En 1997, la France a perdu une capacité militaire majeure avec le retrait du missile AS.37 Martel. Le Rafale F5 de Dassault Aviation le fera renaître. Le 8 avril 2026, l’Assemblée nationale a publié l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire 2024-2030. Le texte confirme le retour de la capacité SEAD pour Suppression of Enemy Air Defenses.

- L’actualisation de la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 confirme le retour de la capacité SEAD dans l’aviation de combat française.
- Le Rafale F5 assurera cette mission avec le missile antiradar Stratus RS de MBDA.
- La capacité opérationnelle initiale est attendue pour 2033 et la pleine capacité pour 2035.
Le Rafale F5 en sera le porteur grâce au nouveau missile Stratus RS de MBDA. Pour rappel, le Martel équipait les Mirage F1-CT et les Jaguar A. En clair, la capacité SEAD sert à détruire les systèmes de défense anti-aérienne de l’ennemi. Les pilotes pourront frapper aussi bien les stations radar que les batteries de missiles sol-air.
Rafale F5 et missile Stratus RS, la France se réarme pour chasser les radars ennemis
La dernière opération française de ce type remonte aux vols au-dessus de l’ex-Yougoslavie. À l’époque, les premiers Rafale F1 n’avaient même pas encore rejoint la Marine nationale. Autant dire que le savoir-faire est à reconstruire de zéro. Les pilotes chevronnés du temps du Martel ont pris leur retraite.
Sauf que voilà, le Rafale F5 n’arrivera pas tout de suite. En 2033, sa capacité opérationnelle initiale verra le jour. En 2035, la pleine capacité prendra le relais. Le missile Stratus RS en version antiradar suivra le même calendrier. Les premières livraisons du chasseur et du missile correspondront donc. La pleine opérationnalité viendra un peu plus tard. Les essais préliminaires auront lieu sur Rafale F4, le standard actuel en production. Ces tests serviront à qualifier les briques techniques avant l’intégration définitive sur le F5.
Et pour cause, le Rafale F5 sera bien plus qu’une simple évolution. Il marque une rupture chez les chasseurs de génération 4.5. Le standard intègre des capacités de détection redoutables, une frappe nucléaire modernisée et une connectivité à l’IA. Un drone de combat furtif accompagnera l’avion. Le Stratus RS reste la brique offensive du dispositif.
Le développement du Rafale F5 coûtera environ 5 milliards d’euros à la France. Paris avait décroché un cofinancement de 3,5 milliards auprès des Emirats arabes unis. Mais le refus français de partager des technologies sensibles a fait capoter le financement émirati du Rafale F5. Paris se retrouve seul à payer la facture.
Mais ce n’est pas tout. Le Stratus est un programme franco-britannique développé sous le label FC/ASW. En septembre 2025, MBDA a changé le nom du programme pour Stratus. L’Italie est aussi partenaire.
La France renforce son armement aérien
Deux versions existent. Le Stratus LO est subsonique et furtif. Il remplacera les missiles de croisière SCALP-EG et les missiles antinavires AM.39 Exocet. Le Stratus RS est supersonique. La vitesse annoncée oscille entre Mach 3 et Mach 5. Sa propulsion repose sur un statoréacteur. Le missile sera aussi très manœuvrable pour percer les défenses modernes.
Le Stratus RS a une autre particularité. Il s’agit de la première munition MBDA conçue spécifiquement pour le Rafale F5 et son futur concurrent direct, le Typhoon Tranche 5. L’Aeronautica Militare italienne et la Royal Air Force britannique sont donc clientes de lancement. L’Armée de l’Air et de l’Espace complète la liste.
Dès 2026, les premiers essais du missile sont attendus selon MBDA. Au début des années 2030, la mise en service opérationnelle aura lieu. D’ici 2033, Dassault Aviation prépare en parallèle son standard F5 avec un nouveau radar, un moteur supérieur et un drone de combat d’accompagnement.
La France est dans une situation délicate
Mais il reste un problème. La Marine nationale n’a pas encore arbitré sa participation au dispositif SEAD. Rien ne dit si les Rafale M embarqués sur le Charles de Gaulle seront équipés du Stratus RS. La Marine pourrait se limiter au Stratus LO pour les missions antinavires.
L’équation est d’autant plus délicate que la France avance seule sur le Rafale F5 après l’abandon du financement émirati. Le contexte est lourd au moment où le programme européen SCAF traverse sa pire crise, les médiateurs n’ont pas trouvé de solution.
Les arbitrages budgétaires s’annoncent tendus pour le ministère des Armées. Le Rafale F5 et son missile Stratus RS restent pour l’instant la seule feuille de route claire de l’aviation de combat française.
Soit la France reste souveraine, soit elle cède et devient sous-traitant de l’Allemagne.
De Gaulle a fixé un cadre, une vision, L’Europe veut casser la France au profit de l’Allemagne.
Ça engendrerait trop de tension. Restons grand et indépendant.