Washington fait voler son F-16 avec une IA, l’Europe ne répondra qu’en 2040 alors que l’écart se creuse

Il s’agit d’une première pour l’aviation de combat des États-Unis. Une IA a piloté un avion de combat F-16 au-dessus de la Floride. Le pilote d’essai est resté dans le cockpit du F-16 pour reprendre la main en cas de problème. La DARPA et l’armée de l’air préparent des avions de combat autonomes avec cette technologie.

Sommaire
F-16 Venom IA
© Unsplash
  • Une IA a piloté un F-16 modifié au-dessus de la Floride, avec un pilote d’essai prêt à reprendre la main.
  • Le programme VENOM transforme six F-16C en bancs d’essai pour tester des logiciels d’autonomie en vol.
  • Les États-Unis visent des avions autonomes dès 2028, pendant que l’Europe reste freinée par le retard du SCAF et du GCAP.

La DARPA et l’armée de l’air des États-Unis ont annoncé ces essais menés depuis la base d’Eglin, en Floride. En juin, les F-16 modifiés ont volé avec des pilotes pour valider le matériel et les logiciels ajoutés. Puis en juillet, l’IA a pris le contrôle de portions entières du vol.

L’IA prend le contrôle du F-16 pour voler en toute autonomie

Mais alors comment ça marche pour activer cette IA ? C’est simple, le pilote bascule entre pilotage humain et par l’IA via un simple interrupteur. « Mettre l’avion en l’air est toujours une étape monumentale pour un programme d’essai complexe », explique Tim Stevens, pilote d’essai du 40e escadron. Tim Stevens parle d’années de conception par une équipe de centaines de personnes.

Il s’agit du programme VENOM, pour Viper Experimentation and Next-generation Operations Model. Le kit d’autonomie transforme six F-16C standard en avions d’essai pour les logiciels d’IA, sans prototype à construire.

F-16 Venom IA
© U.S. Air Force

En avril 2024, les trois premiers appareils sont arrivés à Eglin et le dernier a suivi un an plus tard. « Nous avons automatisé les commandes de vol et les capteurs d’un F-16 standard sans changer le logiciel central« , précise James Valpiani, général à la DARPA.

La conception du F-16 date des années 1970. Les escadrons d’essai et d’évaluation opérationnelle partagent la base d’Eglin. Une organisation qui accélère les retours des pilotes vers les développeurs du logiciel.

L’Europe est encore en retard sur les États-Unis

En 2023 et en 2024, l’avion d’essai X-62A VISTA a affronté un F-16 à pilote humain en combat rapproché. Une IA contrôlait ce X-62A VISTA. VENOM passe de cet appareil unique à des chasseurs classiques transformés. La suite s’appelle AIR, pour Artificial Intelligence Reinforcements, avec plusieurs agents d’IA testés en vol sur cette flotte.

Les prochains essais porteront sur le combat au-delà de la portée visuelle et sur les engagements à plusieurs appareils. Le 15 juillet 2026, le drone de combat YFQ-44A a tiré un missile AIM-120 sur une cible numérique. Un humain a autorisé ce tir au-dessus du désert de Mojave.

L’Europe a prévu une organisation identique dans ses programmes. Le SCAF franco-allemand associait un chasseur, des drones et un cloud de combat. Sauf que voilà, le chasseur commun est abandonné depuis le début de l’été et plusieurs piliers militaires survivent à la rupture entre Paris et Berlin.

Ce n’est que d’ici 2040 que l’Europe se lancera dans le pilotage via IA

La France avance seule sur le dossier des drones de combat. Dassault Aviation prépare un super-Rafale pour battre le chasseur F-35 à moindre coût, avec un drone de combat furtif en accompagnement. L’armée de l’Air attend ce renfort puisque ses 185 Rafale surutilisés ne suffisent plus. Le Rafale F5 arrivera avec ce drone de combat furtif pour ce rôle.

F-16 Venom IA
© U.S. Air Force

Le calendrier montre l’écart entre l’Europe et les États-Unis. D’ici 2028, les premiers avions autonomes entreront en service selon le calendrier du Pentagone. L’Europe attend 2040 pendant que le GCAP du Royaume-Uni, de l’Italie et du Japon patine comme le SCAF. La France fera tenir le Rafale jusqu’en 2060 sans compter sur le SCAF.

À Eglin, les essais continuent avec la flotte des six F-16. L’armée de l’air affinera les systèmes après chaque vol et augmentera la difficulté des essais. Pas de date pour la suite de ce programme étasunien.

Source : DARPA

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