La dissuasion nucléaire française est de retour à Luxeuil-Saint-Sauveur, en Haute-Saône. En 2011, la base aérienne 116 a perdu sa mission nucléaire. La base accueillera deux escadrons de Rafale F5 avec le missile hypersonique ASN4G. Le 25 juillet 2026, le ministère des Armées a notifié les premiers marchés de la relance de la base chiffrée à 1,5 milliard d’euros.

- La base aérienne de Luxeuil va retrouver une mission nucléaire avec deux escadrons de Rafale F5 et le missile hypersonique ASN4G.
- Les premiers marchés sont lancés pour un chantier à 1,5 milliard d’euros, avec des travaux dès 2027 et une arrivée des Rafale F5 vers 2032.
- La base doit devenir un pilier de la dissuasion française, avec près de 2 000 personnels et une mise en service complète prévue en 2036.
C’est par un communiqué que le ministère a officialisé cette résurrection pour que les marchés préparent les opérations d’infrastructure. En 2027, les premiers travaux débuteront. Le ministère classe ce projet parmi les plus structurants de la loi de programmation militaire en cours.
La France relance Luxeuil-Saint-Sauveur pour la dissuasion nucléaire
Rappelons que cette loi consacre 11,7 milliards d’euros au programme Rafale, dont plus de 4 milliards d’euros pour le F5. Le chantier de Luxeuil-Saint-Sauveur mobilisera entre 1 500 et 2 000 professionnels du bâtiment selon les phases. Les entreprises de construction et les bureaux d’études seront sollicités.
L’histoire nucléaire du site a duré 45 ans. De 1966 à 2011, la base a hébergé des armes nucléaires avec les Mirage IV puis les Mirage 2000N. En 2011, l’escadron La Fayette est parti à Istres et la base a frôlé la fermeture. Les élus locaux ont obtenu le maintien de la base avec l’arrivée des Cigognes et de leurs Mirage depuis Dijon.
Le 18 mars 2025, Emmanuel Macron a annoncé le retour de la dissuasion sur cette base. Luxeuil-Saint-Sauveur sera la quatrième base aérienne à vocation nucléaire, avec Saint-Dizier, Istres et Avord.

Le colonel Emmanuel Roux, commandant de la base, décrit l’ampleur des travaux. « C’est complètement hors norme », résume l’officier. La base compte une vingtaine de Mirage et assure la police du ciel. La piste de 2 400 mètres sera renforcée pour le Rafale, plus lourd que le Mirage.
Un site militaire historique depuis les années 50
Dans les années 1950, les hangars actuels ont été construits et le Rafale n’entre pas dedans. Le stockage des armes nucléaires exige des bâtiments et une protection spécifiques, avec la dimension cybersécurité en plus. « Il va falloir réaugmenter les dispositifs de sécurité et l’ensemble de l’infrastructure pour se mettre au point », précise le colonel Emmanuel Roux. De 2029 à 2032, les vols cesseront pour laisser la place aux engins de chantier.
Vers 2032, les premiers Rafale F5 se poseront en Haute-Saône. En 2036, le second escadron de Rafale F5 entrera en service pour une cinquantaine d’appareils au total. D’ici 2035, les effectifs doubleront pour atteindre près de 2 000 militaires et civils. Ce standard F5 dépasse la simple mise à jour. Le programme du F5 prévoit un moteur T-Rex avec 20 % de poussée en plus, un nouveau radar, de l’IA et un drone de combat furtif.
La raison de ce chantier, c’est un missile. Il s’agit de l’ASN4G pour Air-Sol Nucléaire de 4e génération développé par MBDA. Un missile hypersonique qui volera à plusieurs fois la vitesse du son et remplacera l’ASMPA-R actuel.
Le missile ASMPA-R vole sous les Rafale des forces aériennes stratégiques. Luxeuil-Saint-Sauveur sera la première base à recevoir ces Rafale F5 et de l’ASN4G. Cette mission nucléaire explique l’architecture archifermée voulue par Dassault Aviation sur le Rafale F5, avec un logiciel verrouillé contre le piratage.
Que prépare la France pour son futur militaire ?

En 2033, les premières livraisons du Rafale F5 sont attendues chez Dassault Aviation. Sauf que voilà, les Émirats arabes unis ont refusé de payer pour le Rafale F5 et la France assume seule une facture de 5 milliards d’euros. D’ici la fin de 2026, la Direction générale de l’armement notifiera le contrat de développement du standard. Après l’arrêt du SCAF, le Rafale tiendra jusqu’en 2060 dans l’aviation de combat française.
L’arsenal du Rafale F5 dépassera le nucléaire. Le standard aura le missile antiradar Stratus RS attendu pour 2033, une capacité perdue depuis 1997. Les Rafale F5 de Luxeuil-Saint-Sauveur seront biplaces, avec un pilote et un officier système d’armes pour la mission nucléaire.
Autour de la base, le territoire prépare son propre chantier. Le pic des travaux prévoit jusqu’à 900 camions par jour sur le site. Pendant l’arrêt des vols, ce territoire comptera environ 300 logements occupés en moins et 250 enfants en moins dans les écoles.
À partir de 2032, le retour des familles s’organisera dans des comités de pilotage entre l’État et les élus. En 2036, les deux escadrons voleront depuis la Haute-Saône avec le missile ASN4G à bord.
Source : Infos Dijon
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