Le Rafale F5 ne sera pas codéveloppé avec des pays étrangers selon Éric Trappier. C’est vers 2034 que Dassault Aviation lancera ce nouvel avion de combat. Les ventes à l’international suivront un an plus tard, d’après les propos du PDG sur BFM Business. Il s’agit d’une réponse à une demande des armées françaises.

- Le Rafale F5 sera développé par Dassault Aviation pour les armées françaises, sans codéveloppement avec des pays étrangers.
- Le nouvel avion de combat est attendu vers 2034, avec exportation possible à partir de 2035.
- Le programme mise sur un radar plus puissant, un drone de combat furtif, un moteur renforcé et une architecture logicielle très fermée.
Le 26 août 2026, Éric Trappier a répondu aux questions de BFM Business lors des Rencontres des entrepreneurs de France à Paris. « On travaille aujourd’hui sur ce super Rafale, qu’on appelle le Rafale F5« , a déclaré le PDG de Dassault Aviation.
Le Rafale F5 se prépare et il sera de construction française
La commande ne sort pas de nulle part : « C’est une demande des armées françaises ». Éric Trappier a aussi donné le calendrier, « C’est pour être au rendez-vous de 2033, 2035 ». L’avionneur prépare un nouveau radar, un drone de combat et un moteur surpuissant pour cette échéance.
La question du partenariat ? Réponse claire et nette : « Il n’y a pas aujourd’hui de codéveloppement avec des pays étrangers. Par contre, c’est un standard et un avion – parce que l’avion sera un petit peu plus développé – qu’on pourra proposer à partir de 2035 à l’exportation« , a précisé Éric Trappier.
Le patron de Dassault Aviation écarte aussi tout codéveloppement, « Pourquoi faire un regroupement capitalistique pour faire un avion si on sait déjà faire un avion avec un seul constructeur? ». Mais cela n’écarte pas tous les partenariats, « on peut faire des coopérations. C’est ce qu’on proposera ».

La question du partenariat ? Réponse claire et nette : « Il n’y a pas aujourd’hui de codéveloppement avec des pays étrangers. Par contre, c’est un standard et un avion – parce que l’avion sera un petit peu plus développé – qu’on pourra proposer à partir de 2035 à l’exportation », a précisé Éric Trappier.
Le patron de Dassault Aviation écarte aussi tout codéveloppement, « Pourquoi faire un regroupement capitalistique pour faire un avion si on sait déjà faire un avion avec un seul constructeur? ». Mais cela n’écarte pas tous les partenariats, « on peut faire des coopérations. C’est ce qu’on proposera ». Il faut dire que Dassault Aviation applique déjà ce modèle avec la société allemande OHB avec un partage à parts égales sur l’avion spatial Vortex. La même règle vaudra pour le chasseur français du futur.
En 2025, face à une question sur un avion de sixième génération construit sans partenaire, Éric Trappier répondait déjà « La réponse est oui« . Le PDG de Dassault Aviation vise « un démonstrateur, fondé sur les exigences françaises, qui pourrait voler en 2031 ou 2032 ».
Une stratégie française après l’échec du SCAF
La décision fait suite à l’abandon du Scaf. En juin 2026, la France a acté la fin de ce programme européen d’avion de combat du futur, après des années de blocage entre Dassault Aviation et Airbus. Le 22 juillet 2026,
Éric Trappier a enterré le dossier devant la presse, « C’est fini. C’est derrière nous ». Résultat, le Rafale F5 est la priorité de la France. Et pour cause, aucun autre programme ne garantit le renouvellement des forces aériennes françaises.
Le standard F5 promet un véritable bond technologique. On parle du radar AESA RBE2-XG, d’IA, d’un capteur optronique de nouvelle génération et du futur missile nucléaire hypersonique ASN4G. Le futur moteur délivrera environ 12 tonnes de poussée, 30 % de plus que le M88 qui propulse le Rafale. Safran mène ce chantier avec sa coentreprise EUMET, codirigée avec l’allemand MTU Aero Engines.

Un drone de combat furtif hérité du démonstrateur nEUROn accompagnera le chasseur dans les zones les plus défendues. Rappelons que la loi de programmation militaire consacre 11,7 milliards d’euros au programme Rafale. Le standard F5 en reçoit plus de 4 milliards. En 2033 et 2034, l’armée de l’Air sera livré de 20 Rafale à ce standard. Des livraisons décalées de deux ans, puisque la France mise sur un démonstrateur à 100 milliards et arbitre ses financements.
Le rapport parlementaire de Jean-Louis Thiériot et Yannick Chenevard fixe la priorité, « mise sur le renouvellement des capacités des Forces aériennes stratégiques avant 2035« . Le calendrier des Rafale Marine F5 sera « confirmé au lancement de la production des aéronefs au standard F5 ».
La souveraineté guide aussi l’architecture du futur avion. Le Rafale F5 gardera un cœur logiciel verrouillé, hors de portée des alliés. Devant le Sénat, Éric Trappier a défendu une architecture « archifermée », avec une explication directe : « Quand on fait une mission nucléaire, c’est la sécurité, ne pas se faire ‘hacker’. Donc, le système sera superfermé ».
Sauf que voilà, les alliés ont besoin d’échanger des données avec l’avion. Une seconde architecture plus ouverte sera utilisé lors de ces échanges, sans toucher aux systèmes sensibles.
Le Rafale F5 s’exportera chez les partenaires de la France
À partir de 2035, l’exportation se fera d’abord en Asie. L’Inde négocie 114 Rafale, le plus gros contrat de l’histoire du programme, et veut même construire le successeur du Rafale avec la France. Le 6 août 2026, Paris a remis une proposition détaillée, évaluée à environ 29 milliards d’euros par l’agence indienne ANI, avec 92 à 96 appareils assemblés en Inde.

Mais ce n’est pas tout puisque New Delhi discute aussi de 24 Rafale F5, avec un accord industriel qui prévoit des fuselages produits dans le pays par Tata Advanced Systems. Le Vietnam étudie l’achat de 24 à 40 appareils pour remplacer ses avions russes.
Les finances de Dassault Aviation sont solides pour ce programme. En 2025, le chiffre d’affaires a atteint 7,42 milliards d’euros et le 300e Rafale est sorti des chaînes. Et n’oublions pas que 26 appareils ont été livrés, au-delà de l’objectif annuel.
Le carnet de commandes monte à 46,6 milliards, avec 220 Rafale en attente. « Nous étudions la possibilité de produire cinq Rafale par mois », confiait Éric Trappier au Journal du Dimanche à propos des cadences futures. Devant l’université d’été du Medef, le patron de Dassault Aviation a résumé l’état d’esprit du secteur : « Les industriels français sont totalement engagés derrière leurs armées ».














Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.