SCAF : les médiateurs jettent l’éponge, l’avion de combat européen au bord du crash

En mars 2026, une médiation avait été lancée pour sauver le SCAF. Elle a échoué. Le constat est tombé samedi dans les colonnes du Handelsblatt. Les deux médiateurs n’ont pas réconcilié Dassault Aviation et Airbus sur l’avenir du programme d’avion de combat franco-allemand.

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  • La médiation lancée en mars 2026 pour sauver le SCAF a échoué.
  • Selon Reuters, le médiateur allemand estime qu’un avion de combat commun entre la France et l’Allemagne n’est plus possible.
  • Emmanuel Macron et Friedrich Merz doivent se retrouver cette semaine à Chypre pour tenter d’éviter la rupture du programme.

Chaque médiateur, l’un allemand et l’autre français, remettra son propre rapport à son gouvernement. Il ne reste plus que la volonté politique pour éviter le naufrage du programme estimé à 100 milliards d’euros.

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L’avion de combat franco-allemand SCAF au bord du naufrage, les médiateurs baissent les bras

Selon une source proche du dossier dans les colonnes de Reuters, le médiateur allemand va même plus loin. Sa conclusion est sans appel. La construction d’un avion de combat commun entre la France et l’Allemagne n’est plus possible.

Pour rappel, c’est en mars que les deux médiateurs avaient été nommés. L’Élysée a choisi Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l’armement. Berlin a nommé Frank Haun, ex-patron de KNDS. Avant la mi-avril, les deux hommes avaient comme objectif de sauver le programme.

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En mars, le chancelier allemand Friedrich Merz et Emmanuel Macron avaient lancé cette ultime mission de rapprochement. Le rapport sera présenté au chancelier dimanche. En fin de mois de mars, Friedrich Merz se disait être prêt à tout pour résoudre la crise.

Mais ce n’est pas tout. La rencontre qui décidera tout aura lieu cette semaine. Emmanuel Macron et Friedrich Merz se retrouveront lors du sommet informel de l’Union européenne à Chypre, jeudi et vendredi. Ce face-à-face sera le dernier rempart avant une rupture franche. 

Début mars, le chancelier allemand a reconnu avoir été « à deux doigts » d’abandonner le programme, avant de se raviser sur la route de Bruxelles. Sauf que voilà, la position des industriels n’a pas bougé.

Dassault Aviation et Airbus ne s’entendent pas

Il faut dire que le conflit entre Dassault Aviation et Airbus dure depuis des années. Début mars, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, accusait Airbus de torpiller la coopération. L’avionneur français réclame la maîtrise d’œuvre totale sur l’avion de combat de nouvelle génération.

Airbus, qui représente l’Allemagne et l’Espagne, refuse d’être relégué au second plan. Mike Schoellhorn, patron d’Airbus Defence and Space, a écrit à Emmanuel Macron pour accuser Dassault de sabotage volontaire. La lettre est tombée quelques semaines avant la fin de la médiation.

Le fond du problème est militaire. La France a besoin d’un avion capable de porter l’arme nucléaire et d’opérer depuis son porte-avions. L’Allemagne n’a besoin d’aucune de ces deux capacités. Depuis 2017, deux cahiers des charges sont incompatibles. Le bilan financier est catastrophique avec 1,8 milliard d’euros d’argent public englouti et zéro avion produit à ce jour. Depuis janvier 2025, le programme est bloqué.

Début avril, Éric Trappier avait donné deux à trois semaines à son entreprise pour voir si un accord était possible. Le PDG de Dassault Aviation refuse fermement la cogestion du projet et prépare déjà un plan B. En 2030, l’avionneur français attend le standard F5 du Rafale. Un drone de combat furtif hérité du programme nEUROn est aussi dans les cartons. Des discussions préliminaires ont même été engagées avec l’Inde, qui pourrait remplacer l’Allemagne dans le programme si la rupture se confirme.

Le projet européen SCAF est au bord du gouffre

En Allemagne, le comité d’entreprise d’Airbus et le syndicat IG Metall ont rejeté toute médiation et réclament un chasseur national. Berlin regarde aussi vers les F-35 étatsuniens et le programme GCAP lancé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.

Le 18 février 2026, Friedrich Merz a d’ailleurs déclaré le SCAF « défunt », avant de se raviser et de tenter la médiation. Un porte-parole d’Airbus en France a refusé de commenter. Le gouvernement allemand et la présidence française et Dassault n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters.

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Trois scénarios se dessinent pour l’avenir du programme. Selon les experts, le plus probable reste la rupture franche entre Dassault et Airbus. La France développerait alors seule son successeur du Rafale. Un partage partiel du programme sur les drones et les logiciels de combat reste possible. MBDA pilote le volet remote carriers et espère sauver au moins sa partie sur les drones autonomes. En clair, tout se joue à Chypre.

Source : The Star

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