L’IA a déjà supprimé 75 000 emplois en France, les jeunes en CDI sont les premières victimes du remplacement

L’IA commence déjà à s’attaquer aux emplois des plus jeunes, selon une étude de HEC Paris et de la Banque de France. Les embauches en CDI des 21-29 ans ont chuté de 28,3 % dans les métiers les plus exposés à l’IA générative. On parle donc d’environ 75 000 CDI de moins par an, et ce sont les jeunes développeurs les premiers touchés.

Sommaire
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  • Les embauches en CDI des 21-29 ans ont chuté de 28,3 % dans les métiers les plus exposés à l’IA générative, soit environ 75 000 postes de moins par an.
  • Les jeunes développeurs sont particulièrement touchés, avec des embauches en CDI en baisse de 42 % depuis le lancement de ChatGPT.
  • Les entreprises licencient peu mais recrutent moins de juniors, ce qui pourrait créer à terme une pénurie de salariés expérimentés.

On le sait, beaucoup d’emplois sont menacés par le remplacement. Et les jeunes sont les premières cibles. Alors qu’en mars 2026, les embauches en CDI des 21-29 ans dans les métiers les plus exposés avaient chuté de 28,3 %, dans les métiers les moins exposés, la baisse est d’environ 7,5 %, soit un écart de 20 points.

Quels jeunes métiers sont les plus exposés à l’IA ?

Pour la méthodologie, les auteurs ont étudié la main-d’œuvre du secteur privé et classé plus de 1 500 métiers selon la part des tâches qu’une IA générative peut effectuer ou aider à faire. Pour les métiers les plus touchés, on trouve :

  • Les développeurs informatiques
  • Les traducteurs
  • Les journalistes
  • Les employés de banque
  • Certains postes d’études économiques ou financières

Depuis le lancement de ChatGPT, le recrutement des jeunes développeurs, ingénieurs informatiques, a fortement reculé. En mars 2026, leurs embauches en CDI étaient 42 % sous leur niveau de départ. Chez les salariés de 50 ans et plus, l’écart entre les métiers très exposés et peu exposés approche de zéro.

Mais il n’y a pas que les CDI qui sont touchés. Tous contrats confondus, les embauches des 21-29 ans ont baissé de 22,1 % dans les métiers les plus exposés. Les fins de CDI ont aussi chuté de 23 % contre 6 % dans les métiers les moins exposés. Les entreprises recrutent moins et les salariés quittent aussi moins souvent leur poste.

Des employés qui ne sont pas licenciés mais jamais remplacés

Le risque est bien moins visible qu’une vague de licenciements. Une entreprise peut réduire les recrutements sans toucher aux salariés déjà présents. Antonin Bergeaud, économiste et professeur associé à HEC, l’explique très clairement : “Une entreprise qui confie à l’IA une partie des tâches habituellement dévolues aux débutants n’a pas besoin de licencier. Il lui suffit de moins recruter et de ne pas remplacer certains départs.”

Les premiers emplois sont exposés puisqu’ils servent à apprendre un métier, gagner en expérience et préparer les futurs postes plus qualifiés.

L’IA s’installe très vite dans les entreprises françaises, puisqu’au début de l’année 2026, plus des deux tiers des entreprises d’au moins 20 salariés déclaraient utiliser de l’IA générative selon une enquête de la Banque de France. Pour le moment, les effets sur la productivité sont encore limités.

Une stratégie qui pourrait se retourner contre les entreprises

Mais il n’y a pas que l’IA qui est responsable de ces baisses. Le ralentissement du secteur des nouvelles technologies après le Covid, la hausse des taux et le télétravail ont aussi pesé sur les embauches. Mais les chercheurs sont clairs : les entreprises qui utilisent beaucoup l’IA ont bien plus réduit leur recrutement de jeunes employés que les autres.

Ce sont des portes d’entrée qui se ferment. Le danger à long terme concerne aussi les compétences. Si les entreprises recrutent moins de juniors sur plusieurs années, elles forment moins de futurs salariés expérimentés. Des jeunes risquent donc d’abandonner des filières faute de débouchés.

Ce qui pourrait créer un paradoxe brutal. L’IA réduit les besoins pour les postes d’entrée à l’heure actuelle, mais les entreprises pourraient manquer de profils expérimentés dans le futur.

Source : La Croix

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