Le Maroc négocie une première flotte de Rafale F4 avec la France. Rabat et Paris ont ouvert des discussions autour d’un accord de gouvernement à gouvernement. Rien n’a encore été officialisé, il faut le préciser.

- Le Maroc négocie avec la France une première flotte de 12 à 18 Rafale F4, mais aucun accord officiel n’a encore été signé.
- Rabat veut répondre à la montée en puissance militaire de l’Algérie, notamment avec ses Su-57 russes et sa flotte de Su-30 modernisée.
- Le dossier s’inscrit dans le réchauffement diplomatique entre Paris et Rabat, après la reconnaissance française du plan marocain sur le Sahara occidental.
Les échanges se sont intensifiés ces dernières semaines et Rabat voudrait conclure avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron, président français. En 2030 et 2031, le Maroc espère une première vague de 12 à 18 Rafale F4.
Le Maroc est très intéressé par les Rafales F4 de la France
Le Maroc discute donc d’une commande de Rafale F4 auprès de Dassault Aviation. Il s’agit du standard le plus récent du chasseur, avec une connectivité élargie, une guerre électronique modernisée et des armements de dernière génération.
Mais ce n’est pas tout, la commande dépasserait la seule aviation de chasse. Le tour de table regrouperait des ravitailleurs A330 MRTT et des sous-marins Scorpène pour la Marine royale. Rabat évoque même des hélicoptères H125 et H145 pour la Gendarmerie royale. Ce contrat suivrait la même logique quela commande de 114 Rafale de l’Inde, négociée entre les gouvernements.

Mais la vraie motivation se situe surtout à l’est. L’Algérie a commandé des Su-57 à la Russie et modernise sa flotte de Su-30. Le pays lorgne aussi des avions et des radars chinois. Il faut dire que ce voisin aligne déjà une aviation nettement supérieure en nombre.
Le Maroc cherche donc une réponse crédible à cette montée en puissance. Les Forces royales air voient dans le Rafale F4 et son missile Meteor un moyen de tenir tête au Su-57.
Le Rafale F4 apporte un radar à antenne active, la suite de guerre électronique SPECTRA et un combat en réseau. Ce chasseur remplacerait à terme les vieux Mirage F1 et les Northrop F-5 marocains. Il surclasse le F-16V sur le rayon d’action, la charge utile et l’allonge du missile Meteor.
Résultat, le Maroc miserait sur un avion déjà éprouvé au lieu d’une version en développement. Ce standard précède les nouveautés du Rafale F5, qui arriveront plus tard.
Une vente enfin réussie après plusieurs tentatives ratées ?
Ce rapprochement efface une occasion manquée. En 2007, le Maroc a failli signer pour 18 Rafale F2, sous Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy. Dassault Aviation proposait près de 2 milliards d’euros, un tarif ensuite augmenté à 2,6 milliards d’euros avec des équipements en plus.
Washington a répondu avec 24 F-16 à environ 1,6 milliard d’euros et un fort soutien sur le dossier du Sahara. Le Royaume a donc choisi le F-16. Pour rappel, Washington garde la main sur certaines ventes, comme le montre un blocage d’une vente de Rafale au titre de la réglementation ITAR.
La politique explique ce revirement. En juillet 2024, Emmanuel Macron a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En octobre 2024, sa visite à Rabat a scellé un partenariat qualifié d’exceptionnel.
À l’automne 2026, le roi Mohammed VI se rendra en France pour un traité présenté comme historique. Ce serait le premier accord de ce type entre la France et un pays hors d’Europe. Le dossier militaire avance dans le sillage de ce réchauffement.
Sur le terrain, la coopération s’est déjà concrétisée. En juin 2025, l’exercice Marathon 25 a réuni cinq Rafale B français et les F-16 marocains, entre Guelmim et Marrakech. Un ravitailleur A330 MRTT Phénix appuyait les missions conjointes. Les pilotes marocains ont pu jauger le chasseur en vol.
Ce Rafale traîne une solide réputation au combat, comme l’ont montré les Rafale engagés dans le Golfe contre les drones iraniens. En juillet 2025, Emmanuel Chiva, délégué général pour l’armement, a lancé une commission d’armement entre les deux pays. Cette commission regroupe Naval Group, le sidérurgiste Maghreb Steel et l’Université Mohammed VI Polytechnique.
La signature n’est pas encore actée en Paris et Rabat
Le Rafale ne remplacerait pas tout du jour au lendemain. Le Maroc modernise en parallèle sa flotte de F-16. En 2019, Rabat a commandé 25 F-16 Block 70. En 2027, ces avions arriveront enfin. Les retards sont causés par Lockheed Martin et du Viper Shield.

Les Émirats arabes unis céderont même au Maroc une trentaine de Mirage, libérés par leur bascule vers le Rafale F4. En clair, le Rafale dépasserait une flotte encore très dépendante des équipements de Washington.
À ce stade, aucune signature n’a été confirmée par Rabat, Paris ou Dassault Aviation. Les rapports publiés convergent pourtant vers des discussions très avancées. Une commande marocaine viendrait allonger une longue liste d’export. Le Rafale vole déjà en Égypte, au Qatar, en Grèce, en Croatie, aux Émirats arabes unis, en Inde, en Indonésie et en Serbie.
Et pour cause, Dassault Aviation multiplie les pistes à l’exportation, comme le montrent les discussions sur le Rafale au Vietnam. Le Maroc pourrait être le prochain grand nom de cette dynamique.
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