20 000 vols supprimés, des billets revus à la hausse : la crise du kérosène s’accélère en Europe

Votre billet d’avion Volotea est payé et sept jours avant votre départ, la compagnie vous envoie un message. Elle vous réclame entre 9 et 14 euros en plus à cause de la hausse du kérosène. Si vous refusez, vous pouvez annuler sans frais. Si vous acceptez, votre billet a augmenté après achat. C’est ce qu’a vécu Arthur qui avait pris son billet pour décoller de Toulouse avec Volotea.

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  • Volotea applique une surcharge de 9 à 14 euros sur les billets déjà achetés à cause de la hausse du kérosène liée au blocage du détroit d’Ormuz.
  • Le passager peut refuser et annuler sans frais ou accepter la hausse calculée sept jours avant le vol.
  • La flambée du carburant pousse aussi les compagnies aériennes à augmenter les prix, annuler des vols ou réduire leur activité en Europe.

La cause est le détroit d’Ormuz. Ce passage est bloqué par l’Iran depuis fin février 2026. Il laisse transiter 20 % des hydrocarbures mondiaux en temps normal. Le prix du kérosène a explosé. En Europe, la tonne est passée de 750 dollars avant le conflit à près de 1 900 dollars en quelques semaines.

La crise du carburant a aussi un impact sur le prix des billets d’avion

Pour rappel ,le kérosène avait déjà bondi de 50 % en Europe en quelques jours après les premières frappes contre l’Iran. Les contrats de couverture des compagnies leur permettaient d’acheter le carburant à prix fixe. Ces contrats arrivent à expiration. Elles se retrouvent exposées aux prix du marché.

Le 16 mars 2026, Volotea a instauré ce qu’elle appelle la « Fair Travel Promise ». La compagnie espagnole low-cost répercute la hausse du kérosène sur les billets vendus avec une surcharge de 9 à 14 euros. Elle est calculée sept jours avant le vol selon le prix du kérosène au moment du calcul.

Si les cours baissent entre la réservation et le vol, Volotea s’engage à rembourser la différence. Si le passager refuse de payer, il annule sans frais. Une avocate interrogée par BFMTV a précisé les trois conditions de légalité : « La transparence dans l’information aux consommateurs, la transparence dans la communication des modalités de calcul et la possibilité d’annuler sans frais si on refuse la révision. » Ces trois conditions sont remplies. La pratique est donc légale.

Les compagnies aériennes prennent déjà des mesures

Volotea n’est pas la seule compagnie à réagir. Sauf que voilà, les autres ont fait des choix plus radicaux. Transavia est la filiale low-cost d’Air France-KLM. Elle a annulé environ 2 % de ses vols prévus en mai et juin 2026 et augmenté ses tarifs de 10 euros en moyenne. 

EasyJet anticipe des pertes entre 540 et 560 millions de livres sterling sur le premier semestre fiscal. En mars 2026 seulement, ses achats de kérosène au tarif du marché lui ont coûté 25 millions de livres en plus. KLM a supprimé 160 vols sur les semaines à venir, soit 1 % de ses liaisons européennes. Ryanair a réduit de 10 % ses vols depuis Dublin cet été.

La décision la plus radicale est celle de Lufthansa. La compagnie allemande a supprimé 20 000 vols d’ici fin octobre 2026. Elle a aussi arrêté sa filiale régionale CityLine. Air France a préféré augmenter ses tarifs deux fois en un mois. Elle a aussi prolongé ses suspensions de vols vers Dubaï, Riyad, Tel Aviv et Beyrouth jusqu’à début mai 2026.

Des stocks de carburant sous pression

Il faut dire que les stocks de kérosène en Europe sont sous pression. Fatih Birol est le directeur de l’Agence internationale de l’énergie. Il a averti que l’Europe n’a plus que de six semaines de réserves pour l’aviation.

Willie Walsh, directeur général de l’Association du transport aérien international, a déclaré récemment que « fin mai, on s’attend en Europe à certaines annulations de vols, faute de carburant ». Le gouvernement français a indiqué qu’il envisage de libérer une partie de ses stocks stratégiques de kérosène en cas de pénurie dans les aéroports. En clair, cette réserve est prévue pour les pénuries de volume, pas pour compenser la hausse des prix.

Les contrats de couverture des compagnies expirent progressivement. Si le conflit au Moyen-Orient dure, chaque compagnie se retrouvera exposée au prix du marché. Dudley Shanley,analyste à la banque d’affaires Goodbody, a prévenu que « si les prix du kérosène sont à ce niveau, il faudra encore écrémer chez les compagnies low cost ».

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