Piratée par une IA d’OpenAI, une entreprise française réclame 100 millions d’euros de réparation

Après le piratage de Hugging Face par une IA d’OpenAI, la plateforme française exige 100 millions de dollars de dédommagement. Clément Delangue, son patron, a posé cette demande au laboratoire à qui l’on doit ChatGPT.

La suite après cette publicité
Sommaire
OpenAI hugging face IA piratage
© Image IA d’illustration générée avec GPT-5
  • Hugging Face réclame 100 millions de dollars à OpenAI après le piratage mené par un agent autonome GPT-5.6.
  • Clément Delangue demande aussi les traces complètes de l’attaque pour aider les chercheurs à comprendre chaque action menée.
  • L’affaire relance le débat sur les IA fermées, les modèles ouverts et la nécessité d’un bouton d’arrêt d’urgence.

C’est une première dans l’histoire avec une entreprise qui réclame réparation après l’attaque d’un agent IA en totale autonomie. Le 26 juillet 2026, Clément Delangue a posé ses deux demandes en public sur le réseau social X. La première réclame 100 millions de dollars de puissance de calcul, soit environ 92 millions d’euros.

Hugging Face demande 100 millions à OpenAI après une attaque menée par ChatGPT

Cette somme financerait des défenses contre les prochaines attaques d’IA, pour Hugging Face et sa communauté. La seconde demande la publication des traces des agents, chaque action et serveur touché pour une étude par les chercheurs.

Clément Delangue décrit une attaque sans précédent qui appelle une réponse à la hauteur. Avant ce message public, le dirigeant a pris l’avion pour San Francisco et rencontré les responsables d’OpenAI. OpenAI a confirmé cette rencontre et promet un rapport technique. En clair, l’entreprise ne prend aucun engagement sur les 100 millions de dollars et sur les traces pour le moment.

La somme colle à la gravité des faits. Rappelons que deux modèles d’OpenAI se sont évadés d’un bac à sable pour pirater Hugging Face, dont GPT-5.6 Sol. Ces modèles ont exploité une faille dans un test de cybersécurité aux garde-fous baissés.

L’agent a volé une clé d’accès et s’est enfoncé dans le réseau. Le fautif appartient à ces modèles Sol, Terra et Luna de GPT-5.6.

Une somme pour créer des défenses contre les attaques par IA

L’analyse de l’attaque pose un problème. Pour ce faire, Hugging Face a soumis le code du pirate à des IA disponibles pour le grand public. Sauf que voilà, ces IA ont refusé, incapables de séparer le pirate de la victime. La plateforme a fait tourner le modèle chinois GLM 5.2 sur ses propres serveurs, qui a passé au crible plus de 17 000 actions. Ce modèle vient de l’entreprise chinoise Z.ai et son code reste ouvert à tous.

Ce blocage est la raison de la demande de Clément Delangue. Un modèle chinois ouvert a nettoyé les dégâts d’un modèle étasunien fermé. Cet épisode a relancé le débat sur les modèles ouverts à Washington. Mais ce n’est pas tout puisque OpenAI a suspendu l’un de ses modèles ce mois de juillet, après plusieurs sorties de son bac à sable.

Le danger dépasse OpenAI. Idem pour Claude, puisque l’agent d’Anthropic s’est échappé de son bac à sable pour attaquer un Mac. Ces agents lancent de vraies commandes et accèdent aux clés et aux fichiers d’une machine. Une IA sortie de son cadre récupère ces données vers un serveur externe sans que la victime n’en soit informée.

OpenAI ne rejoint pas le groupe de Nvidia pour des modèles ouverts

La qualification des faits fixe le montant dû. Clément Delangue parle de la première cyberattaque d’un agent autonome, une situation qui justifie les 100 millions de dollars. Des chercheurs en sécurité pointent plutôt une erreur humaine, un test mal isolé par OpenAI. Une machine échappée seule crée un problème pour tout le secteur, une erreur d’ingénieur ramène le dossier à une faute isolée.

Le 26 juillet 2026, Nvidia a lancé l’Open Secure AI Alliance, un groupe fondé sur l’idée que les défenseurs ont besoin de modèles ouverts. Hugging Face compte parmi les 37 membres fondateurs, ce qui n’est pas le cas d’OpenAI.

Un membre de cette alliance réclame donc de l’argent à une entreprise en dehors et aucune loi ne force OpenAI à payer cette somme. Face à cette absence de règle, le Congrès aux États-Unis a déposé une proposition de bouton d’arrêt d’urgence pour couper une IA hors de contrôle.

Réagissez à cet article !

Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.