SCAF : Dassault et Airbus ne s’entendent plus, la France doit maintenant trouver une autre voie

Le SCAF ne produira pas d’avion de combat franco-allemand commun. Le 18 avril 2026, la médiation entre Dassault Aviation et Airbus a échoué. Mais alors que reste-t-il à la France pour assurer sa défense aérienne ?

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Le 18 avril 2026, le quotidien allemand Handelsblatt a révélé que la médiation entre Dassault Aviation et Airbus sur l’avion de combat franco-allemand a échoué. Une source proche des négociations a confirmé à Reuters que le médiateur allemand a conclu qu’un avion commun n’est plus possible. En clair, la France a maintenant quelques options pour son futur chasseur. Et chacune a un prix.

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La France dans une impasse face à l’échec du SCAF

On parle du programme d’armement le plus ambitieux de l’histoire européenne, estimé à 100 milliards d’euros. En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel, chancelière allemande à ce moment, ont lancé le Système de combat aérien du futur pour SCAF. En 2019, l’Espagne a rejoint le programme.

Il s’agit d’un système complet qui regroupe le NGF, soit le chasseur de nouvelle génération, un cloud de combat, des drones et des capteurs de nouvelle génération. Sauf que voilà, l’arrivée de Madrid a renforcé le poids d’Airbus face à Dassault Aviation et fragilisé l’équilibre industriel fixé au départ. La France a déjà engagé 1,8 milliard d’euros dans ce programme.

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Le blocage tient à la gouvernance du NGF. Dassault Aviation, maître d’œuvre du chasseur, exige de piloter seul sa conception. Il faut dire que le NGF a pour contrainte l’emport de l’arme nucléaire et le décollage d’un porte-avions. Ces exigences imposent un chef unique, qui assume seul la responsabilité technique.

Airbus, qui représente les branches allemande et espagnole, refuse d’être au second rang. En mars 2026, les déclarations d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, sur la mort du SCAF si Airbus refusait de travailler avec Dassault avaient posé les conditions de l’avionneur français sans détour. La propriété intellectuelle et les règles de commande de vol ont aggravé ce blocage depuis 2023.

Mais ce n’est pas tout puisque l’escalade est venue aussi de la direction d’Airbus. Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space, a envoyé une lettre à Emmanuel Macron pour accuser Dassault Aviation de bloquer le programme. Michael Schoellhorn a déclaré que « deux avions séparés seraient une option viable. »

Airbus et Dassault se tirent dans les pattes

L’affaire de l’accusation de sabotage portée par Airbus contre Dassault dans une lettre à Emmanuel Macron marque la fin de toute confiance entre les deux industriels. Airbus représente les deux tiers du pilier NGF avec ses branches allemande et espagnole. Dassault n’en a qu’un tiers mais reste le seul maître d’œuvre. Cette asymétrie est au centre de toute l’impasse.

En Allemagne, la pression est venue aussi des partenaires sociaux. Jürgen Kerner, vice-président du syndicat IG Metall, a déclaré en décembre 2025 que Dassault Aviation a « perdu toute crédibilité en Europe. » Thomas Pretzl, président du comité d’entreprise d’Airbus, réclamait que Berlin quitte le programme et lance un chasseur national.

Et pour cause, Friedrich Merz, chancelier d’Allemagne, a lui-même déclaré que Berlin « n’a pas besoin du même avion que la France. » L’Allemagne a commandé des F-35A étasuniens pour remplacer ses Tornado vieillissants. Sur ce fossé stratégique, les revendications du syndicat allemand pour l’abandon du SCAF n’ont fait que l’élargir davantage.

Le 19 mars 2026, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont lancé une médiation conjointe. Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l’armement, et Frank Haun, ex-PDG de KNDS, ont accepté ce rôle difficile. La date butoir fixée par Berlin était la mi-avril.

La pression était forte sur le compromis que Dassault Aviation et Airbus avaient jusqu’à la mi-avril pour trouver. Bref, le 18 avril, les deux médiateurs ont rendu des rapports séparés. Le médiateur allemand a conclu qu’un avion commun n’est plus possible.

Pour rappel, au début du mois d’avril 2026, lors du forum Guerres et paix du Point, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a réaffirmé sa position. Éric Trappier déclarait ne pas être « un homme de cogestion » et donnait encore quelques semaines à Airbus. Depuis la crise de mars 2026, le refus de la cogestion par Éric Trappier et son ultimatum à Airbus résumait la position française depuis le premier jour du programme.

Quelles options restantes pour la France ?

Paris, Berlin et Madrid ont maintenant trois trajectoires. En termes de scénarios pour le SCAF, les trois options envisagées après l’échec de la médiation vont d’une rupture franche à une relance coopérative que personne ne juge réaliste. Entre les deux, deux avions séparés assortis d’un cloud de combat commun pour les drones et les logiciels.

En gros, c’est ce scénario intermédiaire qui garde la logique économique la plus acceptable pour les trois pays. La France ne lâche pas l’échéance de 2045 pour le renouvellement de sa force aéroportée de dissuasion nucléaire.

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Au total, la facture payée par la France pour le SCAF atteint 1,8 milliard d’euros pour zéro avion produit en dix ans. En parallèle, le Rafale F5 prend du retard et les Émirats arabes unis ont refusé de le financer, ce qui fragilise encore la capacité de Paris à porter seul deux programmes d’avions de combat.

L’option indienne reste sur la table. Des discussions ont eu lieu entre Paris et New Delhi sur un partenariat pour un avion de sixième génération. La question de l’Inde comme partenaire de remplacement de l’Allemagne sur le SCAF prend de l’importance à mesure que les scénarios franco-allemands se ferment.

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