10 métiers menacés par l’IA selon Anthropic et sa méthode inédite

Anthropic publie une nouvelle étude pour évaluer l’impact de l’IA sur l’emploi. La particularité de cette approche, c’est qu’elle ne se limite pas aux données théoriques sur les performances de la technologie. La firme derrière Claude s’appuie aussi sur des données concrètes. Celles qui proviennent de l’analyse des conversations avec son chatbot et de son API.

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Intelligence artificielle métier Anthropic
© Image IA d’illustration générée avec Gemini

On parle d’une méthode qui compare ce que l’IA sait faire en théorie avec ce qu’elle fait vraiment dans la pratique. Et les résultats ne sont pas rassurants pour tout le monde. Il faut dire que la question de l’IA et de l’emploi devient de plus en plus urgente. Dario Amodei, le patron d’Anthropic, prédisait récemment jusqu’à 20 % de chômage pour les métiers de bureau dans les cinq prochaines années.

Voici les 10 métiers menacés par l’IA selon le créateur de Claude

La nouvelle méthode de la firme va plus loin que les études habituelles. La plupart des analyses calculent le risque que l’IA puisse effectuer la tâche d’un métier. Sauf que voilà, Anthropic a constaté un écart entre la théorie et la réalité. La firme explique que « des tâches faisables en théorie ne se retrouvent pas dans les statistiques d’utilisation réelle ».

métiers IA Anthropic
© Anthropic

Les raisons sont nombreuses. On parle de limites techniques des modèles, de contraintes légales, de logiciels qui bloquent l’adoption, ou encore d’étapes de vérification humaine qui freinent l’automatisation.

Voici le top 10 des métiers les plus exposés selon l’Anthropic Economic Index :

  1. Programmeurs informatiques
  2. Représentants du service client
  3. Opérateurs de saisie de données
  4. Spécialistes des dossiers médicaux
  5. Analystes en études de marché
  6. Analystes financiers
  7. Testeurs d’assurance qualité logicielle
  8. Rédacteurs et copywriters
  9. Architectes de bases de données
  10. Scientifiques des données

Résultat, la méthode d’Anthropic croise deux sources de données. La première mesure la capacité théorique de l’IA à automatiser les tâches d’un métier. La seconde analyse les conversations sur Claude et les requêtes envoyées via l’API de la firme. Le graphique publié par Anthropic montre un écart parfois considérable entre l’exposition théorique d’un métier et son exposition réelle.

Certains métiers que les études classiques placent en haut du classement se retrouvent beaucoup plus bas quand on regarde ce que les gens font vraiment avec l’IA. Et l’inverse existe aussi.

Mais alors quels métiers sont les plus exposés selon cette méthode ? Anthropic publie un classement. En première position, les programmeurs informatiques. Le lancement de Codex par OpenAI confirme cette tendance et montre que l’automatisation du code n’est plus de la science-fiction. Juste derrière, les représentants du service client. Et pour cause, en France, 290 000 postes sont déjà menacés dans les centres d’appels. Des entreprises comme Engie remplacent déjà les résumés humains par des résumés générés par l’IA. Bref, les deux métiers les plus exposés sont ceux où l’IA est déjà massivement adoptée au quotidien.

Des métiers échapperont au remplacement par l’IA

Pourtant, Anthropic reconnaît que sa méthode n’est pas parfaite. La firme admet que cette approche « ne saisira pas tous les canaux par lesquels l’IA pourrait redessiner le marché du travail ». L’objectif est un suivi régulier pour mesurer l’évolution dans le temps. Rappelons que 30 % des travailleurs se trouvent dans des métiers à très faible exposition.

On parle de professions qui apparaissent trop peu dans les données pour être considérées comme menacées. On parle des métiers manuels et de terrain comme les cuisiniers, les mécaniciens moto, les sauveteurs ou encore les barmans. Sur le papier, l’IA sait faire beaucoup de choses. Mais en vérité, un barman ne risque pas de se faire remplacer par Claude.

Mais ce n’est pas tout puisque Anthropic avance une hypothèse sur ce qui nous attend. La firme pense que l’impact de l’IA sur l’emploi ne sera pas brutal comme celui du COVID. La situation ressemblera à ce que l’on a connu avec internet ou l’essor du commerce avec la Chine.

En gros, des transformations profondes qui s’étalent sur plusieurs années et qui modifient les secteurs au compte-goutte. La firme espère que sa méthode permettra d’anticiper ces perturbations « avant que des effets majeurs ne se fassent sentir ».

Les gouvernements ferment les yeux sur les conséquences pour l’emploi

Et puis n’oublions pas le contexte. Dario Amodei estime que l’IA surpassera les capacités humaines d’ici 2027. Le dirigeant d’Anthropic demande aux gouvernements de cesser de minimiser les conséquences sur l’emploi. La publication de cette méthode par Anthropic n’est pas anodine.

La firme se positionne comme la plus transparente du secteur sur ce sujet. Surtout face à des concurrents comme OpenAI (ChatGPT) ou Google qui vante une productivité boostée. Sam Altman vend Codex comme un outil qui rend les développeurs plus efficaces. Dario Amodei dit lui que ces développeurs sont les premiers à risquer leur poste. Les deux discours existent en même temps et les employés se retrouvent au milieu sans savoir qui croire.

La méthode d’Anthropic a au moins le mérite de poser le débat sur des bases solides. Les études théoriques effrayaient sans rien prouver et les entreprises d’IA rassuraient sans rien montrer. Anthropic propose un entre-deux qui repose sur des données factuelles. Reste à voir si les prochaines analyses régulières confirmeront la tendance. 

  • Anthropic publie l’Anthropic Economic Index, une méthode qui compare l’exposition théorique d’un métier à l’IA avec l’usage réel observé via les conversations sur Claude et l’API.
  • Selon ce classement, les programmeurs informatiques et le service client font partie des métiers les plus exposés.
  • Anthropic souligne un écart parfois important entre théorie et pratique, car l’adoption est freinée par des limites techniques, légales et des étapes de vérification humaine.

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