L’usine de Mérignac ne s’arrête plus. En 2025, Dassault Aviation a livré 26 Rafale, l’objectif était de 25. En 2030, le champion français vise la production de 5 avions par mois. Mais les sous-traitants qui fournissent les pièces peinent à suivre.

- Dassault Aviation vise une production de 5 Rafale par mois en 2030, avec 28 livraisons prévues en 2026.
- La chaîne de sous-traitance peine à suivre la cadence, avec des difficultés d’approvisionnement déjà visibles en 2025.
- Le carnet de commandes atteint 46,6 milliards d’euros avec 220 Rafale en attente de livraison.
En fin d’année 2024 et en début d’année 2025, Dassault Aviation a ouvert deux nouveaux bâtiments sur le site de Mérignac. Eiffage a livré un hangar de 26 500 m² pour la chaîne d’assemblage. En avril 2025, les ateliers de production des voilures à Martignas sont entrés en service. Toujours en 2025, Dassault Aviation a embauché 1 579 personnes. Le groupe compte désormais 15 024 salariés.
Dassault Aviation livre toujours plus de rafales, les sous-traitants ne suivent pas
Pour 2026, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a confirmé 28 appareils livrés. Entre 2028 et 2029, la production passera à quatre Rafale par mois. En 2030, l’objectif est cinq. Bref, on ne souffle pas entre les murs des usines de Dassault Aviation.
Les commandes justifient cet investissement. Le carnet atteint 46,6 milliards d’euros avec 220 Rafale en attente. On parle de 175 appareils à l’exportation et 45 pour l’armée française. Le 8 avril 2026, le gouvernement a présenté l’actualisation de la loi de programmation militaire.

Cette révision prévoit 11,7 milliards d’euros pour le programme Rafale, dont plus de 4 milliards pour le standard F5. Le 12 février 2026, l’Inde a validé l’achat de 114 Rafale en plus pour 33,5 milliards d’euros dans le cadre du programme MRFA. Si ce contrat aboutit, l’Inde sera le premier opérateur étranger du Rafale dans le monde.
Sauf que voilà, les chiffres de production cachent une tension. En 2025, 37 Falcon ont été livrés sur les 40 prévus. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a choisi publiquement le Rafale en priorité. Ces trois avions en moins sont le résultat de problèmes d’approvisionnement chez certains fournisseurs. En gros, Dassault Aviation tient ses engagements sur le Rafale au détriment du Falcon.
Une relation déséquilibrée entre Dassault Aviation et ses fournisseurs
En juillet 2025, le ministère de l’Économie a publié une étude sur les sous-traitants aéronautiques. Elle montre que 48 % d’entre eux jugent leur relation contractuelle déséquilibrée. Les trois quarts n’arrivent pas à répercuter la hausse des matières premières sur leurs donneurs d’ordre.
Les PME et ETI de rang 2 et 3 n’ont pas toujours les moyens d’investir dans leur propre production. Ce sont elles qui fabriquent les pièces que Mérignac assemble. Quand elles décrochent, c’est toute la chaîne qui ralentit. La région Nouvelle-Aquitaine mobilise 25 millions d’euros par an pour soutenir la filière. Personne ne nous dit si c’est suffisant.
Le contexte géopolitique ne donne pas le droit à l’erreur. Paris se retrouve seul face à une facture de 5 milliards d’euros sur le Rafale F5. C’est la conséquence du retrait des Émirats du financement du programme, qui fait aussi glisser le calendrier. En fin d’année 2025, Abou Dhabi a mis fin aux négociations après un désaccord sur le partage des technologies en optronique.
https://www.youtube.com/watch?v=6I80iiBSRCQLe Rafale F5 embarquera un radar au nitrure de gallium, un drone de combat furtif et un moteur M88 renforcé. En 2033, les premières livraisons sont prévues. Il portera aussi le missile antiradar Stratus RS, une capacité absente depuis 1997. Bref, un futur fleuron de l’armée française.
Pendant ce temps, le SCAF européen est enterré
En parallèle, le SCAF européen s’effondre. Le 18 avril 2026, la médiation entre Dassault Aviation et Airbus a échoué. Un avion franco-allemand commun n’est plus envisageable. La France a déjà englouti 1,8 milliard d’euros d’argent public dans le programme sans qu’un seul appareil n’ait vu le jour.

Sur ce dossier, Dassault Aviation et Airbus ne trouvent plus de terrain d’entente sur la gouvernance. Pour rappel, les trois scénarios qui se dessinent pour l’avenir du SCAF coûteront tous plus cher que prévu à Paris.
Le Rafale reste donc la seule feuille de route claire. En 2025, les trois Falcon qui n’ont pas été livrés sur les 40 prévus sont un avertissement. La chaîne de sous-traitance grossit sous la pression, mais beaucoup de PME n’ont pas les ressources pour financer leur propre montée en cadence.
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