Les centres de données exaspèrent les populations locales aux États-Unis et la colère est transpartisane. Que ce soit les républicains ou les démocrates, l’avis est le même à propos de ces sites polluants et bruyants. OpenAI en a conscience et s’est penché sur la question avant les élections de mi-mandat où la vague bleue l’a emporté sur le mouvement MAGA.

- OpenAI veut remplacer l’expression « centre de données » par « campus de calcul IA » pour améliorer l’image de ces infrastructures très contestées.
- Les oppositions locales explosent aux États-Unis, avec 36 collectivités ayant adopté des interdictions ou restrictions contre les centres de données.
- Face à ce rejet politique, OpenAI prépare déjà 2028 avec une nouvelle stratégie autour de l’IA, de l’emploi et des normes internationales.
Pour reprendre la main sur le débat autour de l’IA, Chris Lehane, responsable des affaires publiques mondiales chez OpenAI, prépare une offensive. OpenAI souhaite imposer l’expression « campus de calcul IA ». Un porte-parole explique que ce nom « décrit mieux l’échelle et le rôle des infrastructures que nous construisons pour l’IA ».
OpenAI veut faire oublier le terme « centre de données »
Rappelons que ces sites consomment beaucoup d’électricité et d’eau, mais produisent aussi un bruit incessant. Parmi eux, OpenAI participe au projet Stargate avec un centre de données dans le Michigan qui s’étendra sur plus de 100 hectares. Le coût de cette installation immense : 16 milliards de dollars. Après des mois de mobilisation, le conseil local a d’abord refusé le changement de zonage.
Ensuite, les promoteurs du centre de données ont attaqué la commune en justice puis le chantier a démarré suite à un accord. Si Stargate créera 450 emplois permanents selon les promesses, les riverains craignent évidemment pour l’eau, le réseau électrique et leurs terres agricoles.
OpenAI teste déjà sa stratégie. Dans la présentation de son programme Grid Protectors en Géorgie, l’expression “data center” n’apparaît que deux fois sur près de 900 mots. À la place, on trouve donc son remplaçant « compute campus ». La communication du laboratoire IA montre donc déjà que « centre de données » est remplacé par « campus de calcul IA ».
L’entreprise cherche à rassurer la population
Mais remplacer un mot ne changera pas la situation comme par magie. OpenAI tente de montrer patte blanche et promet « de payer les coûts que nous créons » pour le réseau électrique. Le laboratoire IA s’engage aussi à donner plus de poids aux communes.
En Géorgie, l’entreprise promet 80 millions de dollars à la communauté locale et jusqu’à 71 millions de dollars de crédits de formation pour les élèves. Mais est-ce que ces investissements massifs suffiront à faire oublier les conséquences des centres de données près des habitations ?
Le rejet populaire est énorme. Et le 3 novembre 2026, ce sont pas moins de 36 collectivités qui ont adopté des interdictions ou des restrictions pour les centres de données. Au Texas, en Ohio et en Géorgie, des candidats favorables à des moratoires et des réglementations plus dures ont remporté les élections au poste de gouverneur.
Les élections présidentielles de 2028 dans le viseur d’OpenAI
OpenAI se sent donc menacé par ce rejet politique de toutes parts et tente de faire passer la pilule avec son rebranding. Mais la population n’est pas dupe. Holly Elmore, qui dirige PauseAI US, estime que « les communautés qui les détestent ne seront pas dupées au point de croire qu’ils se sont transformés en autre chose ».
OpenAI sent que le vent tourne après deux années favorisées par la présidence de Donald Trump. Face à la vague bleue aux élections de mi-mandat, le laboratoire IA prépare la suite avec des propositions sur les garde-fous des IA de pointe, la formation professionnelle et des normes internationales.
Chris Lehane estime que « l’IA sera le sujet de 2028 » lors de la prochaine présidentielle étasunienne, qui signera la fin du dernier mandat possible pour Donald Trump.
Source : Axios















Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.