Face aux difficultés d’approvisionnement, l’État autorise la vente d’un carburant de moins bonne qualité

Pendant une période exceptionnelle, un carburant moins adapté au froid pourra être vendu dans les stations-service en France. On parle du gasoil d’été, toujours autorisé au-delà de sa période habituelle. C’est jusqu’au 15 novembre 2026 que les stations-service pourront écouler ce produit moins adapté au froid que le gasoil d’hiver, d’habitude obligatoire dès le début du mois.

gazole d'été prix essence
© Envato
  • Le gasoil d’été pourra exceptionnellement être vendu en France jusqu’au 15 novembre 2026, alors que le gasoil d’hiver est normalement obligatoire dès le 1er novembre.
  • Cette dérogation de deux semaines répond aux difficultés d’approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz.
  • Le gasoil d’été reste utilisable par temps doux, mais il peut poser problème sous 0 degré, notamment avec la formation de cristaux de paraffine.

Si cette décision a été prise par l’exécutif, c’est suite aux difficultés d’approvisionnement provoquées par la guerre au Moyen-Orient. D’habitude, à partir du 1er novembre 2026, le gasoil disponible en France métropolitaine est de qualité hiver, ce qui veut dire que sa température limite de filtrabilité descend à -15 degrés contre 0 degrés pour la qualité été.

L’État prolonge l’autorisation de la vente de gazole d’été

Il s’agit d’un seuil qui indique la température à partir de laquelle le gasoil n’a plus la possibilité de traverser correctement un filtre normalisé. Dès lors, le froid peut former des cristaux de paraffine qui empêchent la bonne arrivée du gasoil vers le moteur.

C’est donc jusqu’au 15 novembre 2026 que l’arrêté publié au Journal officiel autorise cette exception de deux semaines. Le texte parle des “difficultés exceptionnelles d’approvisionnement rencontrées au vu de la situation internationale au Moyen-Orient”.

Les stations ont l’obligation d’informer leurs clients des conséquences de l’utilisation d’un gasoil d’été, surtout dans les zones de montagne. Le texte précise aussi que ces stations assumeront “l’entière responsabilité de tout problème pouvant survenir lors de l’utilisation de ce gasoil”.

Ce ne sont pas les automobilistes qui sont concernés, mais bien les stations-service qui assumeront les conséquences si quelque problème arrive lors de l’utilisation de ce gasoil d’été. Mais rassurez-vous, puisque le risque a surtout lieu quand on descend sous 0 degrés. Les températures plus douces un peu partout en France ne font pas de ce gasoil un produit nocif pour un moteur diesel.

Une crise du carburant qui dure depuis des mois

En mars 2026, l’État a déjà autorisé la vente anticipée du gasoil d’été face aux difficultés provoquées par la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz. Ce n’est donc pas une décision sans précédent. Jusqu’au 31 mars 2026, la première dérogation a permis d’écouler un produit adapté à 0 degrés. Bref, une première réponse, alors que quelques semaines avant, les frappes américaines et israéliennes avaient fait bondir le pétrole et le gaz.

La crise a ensuite empiré quand le Brent a dépassé 103 dollars avec le blocage du détroit d’Ormuz. La crise s’est depuis durablement installée. Le gouvernement estime qu’environ 10 millions de barils par jour manquent sur le marché mondial qui en consomme plus de 105 millions. Le gasoil et le kérosène sont parmi les plus exposés.

Il n’y a pas que les automobilistes de concernés, puisque la tension a déjà provoqué des suppressions de vols aériens et des hausses de billets à cause du kérosène. En France, la facture est lourde. Le litre de gasoil tourne autour de 2,41 euros en moyenne contre 2,22 euros pour le SP95 et 2,28 euros pour le SP98.

Face à cette flambée, l’État a créé une aide de 50 euros pour certains grands rouleurs, depuis doublée à 100 euros et TotalEnergies a aussi plafonné ses prix. Mais c’était sans compter sur la menace de la multinationale qui, en mai 2026, a expliqué qu’elle retirerait ce plafonnement en cas de taxe sur ses superprofits.

Des aides seront prochainement proposées

Le lundi 21 septembre 2026, Roland Lescure indiquait que 17 % des stations manquaient d’au moins un produit. Le ministre de l’Économie rassure en expliquant que la France ne subit “pas d’enjeu d’approvisionnement à ce stade”, et ajoute que “pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude”.

Rappelons que pour ceux qui veulent faire des économies, une carte officielle recense les prix des stations françaises. C’est le mardi 22 septembre 2026 que le gouvernement présentera aussi de nouvelles aides pour “accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés”.

La France ne manque pas de gasoil, mais assouplit certaines règles pour sécuriser l’offre si la crise dure. Et elle risque de durer alors que le conflit avec l’Iran se poursuit et que Trump refuse de rebrousser chemin sur ce dossier.

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