Le SCAF « n’est pas mort » pour Macron, mais la médiation entre Dassault et Airbus reste sans issue

Le 24 avril 2026, Emmanuel Macron, président de la République, a déclaré que le SCAF n’est « pas du tout mort ». La déclaration a eu lieuen marge d’un sommet européen informel à Chypre lors d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Une journaliste lui demandait si le programme était « mort ». « Non, pas du tout », a-t-il répondu.

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Emmanuel Macron SCAF
© Foundations World Economic Forum / Montage BuzzArena
  • Emmanuel Macron affirme que le programme SCAF n’est pas « mort » malgré les tensions entre Dassault Aviation et Airbus.
  • Le blocage porte sur la gouvernance du futur avion, avec Dassault qui exige le contrôle et Airbus qui refuse.
  • Les ministères de la Défense ont désormais mandat pour avancer sur plusieurs axes de coopération, avec un délai fixé au 28 avril 2026.

Le SCAF est le programme d’avion de combat franco-allemand lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, ex-chancelière allemande. En 2019, l’Espagne l’a rejoint. Le programme comprend un chasseur de nouvelle génération, des drones autonomes et un cloud de combat reliant les appareils entre eux. La facture totale est estimée à 100 milliards d’euros.

À lire : Tout ce qu’il faut savoir sur le SCAF, le projet d’avion futuriste européen

Emmanuel Macron croit encore au SCAF, l’avion de combat franco-allemand

Mais depuis des mois, le programme est au point mort. Le blocage porte sur la gouvernance du futur avion. Dassault Aviation exige le contrôle total de la conception du chasseur. Airbus, qui représente l’Allemagne et l’Espagne, refuse. Pour rappel, la France a dépensé 1,8 milliard d’euros dans le SCAF sans qu’un seul avion n’ait vu le jour.

En mars 2026, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont lancé une médiation de la dernière chance entre Dassault Aviation et Airbus. Le 4 mars 2026, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a déclaré que le SCAF est « mort » si Airbus refuse de travailler avec Dassault.

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© Tiraden

Le 1er avril 2026, lors du forum Guerres et paix organisé par Le Point, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a réaffirmé son refus catégorique. « Je ne suis pas un homme de cogestion », a-t-il déclaré. Le blocage sur la cogestion du programme entre Dassault et Airbus résumait la position française depuis le premier jour.

En Allemagne, la pression allait dans l’autre sens. Le syndicat IG Metall a raflé 85,8 % des voix chez Airbus Deutschland. Il réclamait l’abandon du programme et le lancement d’un chasseur national. Thomas Pretzl, chef du comité d’entreprise d’Airbus Deutschland, demandait à Berlin de quitter le SCAF.

Les syndicats allemands réclamaient l’abandon du projet franco-allemand depuis des mois. Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space, estimait que « deux avions séparés seraient une option viable ». De son côté, Airbus a accusé Dassault de sabotage dans une lettre adressée à Emmanuel Macron.

Les médiateurs français et allemands demandent 10 jours de plus

Le 18 avril 2026, le quotidien allemand Handelsblatt a révélé que la médiation a échoué. Une source proche des négociations a confirmé à Reuters qu’un avion commun franco-allemand n’est plus possible. Paris se retrouvait sans option claire pour l’après-Rafale après l’échec de la médiation entre Dassault Aviation et Airbus.

Sauf que voilà, Catherine Vautrin, ministre des Armées, a déclaré le 22 avril 2026 que les médiateurs franco-allemands ont demandé « dix jours de plus », jusqu’au 28 avril, pour rendre leurs conclusions. Le processus n’était donc pas officiellement clos.

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron a pris la parole à Chypre. « Nous avons eu une bonne discussion ce matin avec monsieur le chancelier et nous avons donné mandat à nos ministères de la Défense de travailler sur, justement, plusieurs axes, sur différents sujets, pas simplement l’avion de combat du futur, mais différents leviers de coopération entre nos deux pays », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Nos ministères de la Défense ont ce mandat pour les semaines à venir. On continue d’avancer. L’Europe n’a jamais autant eu besoin d’unité, de plus d’indépendance, de plus de souveraineté. »

L’avenir du SCAF n’est pas encore fixé par le couple franco-allemand

La formulation est notable. Emmanuel Macron ne parle plus seulement d’un avion commun mais de « différents leviers de coopération ». C’est un élargissement du périmètre. Les trois scénarios qui se dessinaient pour l’avenir du SCAF allaient d’une rupture franche à une relance sur base de deux avions séparés avec un cloud de combat commun. Cette dernière option, longtemps rejetée par Paris, semble de nouveau sur la table au vu du mandat donné aux ministères.

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Mais ce n’est pas tout. MBDA, le fabricant de missiles qui co-dirige le pilier drones du SCAF, a été le premier à exprimer publiquement sa crainte de voir le programme annulé. Éric Béranger, PDG de MBDA, a insisté pour préserver au moins le volet drones du programme, qui fonctionnait correctement selon lui. Ce volet est désormais le seul sur lequel un consensus franco-allemand existe encore.

La médiation lancée pour tenter de sauver le SCAF avant la mi-avril n’a pas abouti. Les ministères de la Défense français et allemand ont maintenant le mandat de reprendre le dossier. Le délai fixé par les médiateurs expire le 28 avril 2026.

Source : Le Monde

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