Face à la concurrence chinoise, plus le choix. Renault promet de baisser d’environ 15 % le prix de ses voitures électriques pour les rapprocher du tarif d’un modèle hybride. L’objectif est ambitieux et fixé pour 2030.

- Renault veut baisser d’environ 15 % le prix de ses voitures électriques d’ici 2030 pour les rapprocher du tarif des hybrides.
- François Provost réclame une pause réglementaire en Europe, estimant que les nouvelles règles risquent encore d’alourdir fortement le prix des voitures.
- Renault prévoit plus de 10 milliards d’euros d’investissements en France sur cinq ans pour réduire ses coûts et mieux affronter les constructeurs chinois.
François Provost, directeur général de Renault Group, demande une pause réglementaire en Europe. Mais au passage, le dirigeant annonce également plus de 10 milliards d’euros d’investissements en France sur cinq ans. Bien évidemment, le but est de rentrer frontalement dans la guerre des prix lancée par les constructeurs chinois comme BYD ou encore Xiaomi, qui arrivera en Europe en 2027.
Renault veut entrer dans la guerre des prix sur le marché de l’électrique
En septembre 2026, les voitures électriques ont représenté 42 % des immatriculations neuves, selon AAA Data. Renault profite bien de cet engouement puisque sa Renault 5 enregistre 5 224 immatriculations et pour la Twingo électrique, ce fut 4 988. Pour François Provost, “la bascule est faite” en faveur de l’électrique. Mais le dirigeant précise toutefois que “ça ne veut pas dire 100 % électrique”.
Le premier obstacle, c’est évidemment le prix d’achat. D’ici 2030, Renault veut réduire d’environ 15 % le prix de ses voitures électriques pour se rapprocher des hybrides. En France, la Twingo électrique, sous les 14 000 euros, montre que les aides et baisses de coût font descendre les prix. Renault propose également sa Twingo électrique à partir de 99 euros par mois en location longue durée sous conditions.
Alors que Renault a repoussé sa R5 pas chère, le groupe français se tourne aussi vers des batteries moins coûteuses pour plusieurs modèles. Pour l’automobiliste, accéder à ces voitures électriques est aussi avantageux financièrement. En Europe, rouler en électrique coûte 30 % moins cher qu’en essence, selon une récente étude.
Renault demande aussi un assouplissement des règles européennes
François Provost parle d’un coût annuel de 500 euros pour une Renault 5 face à 2 000 euros pour une Clio à essence qui a dix ans. C’est donc sur la facture totale que Renault mise pour convaincre les consommateurs français.
François Provost veut aussi un assouplissement de la réglementation européenne. Selon lui, les nouvelles règles vont ajouter au moins 3 000 euros au coût d’une voiture en dix ans. D’ici 2030, 108 textes prévus pourraient ajouter encore cette somme à la facture. “Le logiciel européen, il est complètement faux”, affirme François Provost sur France Inter, en demandant une pause de dix ans.
Une position que partage Dacia, puisque la marque veut des règles plus souples pour vendre des électriques sous la barre des 10 000 euros. Bruxelles commence déjà à bouger. En fin d’année 2025, la Commission européenne a proposé une nouvelle catégorie de petites voitures abordables et un allègement des formalités pour l’industrie automobile.
Renault cherche aussi à réduire ses propres coûts industriels puisque le mois dernier, le groupe français a annoncé 600 millions d’euros pour ses usines espagnoles qui produiront cinq futurs modèles dont deux SUV électriques.
Un objectif ambitieux de 15 % de baisse d’ici 2030
La France a une place centrale dans le plan de Renault. Depuis 2021, le groupe français a investi 13 milliards d’euros dans le pays et François Provost veut ajouter plus de 10 milliards de plus sur cinq ans si le contexte social et politique le permet. En 2025, les usines françaises de Renault ont produit 500 000 voitures et cette année, le groupe prévoit 25 % de plus grâce à cette hausse de l’électrique.

La nouvelle Dacia Spring montre aussi que le constructeur cherche à tirer les prix vers le bas. L’entreprise a lancé sa deuxième génération à partir de 17 900 euros hors aides. La production a quitté la Chine pour Novo Mesto, en Slovénie, pour de nouveau accéder aux aides françaises. Ce sont plus de 210 000 Spring qui ont été vendues depuis 2021, selon Dacia.
Face aux marques chinoises, François Provost préfère un accord avec Pékin au lieu d’une guerre commerciale pour que les groupes chinois produisent en Europe avec des partenaires européens. D’ici 2030, Renault veut baisser le prix de ses voitures électriques de 15 % pour rejoindre le prix d’une hybride. Reste à savoir si le groupe français, qui accuse des trimestres parfois compliqués, atteindra son but ambitieux en quatre ans.













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