty jure que cette arrivée n’a aucun rapport avec les négociations commerciales entre son pays et les États-Unis.

Un contexte tendu entre le Canada et le gouvernement Trump

Sauf que voilà, le contexte raconte autre chose. La veille de l’annonce, Donald Trump a imposé 50 % de droits de douane sur une large gamme de produits canadiens. Et depuis son élection et l’envie quelque peu anti-démocratique de faire que le Canada soit la 51e étoile sur le drapeau des États-Unis, les voisins ne s’entendent plus.

À l’horizon 2035, le GCAP vise la mise en service de son avion. L’avion remplacera l’Eurofighter Typhoon au Royaume-Uni et en Italie, puis le Mitsubishi F-2 au Japon. La coentreprise appelée Edgewing regroupe le britannique BAE Systems, l’italien Leonardo et le japonais JAIEC.

Début juillet, le programme a décroché un contrat de 5,4 milliards d’euros pour les prochaines étapes de développement. Londres promet en plus 8,6 milliards de livres sur quatre ans. Du 20 au 24 juillet, le salon de Farnborough expose une nouvelle maquette de l’avion au sud de l’Angleterre.

Le contexte géopolitique a dominé cette réunion. Les ministres ont pointé les manœuvres navales de la Russie et de la Chine autour du Japon. La marine chinoise a mené des tirs à munitions vraies dans la zone économique exclusive japonaise. « La sécurité de l’Indopacifique et de l’euro-atlantique est indissociable », a lancé Shinjiro Koizumi. Le ministre japonais juge la participation canadienne « monumentale » pour la coopération entre les quatre nations.

Pendant ce temps, la SCAF enterre l’avion de combat du SCAF

Ce dynamisme contraste avec la situation française. Le 8 juin 2026, l’Allemagne a acté l’abandon du SCAF à 100 milliards d’euros. Le SCAF s’achève sans un seul avion produit, après des années de querelles industrielles entre la France et l’Allemagne. Résultat, la France avance seule avec le Rafale F5 en solution de transition et 1,8 milliard d’euros engloutis. Dans l’Hexagone, trois scénarios se dessinent pour l’après-SCAF.

La file d’attente s’allonge devant le programme. Et pour cause, le programme affiche des contrats signés et une gouvernance stable, tout ce qui a manqué au SCAF. Lorenzo Mariani, directeur général de Leonardo, a ouvert la porte à une entrée de l’Allemagne.

GCAP Global Combat Air Programme
© Jack Eckersley

En février, Friedrich Merz, chancelier allemand, a sondé Giorgia Meloni sur cette participation. L’Arabie saoudite a manifesté son intérêt de longue date. « C’est un programme qui fonctionne, je ne suis pas surpris de l’intérêt d’autres pays », commente Tufan Erginbilgic, directeur général de Rolls-Royce, depuis Farnborough.

Pendant que l’industrie allemande règle ses comptes après la mort du SCAF, le trio du GCAP aligne les soutiens. L’échéance de 2035 se rapproche à chaque salon aéronautique et la prochaine étape sera la transformation du Canada en partenaire à part entière du GCAP.

Source : Gov.uk

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