L’Allemagne hésite sur l’avion de combat de sixième génération, mais elle ne traîne pas sur le char du futur. Le programme MGCS pour Main Ground Combat System entre dans une phase décisive. Ce projet franco-allemand doit remplacer le char Leclerc et le Leopard 2 à l’horizon 2040. Et contrairement au SCAF qui accumule les crises, le char du futur progresse.

Le MGCS n’est pas un simple char. C’est un ensemble de plateformes connectées via un cloud de combat. On parle d’un véhicule principal armé d’un canon gros calibre, de modules secondaires avec des missiles guidés et de drones terrestres autonomes.
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Qu’est-ce que le MGCS, le chat de combat franco-allemand ?
Mais ce n’est pas tout puisqu’une couche d’IA assistera les équipages. La portée de tir atteindra 8 000 mètres, soit le double du Leclerc actuel. Le repérage ira jusqu’à 10 kilomètres et le véhicule sera connecté aux forces aériennes et navales en direct. C’est un saut technologique comparable à ce que le SCAF promet pour l’aviation, mais sur le plan terrestre.
Depuis avril 2024, la France et l’Allemagne ont relancé le programme. Huit piliers technologiques ont été définis. Très exactement la plateforme, le feu principal, les capteurs, la simulation, la protection et la lutte anti-drone. La répartition industrielle est de 50 % pour chaque pays, moitié-moitié. Les quatre industriels KNDS France, KNDS Deutschland, Rheinmetall et Thales ont créé la MGCS Project Company, une coentreprise basée à Cologne. Chaque partenaire détient 25 % des parts.
Sauf que voilà, cette société attend toujours la notification de son premier contrat. La première proposition financière et technique des industriels était deux fois plus élevée que le budget prévu. C’est l’ancien délégué général pour l’armement Emmanuel Chiva qui l’avait révélé devant le Sénat.
Le budget global du MGCS est estimé à une centaine de milliards d’euros. Et la commission du Budget du Bundestag n’avait toujours pas validé le financement de la phase 1A à la fin de l’année 2025. Bref, le programme avance sur le papier mais l’argent ne suit pas encore.
En parallèle, Rolls Royce Power Systems et ZF ont été sélectionnés pour développer la propulsion du futur char. Des essais statiques ont déjà été réalisés avec des centaines de tirs en calibre 120 mm et 140 mm. Le premier tir en mouvement est prévu pour juin 2026. Des essais comparatifs avec le canon 130 mm de Rheinmetall sont aussi programmés. Ces tests montrent que le volet technique progresse, même si ça bloque niveau politique.
Pendant ce temps, le SCAF européen reste bloqué
Et c’est là que le parallèle avec le SCAF saute aux yeux. Dans le domaine aérien, l’Allemagne menace ouvertement de quitter le programme. Friedrich Merz a dit clairement que Berlin « n’a pas besoin du même avion que la France ». Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, accuse Airbus de bloquer le projet. Emmanuel Macron a lancé une « mission de rapprochement » qui doit aboutir d’ici mi-avril. Au-delà, le SCAF sera probablement mort. Mais sur le volet terrestre,
Berlin joue un tout autre jeu. L’Allemagne domine le marché mondial des chars. Rheinmetall exporte le Leopard 2 et ses dérivés partout dans le monde. C’est Berlin qui dirige la structure de projet du MGCS, alors que la France tient la position de leader sur le SCAF via Dassault. Cette asymétrie explique pourquoi l’Allemagne est bien plus coopérative sur le char que sur l’avion.
Il faut aussi que Berlin prépare ses arrières. Le projet MARTE pour Main ARmoured Tank of Europe est un char européen financé par le Fonds européen de la Défense. KNDS Deutschland pilote ce projet, qui a franchi une étape décisive mi-mars 2026 et se prépare à entrer dans sa phase de conception. MARTE n’est pas censé remplacer le MGCS, mais les deux programmes se chevauchent. Si le MGCS échoue comme le SCAF, l’Allemagne aura un plan B avec MARTE. La France n’a pas cette marge de manœuvre.
La France et l’Allemagne ont besoin du même char
Même la possible participation de l’Inde au SCAF ne change rien au problème de fond. L’Allemagne et la France n’ont pas les mêmes besoins militaires. Paris veut un avion capable de porter le nucléaire et de décoller d’un porte-avions. Berlin n’a besoin d’aucune de ces deux capacités. Sur le char, les besoins sont plus proches. Les deux pays ont besoin d’un blindé lourd capable de survivre sur un champ de bataille de haute intensité. La guerre en Ukraine a rappelé que les chars restent indispensables.
Bref, l’Allemagne joue sur deux tableaux. Pour l’avion de combat de sixième génération, Berlin fait traîner les discussions et regarde vers le GCAP et les F-35. Sur le char du futur, Berlin avance et prend position. Le MGCS est sous direction allemande, avec une industrie nationale qui domine le secteur des blindés.
Si le SCAF meurt en avril, le MGCS pourrait devenir le dernier grand programme de défense franco-allemand encore en vie. La France a déjà dépensé 1,8 milliard d’euros sur le SCAF sans qu’un seul avion n’ait vu le jour. Il serait dommage de voir le MGCS suivre le même chemin.
- Le MGCS, futur système de combat terrestre franco-allemand, doit remplacer le Leclerc et le Leopard 2 à l’horizon 2040.
- Le programme progresse sur le plan technique, mais la phase 1A attend toujours son financement et le premier contrat n’a pas encore été notifié.
- Contrairement au SCAF, le MGCS avance parce que la France et l’Allemagne ont des besoins bien plus proches sur le char du futur.
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