Le Rafale n’est pas la seule réussite française, le canon CAESAR s’est écoulé à 800 exemplaires

Le canon CAESAR continue de battre des records sur le marché mondial de l’artillerie. Le système d’arme développé par KNDS France compte aujourd’hui plus de 800 exemplaires commandés à travers le monde. Dont 470 déjà livrés à la fin de l’année 2025 selon les chiffres communiqués par l’industriel.

Sommaire
CAESAR canon
© Mil.gov.ua
  • Le canon CAESAR de KNDS France dépasse les 800 exemplaires commandés dans le monde, dont 470 déjà livrés fin 2025.
  • Avec un prix unitaire estimé entre 3 et 4 millions d’euros, le programme représente déjà environ 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
  • Le CAESAR s’impose notamment grâce à sa mobilité, capable de tirer puis quitter sa position en quelques dizaines de secondes.

Le prix unitaire se situe entre 3 et 4 millions d’euros, ce qui représente un chiffre d’affaires estimé à 2,8 milliards d’euros. En 2026, la barre des 3 milliards d’euros sera franchie grâce à la guerre en Ukraine et à la hausse des budgets militaires européens.

CAESAR, le canon français qui a révolutionné l’artillerie moderne

Le CAESAR (Camion Équipé d’un Système d’Artillerie) a été conçu dans les années 1990 chez GIAT Industries. L’entreprise s’est renommée Nexter avant d’intégrer le groupe européen KNDS France. Il s’agit du fruit d’un pari industriel audacieux à l’époque.

Les ingénieurs français ont monté une pièce de 155 mm long de 52 calibres sur un châssis de camion au de miser sur les obusiers chenillés massifs et lourds. En 2000, la France a commandé cinq exemplaires de présérie pour valider le concept. La montée en puissance s’est faite quelques années plus tard. Une stratégie qui n’avait rien d’évident face aux blindés lourds dominants. Pourtant, le CAESAR a fini par s’imposer comme une référence.

CAESAR canon
© BuzzArena

Et pour cause, la mobilité est sa plus grande force sur le terrain. Le canon CAESAR peut tirer puis quitter sa position en quelques dizaines de secondes. Il s’agit d’une qualité face aux contre-batteries modernes et aux drones sur les champs de bataille.

La version Mk II actuelle mesure 10 mètres de long pour 2,55 mètres de large, avec une masse inférieure à 26,7 tonnes. Le canon de 155 mm/52 calibres tire jusqu’à six coups par minute. L’engin embarque 18 coups complets.

La portée atteint 40 kilomètres avec des obus ERFB, 55 kilomètres avec les projectiles assistés par roquette, 50 kilomètres avec Excalibur et jusqu’à 70 kilomètres avec Vulcano. La version 8×8 plus lourde mais plus endurante peut emporter jusqu’à 36 munitions avec un chargement semi-automatique.

Un canon français redouté par l’armée russe

Mais alors quels sont les pays qui utilisent les CAESAR ? La France reste le premier client avec plus de 186 exemplaires en service ou commandés. L’Arabie saoudite figure ensuite avec 156 unités, dont les livraisons se sont étalées sur plus d’une décennie. La République tchèque, l’Ukraine, l’Indonésie et la Lituanie en ont respectivement 62, 78, 55 et 48.

CAESAR canon
© Teddy Wade, U.S. Army

Le Maroc en a commandé 36 et le Danemark en a 19 dans sa version 8×8, dont une partie a été redirigée vers l’Ukraine. La Croatie, l’Estonie et la Belgique sont aussi clients. Sauf que voilà, l’industrie de défense française ne se limite pas à l’artillerie. Dassault Aviation a livré 26 Rafale en 2025 et vise cinq par mois en 2030, preuve que tout le secteur tourne à plein régime.

Le CAESAR a fait ses preuves sur trois théâtres d’opération. En 2009, le canon a réalisé son premier tir longue portée en Afghanistan avec des objectifs atteints à environ 29 kilomètres. En Irak, la Task Force Wagram a utilisé le système pour appuyer les forces irakiennes contre l’État islamique.

Mais c’est en Ukraine que le canon a vraiment fait la démonstration de sa valeur. Depuis 2023, les 19 CAESAR 8×8 livrés par le Danemark ont tiré plus de 40 000 obus selon KNDS. Dans un environnement saturé de drones et de surveillance permanente, la capacité à frapper puis décrocher rapidement est une assurance-vie pour les artilleurs. La France investit aussi dans des systèmes de frappe longue portée souverains comme le THUNDART de MBDA pour compléter ce dispositif.

Un canon qui se différencie par sa souplesse d’utilisation

Sauf que voilà, le succès du CAESAR cache une fragilité. Les exportations françaises restent dépendantes des autorisations de Washington à cause des composants ITAR. Washington a déjà bloqué la vente du Rafale à l’Égypte à cause de cette réglementation. 

CAESAR canon
© Spc. Zakia Gray

Pour rappel, près de mille demandes de licences sont adressées chaque année à Washington par les industriels français de la défense. Heureusement, le CAESAR utilise beaucoup moins de composants soumis à ces restrictions que les avions de combat.

En face, le K9 sud-coréen et le PzH 2000 allemand jouent une autre partition. On parle d’engins plus lourds, mieux blindés et conçus pour tenir des cadences de tir plus intenses. Mais ces canons coûtent aussi plus cher et restent moins mobiles.

Le CAESAR privilégie la souplesse, la projection rapide et le coût maîtrisé. La DGA a commandé 109 CAESAR Mk II dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030. Bref, le canon français reste au cœur de l’artillerie de demain. Pendant ce temps, le SCAF européen s’enfonce dans une crise majeure et le Rafale F5 a perdu son principal financeur émirati. Au moins, l’artillerie française tient la cadence sur tous les fronts.

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