Dassault Aviation est accusé par ses partenaires allemands de vouloir piloter seul le SCAF. Et pourtant. Arkadia Space a annoncé sa sélection par Dassault Aviation pour la propulsion du démonstrateur VORTEX-D.

- Arkadia Space est sélectionnée par Dassault Aviation pour fournir la propulsion du démonstrateur spatial VORTEX-D.
- VORTEX-D, prévu pour un premier vol en 2028, doit valider les technologies de rentrée hypersonique et de contrôle de vol.
- Le projet VORTEX avance alors que le programme SCAF reste bloqué sur des désaccords de gouvernance entre Dassault Aviation et Airbus.
La France, l’Allemagne et l’Espagne se retrouvent donc sous pilotage industriel indépendant. Soit le modèle que Dassault Aviation souhaite appliquer pour le SCAF. Le VORTEX est le véhicule spatial réutilisable que Dassault Aviation développe avec le soutien de la DGA et du CNES depuis le salon du Bourget de juin 2025. Le programme a d’une enveloppe de 30 millions d’euros.
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Dassault Aviation coopère avec toute l’Europe sur VORTEX

VORTEX-D est le démonstrateur à l’échelle un tiers, prévu pour un premier vol en 2028. Son objectif est de supprimer les risques de la rentrée hypersonique, de valider les systèmes de contrôle de vol et les technologies de protection thermique.
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a résumé l’objectif lors du Bourget : « Il s’agit de montrer ce que nous savons faire, envoyer un engin d’une certaine taille, capable d’aller dans l’espace et d’en revenir, avec une certaine capacité d’emport. »
Arkadia Space livrera des réservoirs, de l’électronique et ses propulseurs monergols ARIEL de 250 newtons. Ces composants formeront le système de contrôle de réaction du VORTEX-D. Ce sous-ensemble est important lors des phases en haute altitude, où la précision de manœuvre est essentielle avant la rentrée hypersonique.
« Ce contrat s’inscrit dans le cadre de la première phase du programme, VORTEX-D, un démonstrateur technologique conçu pour valider les capacités critiques du véhicule final« , a déclaré Arkadia Space dans son communiqué.
Un projet qui rassemble plusieurs pays européen
Le propulseur ARIEL a déjà été retenu par MaiaSpace, filiale française de Arianespace, pour ses lanceurs réutilisables. C’est le second contrat commercial de Arkadia Space. Ce qui positionne ce moteur comme référence sur deux des programmes spatiaux les plus stratégiques d’Europe.
Dassault Aviation a déjà prouvé sa capacité à piloter des coopérations industrielles complexes. Le nEUROn, démonstrateur de drone de combat, a été développé avec cinq partenaires européens, Alenia Aermacchi, EADS-CASA, Saab, HAI et Ruag.

Le programme a abouti à un premier vol en décembre 2012. C’est précisément cet argument que Dassault Aviation oppose à Airbus dans le bras de fer du SCAF. À savoir sa capacité à piloter seul sans céder la maîtrise d’œuvre.
Sauf que voilà, au moment où Dassault Aviation bâtit son réseau européen sur VORTEX, le SCAF reste bloqué sur la gouvernance entre Dassault Aviation et Airbus. Le 18 avril 2026, la médiation franco-allemande entre les deux industriels a échoué.
Pendant ce temps, le projet européen SCAF patine
La France a dépensé 1,8 milliard d’euros dans le programme sans qu’un seul avion n’ait décollé. Soit une grosse dépense dans le budget public. Les trois scénarios qui se dessinent pour l’avenir du SCAF en cas d’échec coûteront tous plus cher que prévu.
VORTEX ne cherche pas seulement à valider des technologies. Devant la commission de la défense du Sénat en juin 2025, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a été direct : « Tôt ou tard, il faudra être mobile dans l’espace, pouvoir s’y rendre et en revenir. » Le VORTEX atterrit sur piste et se reconditionne rapidement.

On parle d’expériences en microgravité, de fabrication de médicaments en orbite et d’approche de satellites non coopératifs. Des applications militaires existent aussi. Éric Trappier ne les détaille pas publiquement mais ne les nie pas. « La militarisation de l’espace est en cours, la nier ne serait pas à notre avantage », a-il dit aux sénateurs.
MBDA a été le premier industriel à exprimer publiquement sa crainte d’une annulation du SCAF. En avril 2026, Emmanuel Macron a affirmé que le SCAF n’est « pas du tout mort » après sa rencontre avec Friedrich Merz à Chypre. Les ministères de la Défense ont reçu mandat pour trouver une issue avant fin mai 2026.
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