Le SCAF européen a perdu son chasseur commun et la Chine choisit pile ce moment pour montrer le sien. Le 28 juin 2026, l’armée chinoise a dévoilé pour la première fois son avion de combat de sixième génération dans une vidéo officielle. L’apparition a duré à peine quelques secondes, mais elle fait déjà jaser.

L’image vient d’une vidéo de quatre minutes diffusée par l’armée chinoise pour les dix ans de son avion de transport Y-20. La caméra quitte le cockpit d’un ravitailleur et filme une silhouette sans queue qui vole à sa hauteur. Cette forme arrondie, surnommée feuille de ginkgo, correspond au fameux J-36.
La Chine présente son chasseur de 6e génération avant tout le monde
C’est même la première fois qu’un chasseur de sixième génération apparaît dans une communication officielle, quel que soit le pays. Au même moment, le SCAF européen a perdu le sien. Le 8 juin 2026, Paris et Berlin ont acté l’abandon du chasseur commun franco-allemand.
L’allure de l’engin sort de l’ordinaire. Il s’agit d’un grand avion sans queue, doté d’une configuration rare à trois moteurs et trois entrées d’air. Les deux premières se logent sous les ailes, la troisième derrière le cockpit.

Les photos récentes montrent un cockpit à deux sièges côte à côte et trois soutes internes pour des missiles à longue portée. Ses tuyères encaissées dans le dessus du fuselage pour réduire sa signature thermique, une astuce héritée du démonstrateur états-unien YF-23.
Le programme avance à une vitesse folle. Le 26 décembre 2024, l’appareil a effectué son premier vol près de Chengdu, escorté par un J-20S biplace. La date correspond avec l’anniversaire de Mao Zedong. En octobre 2025, un deuxième prototype a lancé ses essais, avec de nouvelles tuyères orientables et des entrées d’air revues. Fin 2025, un troisième exemplaire a rejoint les vols. Début 2026, un quatrième a suivi.
La Chine avance plus vite que tous les autres pays
Le projet dépasse déjà le simple démonstrateur, avec autant d’avions en vol en moins de deux ans. Face à cette cadence, la France paraît à la traîne. Sans nouveau chasseur avant des années, elle compte faire tenir le Rafale bien au-delà de sa durée prévue.
Sa mission exacte échappe encore à tous, entre chasseur lourd, intercepteur et bombardier régional. Les moteurs eux-mêmes posent question, entre le WS-10C et le WS-15 conçu pour le J-20. Faute de données officielles, le coût total est estimé entre 18 et 28 milliards d’euros, sans confirmation.

La Chine développe en parallèle un second chasseur de sixième génération, le J-50. Ce modèle plus petit est attribué à Shenyang et sans doute destiné à la marine. En face, les États-Unis avancent leur F-47 et leur modèle naval F/A-XX, attendus pour la prochaine décennie
Un grand avion à long rayon d’action colle à la géographie du Pacifique, où les distances sont immenses. À titre de repère, le J-20 actuel afficherait un rayon de combat de plus de 2 000 kilomètres. Le F-35 plafonne autour de 1 000 kilomètres.
L’Europe n’a toujours pas son chasseur après la mort du SCAF
La mise en scène n’a rien d’un hasard. Un premier vol à cette date symbolique, des photos qui circulent un an sans censure, puis ce passage à l’écran… Tout converge vers une stratégie. L’effet recherché est clair, imposer son calendrier dans la conversation mondiale et peser sur les choix de ses rivaux.
L’Europe paie son éclatement. Le 18 avril 2026, la médiation entre Dassault Aviation et Airbus a échoué sur le futur chasseur. La France étudie maintenant un développement en solitaire, soit un programme à 100 milliards d’euros qu’elle porterait seule. Elle a déjà englouti 1,8 milliard d’euros dans le SCAF sans qu’un seul appareil ait volé.
Le divorce franco-allemand n’a rien d’un accident. Et pour cause, la France veut un avion capable d’emporter l’arme nucléaire et de décoller d’un porte-avions, deux besoins que l’Allemagne n’a pas.
Berlin multiplie en parallèle les achats de F-35 états-uniens. Ces besoins militaires inconciliables ont eu raison du chasseur commun. En même temps, le Rafale F5 comblera le vide, avec un nouveau radar et un drone, mais sans la furtivité promise par le SCAF.
Mais la Chine n’arrive pas à vendre ses chasseurs

Le paradoxe est total. La Chine montre des prototypes de sixième génération. Sauf que voilà, elle ne vend aucun chasseur de pointe à l’export. Ses J-10 et J-35 ne trouvent pas preneur, et Pékin mène surtout une campagne de désinformation contre le Rafale.
L’avion de Dassault Aviation accumule au contraire les contrats, de l’Inde à l’Indonésie. La Chine pèse même sur ce succès, puisque Paris bloque la vente à Taïwan pour ne pas froisser Pékin. La Chine impose son calendrier et l’Europe accuse le retard.
Source : Bloomberg
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