Taïwan veut des Rafales, mais la France n’ose pas défier la Chine

Taïwan veut des Rafale F4 pour remplacer ses vieux Mirage 2000-5. Sauf que problème, la France bloque le dossier pour ne pas froisser Pékin. Depuis l’automne 2025, l’île réclame entre 50 et 60 exemplaires de l’avion de Dassault Aviation. Le contrat se heurte au sommet de l’État, soucieux de ne pas se mettre la Chine à dos.

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© Dassault Aviation / Montage BuzzArena
  • Taïwan veut 50 à 60 Rafale F4 pour remplacer ses Mirage 2000-5, mais la France bloque le dossier pour ne pas provoquer Pékin.
  • Dassault Aviation est prêt, mais l’exportation dépend de l’État, qui invoque le communiqué franco-chinois de 1994 sur les ventes d’armes à Taïwan.
  • Le blocage tombe au pire moment pour Taïwan, alors que la menace chinoise augmente et que les ventes d’armes étasuniennes sont suspendues.

En septembre 2025, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a porté le sujet sur la place publique devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. « Vous savez très bien ce que veulent les Taïwanais, ils veulent du Rafale », a lancé Éric Trappier.

Entre Taïwan et la Chine, la France doit choisir son camp sur le Rafale

Le patron de l’avionneur a renvoyé la décision à l’exécutif et a rappelé que le feu vert à l’exportation dépend de l’État et pas de lui. Dassault Aviation, qui démarche aussi un autre prospect asiatique du Rafale, n’attend qu’un signal politique pour Taïwan.

La force aérienne taïwanaise vit sous la menace permanente de la Chine. Pékin considère l’île comme une province à reprendre. Et par la force s’il le faut. L’armée chinoise multiplie les incursions près de son espace aérien souverain.

Pour tenir face à l’envahisseur, Taïwan veut un chasseur moderne, capable de voir loin et de frapper à distance. Il faut dire que ses Mirage 2000-5 vieillissent et coûtent de plus en plus cher à entretenir. L’île lorgne même vers le futur Rafale F5 et son drone, au-delà du seul standard F4.

Sauf que voilà, le blocage vient du sommet de l’État. Emmanuel Macron, président de la République et fervent défenseur du Rafale à l’exportation, freine pourtant ce dossier. Pourquoi ? Ne pas heurter Pékin. En 1994, la France a signé un communiqué avec la Chine pour à vendre des armes à Taïwan, juste après la livraison des Mirage 2000-5.

Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, l’a redit sans détour. « La France respecte ses engagements en matière d’armement au titre du communiqué franco-chinois de 1994″, a déclaré Pascal Confavreux.

Une menace de la Chine qui pèse sur Taïwan

L’urgence taïwanaise s’est encore accentuée à Washington. En mai 2026, après une visite de Donald Trump à Pékin, le Pentagone a suspendu ses ventes d’armes à Taïwan. Hung Cao, secrétaire à la Marine par intérim, a justifié cette pause par les besoins en munitions de l’opération Epic Fury contre l’Iran.

Un paquet d’armement de 14 milliards de dollars attend toujours le feu vert de la Maison-Blanche. Résultat, ce flottement pousse Taïwan vers l’Europe, alors que la France a elle-même connu les blocages de Washington sur le Rafale. Bref, la menace pèse sur Taïwan qui a besoin de s’armer.

Le Rafale n’a pourtant jamais eu autant de succès à l’exportation. En février 2026, l’Inde, déjà premier client étranger, a validé la commande de 114 Rafale indiens. L’avion sert aussi plusieurs autres forces aériennes. On parle de l’Égypte, du Qatar, de la Grèce, de la Croatie et des Émirats arabes unis.

En mai 2025, lors de l’opération Sindoor contre le Pakistan, l’armée indienne a engagé ses Rafale au combat. Un argument que Dassault Aviation met en avant pour vanter les atouts du chasseur. La Chine mène pour sa part une guerre d’image contre le chasseur français par de fausses informations.

Emmanuel Macron doit encore trancher ce dossier

Reste à savoir si Emmanuel Macron osera tenir tête à Pékin. En 1994, François Mitterrand a assumé la vente des Mirage 2000-5 malgré la colère chinoise. À moins d’un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron hésite entre le commerce avec la Chine et le soutien à une démocratie menacée.

Le dossier taïwanais arrive alors que Paris cherche des clients pour le financement du Rafale F5, assumé seul depuis le retrait des Émirats arabes unis. Une commande taïwanaise resterait dans l’Histoire, au prix d’une crise frontale avec Pékin.

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