« Une dernière tentative » : Dassault et Airbus ont jusqu’à mi-avril pour sauver le SCAF

Le gouvernement allemand pose un ultimatum. La France et l’Allemagne ont jusqu’à mi-avril 2026 pour trouver un accord sur le SCAF. Passé cette date, le programme sera (probablement) enterré. C’est un responsable gouvernemental allemand qui l’a confirmé à Reuters, le 19 mars.

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SCAF AIRBUS
© Tiraden

« L’Allemagne et la France se sont mises d’accord sur une dernière tentative de médiation entre les industriels, menée par des experts », déclare ce responsable. Il ajoute que « les décisions à venir sur le budget fédéral imposent un résultat d’ici mi-avril ». En gros, Berlin doit boucler son budget. Pas question de laisser traîner des milliards verrouillés pour un programme qui ne mène nulle part.

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Le SCAF en sursis, le projet pourrait tomber à l’eau

Cette annonce fait suite à une rencontre entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz, mercredi soir. Les deux dirigeants se sont rencontrés en marge du sommet européen des 19 et 20 mars à Bruxelles. Emmanuel Macron a qualifié le projet de « stratégiquement pertinent » et a promis de pousser les industriels vers un accord.

« Nous avons conjointement décidé de lancer une mission de rapprochement entre Airbus et Dassault dans les prochaines semaines, qui doit être menée de manière calme et respectueuse afin de trouver les bons chemins vers la convergence », a-t-il déclaré. En parallèle, l’Inde discute avec Paris pour un partenariat sur un avion de sixième génération si le SCAF s’effondre.

Sauf que voilà, le ton diplomatique ne cache pas la réalité. Le SCAF est au bord du gouffre depuis des mois. Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a déclaré que le programme « est mort » si Airbus refuse de travailler avec Dassault. Friedrich Merz dit ouvertement que Berlin « n’a pas besoin du même avion que la France ».

Pourquoi la France et l’Allemagne ne s’entendent pas ?

Le blocage porte sur la phase suivante du programme, celle du démonstrateur en vol. Dassault Aviation exige le contrôle de la partie avion de combat, jusqu’au choix des fournisseurs. En échange, l’avionneur français propose la même latitude à Airbus sur les segments où le groupe européen est déjà en tête. Airbus refuse et demande le maintien des accords existants qui prévoient une égalité entre partenaires.

Ce conflit dure depuis des années et la facture est salée. La France a déjà englouti 1,8 milliard d’euros dans le SCAF sans qu’un seul avion n’ait volé. Les 2 000 ingénieurs de Dassault Aviation à Saint-Cloud sont en sous-charge depuis le début de l’année.

SCAF
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On parle d’un budget total estimé à 100 milliards d’euros. Mais les besoins militaires des deux pays sont trop différents. Paris veut un avion capable de porter le nucléaire et de décoller d’un porte-avions. Berlin n’a besoin d’aucune de ces deux capacités. Ce fossé est au cœur du blocage depuis le début.

Un mois avant de savoir le SCAF, c’est de l’histoire ancienne

Berlin regarde vers les F-35 et le programme GCAP du Royaume-Uni, de l’Italie et du Japon. La France prépare en parallèle le Rafale F5 et un drone de combat furtif comme plan B. Et ce ne sont pas les seuls à prendre leurs distances. La Belgique s’est éloignée du programme. Quant à l’Espagne, Madrid croit toujours en ce projet.

Bref, cette médiation de la dernière chance doit aboutir en moins d’un mois. Si les experts n’arrivent pas à réconcilier Dassault Aviation et Airbus, le programme le plus ambitieux de la défense européenne sera mort. Et les milliards auront été jetés par les fenêtres. La mi-avril 2026 sera une date importante pour l’avenir de l’aviation de combat en Europe. Soit les deux camps trouvent un compromis sur la gouvernance du futur chasseur, soit chacun fait cavalier seul.

  • La France et l’Allemagne se donnent jusqu’à la mi-avril 2026 pour trouver un accord sur le SCAF.
  • Une médiation de la dernière chance est lancée entre Dassault Aviation et Airbus pour débloquer la gouvernance du programme.
  • Sans compromis rapide, le SCAF pourrait être abandonné alors que la France a déjà engagé 1,8 milliard d’euros.

Source : Reuters

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