« Google n’intéresse plus » : les jeunes ingénieurs français préfèrent Thales et Dassault Aviation

Les jeunes ingénieurs français préfèrent Thales et Dassault Aviation à Google en tant qu’employeurs. Le classement Universum 2026 dévoile que la défense et l’aéronautique françaises sont bien plus prisées au détriment des GAFAM. Tout un symbole face à une Europe qui cherche à échapper à l’emprise étasunienne.

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Dassault Aviation Rafale
© Dassault Aviation
  • Thales reste l’employeur préféré des futurs ingénieurs français, devant Airbus, Safran, Dassault Aviation et EDF.
  • Google tombe à la sixième place, alors que les GAFAM paient les licenciements, les gels d’embauche et la menace de l’IA.
  • La défense française profite de ce basculement, avec 10 000 postes vacants et des programmes industriels très attractifs.

Le classement repose sur les réponses de 19 064 étudiants des grandes écoles françaises, avec 9 049 futurs ingénieurs. Thales est premier chez les élèves ingénieurs pour la deuxième année de suite. Airbus, Safran, Dassault Aviation et EDF suivent dans le top 5. Google descend à la sixième place et Microsoft perd trois places pour la dixième position.

Les jeunes ingénieurs français sont plus intéressés par la défense

Les gagnants de l’année 2026 sont donc EDF et Dassault Systèmes, en pleine montée d’estime  chez les futurs diplômés. On ne trouve pas de multinationale étasunienne sur le podium des ingénieurs français. La renversement a eu lieu en quelques années.

Pour rappel, Google dominait encore ce même classement en 2022, avec Thales en troisième position. Les GAFAM ont ensuite enchaîné les licenciements massifs, les gels d’embauches et les promesses de remplacement des développeurs par l’IA.

L’attrait de la Silicon Valley a baissé pendant que la guerre en Ukraine redonne un sens concret aux métiers de la défense. Les étudiants suivent les projets porteurs de sens et la souveraineté nationale en fait maintenant partie.

Pour la méthologie, Universum construit son classement sur une quarantaine de critères. On parle de la réputation de l’employeur, de l’environnement de travail, de la rémunération et des opportunités de carrière.

Les industriels français ont des arguments très concrets pour séduire. Il faut dire que les programmes en cours intéressent directement les ingénieurs puisque Dassault prépare un super-Rafale pour battre le F-35 avec Thales pour l’électronique embarquée et Safran pour les moteurs.

Une popularité qui arrive quand la défense française a besoin de talents

Le carnet de commandes suit puisque la plus grande vente de l’histoire du Rafale se joue en Inde avec 114 appareils et une offre à 35 milliards d’euros. Un jeune diplômé qui rejoint ces entreprises travaillera sur des avions de combat, des radars spatiaux ou des missiles, des projets impossibles à trouver ailleurs.

Une attractivité qui tombe au meilleur moment pour la filière. Thales ouvre 3 300 postes en France pour la seule année 2026, avec plus de la moitié dans la défense. « Sur notre activité radar, on a plus que triplé la production », explique Matthieu Motillon, directeur des recrutements de Thales en France.

Le missilier MBDA ajoute 900 postes, porté par les commandes européennes puisque l’Europe a commandé 50 milliards de dollars de missiles longue portée. Sauf que voilà, le secteur compte environ 10 000 postes vacants sur 200 000 emplois en France. L’arrivée des jeunes diplômés est un enjeu industriel pour le secteur de la défense.

La défense intéresse d’autres profils d’étudiants

Un détail du classement mérite une attention particulière. Thales entre pour la première fois dans le top 3 des employeurs préférés des étudiants en informatique, un terrain historique des GAFAM. Il semblerait que l’hégémonie étasunienne sur le terrain technologique rebute quelque peu les étudiants.

Les développeurs et les spécialistes de l’IA regardent maintenant vers les radars et les systèmes de combat. Le mouvement touche donc plusieurs autres corps de métiers. Le même sondage place LVMH, L’Oréal et Hermès en tête chez les étudiants des écoles de commerce, un podium entièrement français là aussi.

Bref, la défense française attire les meilleurs profils au moment exact où ses usines cherchent 10 000 personnes. Le succès dans les classements ne suffira pas à pourvoir tous les postes. Mais il donne un avantage décisif pour la décennie qui vient, celle où le SCAF a déchiré l’Europe et où la France aura besoin de tous ses ingénieurs.

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