Rafale : 19 ans après avoir choisi le F-16, le Maroc pourrait enfin donner sa chance à Dassault

Et si le Maroc se tournait vers le Rafale, 19 ans après le fiasco de 2007 ? Selon plusieurs médias, le pays pourrait commander de 12 à 18 Rafale F4, même si Rabat, Paris ou encore Dassault Aviation n’ont rien confirmé.

Sommaire
Rafale Dassault Aviation
  • Le Maroc pourrait commander 12 à 18 Rafale F4, 19 ans après avoir finalement choisi les F-16 états-uniens en 2007.
  • Rabat renforcerait ainsi sa flotte avec des chasseurs français tout en conservant ses F-16, dans un contexte de rapprochement militaire avec Paris.
  • Le principal obstacle reste la capacité de production de Dassault, déjà sollicitée par de nombreux clients et de possibles nouvelles commandes.

Le projet de budget du Maroc prévoit de porter le plafond des engagements anticipés de la défense à 190,5 milliards de dirhams, soit plus de 17 milliards d’euros. Rabat pourra donc engager jusqu’à cette somme sur les crédits de 2028 et selon les informations, le Maroc chercherait à s’offrir des chasseurs français après l’échec du premier dossier Rafale.

19 ans après, le Maroc pourrait retenter l’achat de Rafale à la France

Pour rappel, c’est en 2007 que le Maroc était sur le point d’acheter 18 Rafale avant de finalement se tourner vers 24 F-16 des États-Unis. Paris a multiplié les offres mais la ligne n’était pas claire entre l’État et Dassault Aviation avec un prix qui évolue au fil des discussions. Résultat, Washington en a profité avec une solution financière et militaire bien plus simple.

Mais dix-neuf ans plus tard, Rabat a désormais une marge budgétaire bien plus large et une relation de défense avec la France plus structurée. Le dossier parle donc d’entre 12 et 18 Rafale F4 avec des livraisons évoquées vers 2030 et 2031.

Rafale Dassault Aviation
© Dassault Aviation

On parle de la version actuelle du chasseur avec un radar modernisé, une meilleure protection électronique et le missile longue portée Meteor. Il n’est pas question ici du futur standard F5 qui est attendu entre 2033 et 2035. Mais aucun contrat n’a été annoncé à l’heure actuelle.

Il y a quelques semaines, quatre F-16 marocains ont rejoint la base aérienne d’Orange-Caritat pour travailler avec les Rafale français. Les équipages ont mené du combat aérien, du ravitaillement en vol et des exercices de guerre électronique. En clair, les deux armées apprennent déjà à coopérer ensemble lors de missions dans le sillage du renforcement de leur coopération militaire et industrielle suite au rapprochement diplomatique de 2024.

Une flotte marocaine composée de chasseurs français et étasuniens ?

Mais si le Maroc lorgnait du côté des Rafale, le pays ne tournerait pas le dos aux États-Unis pour autant. Rappelons que c’est en 2019 que Rabat a commandé 25 F-16 Block 72 et la modernisation de 23 chasseurs de sa flotte. Puis le mois dernier, le premier nouveau F-16 marocain a effectué un vol d’essai aux États-Unis. Le but pour le Maroc serait donc d’avoir une flotte à la fois composée de chasseurs étasuniens et français.

Mais le calendrier de Dassault Aviation pourrait être un obstacle en cas de signature de Rabat. La France a déjà remis une offre pour 114 Rafale destinés à l’Inde à New Delhi, alors que la file d’attente des clients est déjà très longue.

Et la pression ne vient pas seulement de l’Inde puisque l’Égypte étudie la piste de 24 Rafale achetés en plus pour porter sa flotte à 78 chasseurs après deux commandes déjà signées. Le Rafale est un succès à l’exportation mais cela crée forcément un problème de cadence en termes de production. Et la file pourrait encore s’allonger avec l’Ukraine puisqu’en juillet dernier, Paris et Kiev ont conclu une feuille de route pour 16 Rafale destinés au pays à partir de 2028.

Pendant ce temps, le standard F5 se prépare

Rafale Dassault Aviation
© Dassault Aviation

En parallèle, la France prépare déjà la génération suivante puisqu’en octobre 2026, Paris et Abou Dhabi ont signé un accord autour du financement du Rafale F5. Une coopération qui prolonge la commande émiratie de 80 Rafale F4.

Rabat cherche aussi à développer sa propre industrie de défense. En juillet dernier, la France et le Maroc ont signé un texte sur la coopération dans l’armement et l’industrie militaire. Le projet de budget 2027 soutient aussi cette stratégie.

Une éventuelle commande pourrait donc regrouper la livraison des avions mais aussi la maintenance, la formation et une participation industrielle locale. Le Maroc garde aussi ses F-16 étasuniens et explore d’autres options pour son aviation de combat.

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