La radio pourrait disparaître de votre voiture, les stations françaises lancent l’alerte

Les radios françaises lancent l’alerte face aux voitures qui pourraient abandonner la FM et le DAB+. Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales demandent une obligation pour que tout le monde ait un accès direct et gratuit à la radio. La concurrence est forte avec les plateformes en ligne et certains véhicules ne proposent même plus de récepteur hertzien.

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France Inter autoradio radio
© Unsplash / Montage BuzzArena
  • Les radios françaises veulent obliger les voitures neuves à conserver la FM et le DAB+ pour garantir un accès gratuit à la radio.
  • Le cadre européen actuel permet encore aux constructeurs de vendre des voitures sans récepteur hertzien, notamment en misant uniquement sur les services en ligne.
  • Les radios mettent aussi en avant la sécurité civile, puisque la diffusion hertzienne peut continuer à fonctionner quand les réseaux mobiles tombent en panne.

C’est cette semaine que Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales ont publié leur communiqué dans lequel ils appellent l’ensemble du secteur de la radio “à garantir l’accès direct et gratuit à la radio hertzienne dans les véhicules”.

La radio française alerte sur leur disparition dans les voitures

Depuis un moment, des constructeurs automobiles d’Amérique du Nord ou chinois lancent des voitures sans aucun récepteur FM ou DAB+, ou alors la radio est proposée, mais sous forme d’option payante. La faute au cadre européen qui a une faille : il impose la réception du DAB+ dans les voitures neuves équipées d’un autoradio.

Sauf que voilà, rien n’oblige un constructeur automobile à l’installer. Alors une voiture qui ne passe que par des plateformes en ligne échappe donc à la règle de l’Europe. Une faille Code européen des communications électroniques bien documentée : l’obligation actuelle concerne les véhicules déjà équipés d’un récepteur radio.

Les radios françaises en ont donc marre de cette faille largement exploitée par les constructeurs automobiles et attaquent dans le cadre du Digital Networks Act discuté au niveau européen. 

En France aussi, les lignes bougent. En juin dernier, Laurent Lafon a déposé une proposition de loi sur la modernisation de la radio. Dans l’article 2, il est demandé que les voitures neuves pour les particuliers aient la FM et les services de radio numérique terrestre.

Le texte prévoit bien que les véhicules neufs concernés soient obligatoirement équipés pour la radio hertzienne en FM. C’est le 13 octobre prochain que le texte sera débattu en séance publique et les radios demandent à ce que le gouvernement soutienne l’article 2 sans réduire sa portée.

Plusieurs gros enjeux pour les radios françaises

L’enjeu est énorme d’un point de vue économique. En 2025, 37% de l’audience de la radio provenait encore de la voiture, selon Médiamétrie. Constance Benqué, présidente de l’Alliance de la Radio, déclare : “L’accès des Français à la radio ne peut pas dépendre d’un accord commercial entre un constructeur automobile et une plateforme de streaming. C’est au législateur de le garantir.” Précisons aussi qu’au premier semestre 2026, les recettes publicitaires de la radio ont reculé de 3,5%.

Et puis il y a aussi la sécurité civile à prendre en compte en termes d’importance de la radio. Lors de la panne électrique en Espagne en avril 2025, une grande partie des réseaux mobiles furent coupés après l’épuisement des batteries de secours, mais la diffusion hertzienne a continué à partager des informations. 

Sibyle Veil, présidente de Radio France, analyse : “Quand tout s’arrête, la radio reste. Une voiture sans récepteur est un angle mort de la sécurité civile.” Et cela peut donc arriver en France aussi, puisqu’à l’été 2026, les incendies en Gironde ont endommagé près de 80 kilomètres de fibre et 1 200 poteaux.

Un moyen gratuit et accessible d’accéder à l’information

La radio française défend donc un moyen d’information accessible gratuitement sans aucune connexion mobile et sans compte sur une plateforme. Les Locales résument leur position : “La radio associative, c’est de la communication sociale de proximité, un maillage territorial que rien d’autre ne remplace.”

Alors oui, pour les constructeurs, le retrait du récepteur hertzien simplifie l’équipement multimédia pour pousser leurs services connectés. Sauf que pour la radio, on trouve des conséquences au niveau de leur audience, de leur indépendance face aux plateformes et de l’accès à l’information lors d’une crise.

Le Sénat et les discussions européennes devront donc trancher et les radios françaises alertent sur la situation.

Source : Radio France

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