La police n’a plus besoin de vous arrêter : la vidéo-verbalisation gagne du terrain en France

La vidéoverbalisation progresse comme jamais en France. Désormais, une infraction peut être constatée par caméra sans même qu’un policier ne vous arrête sur la route. Il y a désormais plus de 530 zones concernées dans le pays.

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© Unsplash
  • La vidéoverbalisation s’étend fortement en France, avec plus de 530 zones où des agents peuvent sanctionner à distance grâce aux caméras.
  • Smartphone au volant, feu rouge, stop, voie réservée ou priorité aux piétons font partie des infractions pouvant être constatées sans contrôle sur place.
  • À Paris, environ 100 000 amendes ont déjà été dressées en un an sur la voie de covoiturage du périphérique grâce à ce dispositif.

Rappelons tout d’abord ce qu’est la vidéoverbalisation puisqu’elle n’a aucun rapport avec les radars automatiques. Une caméra de vidéoprotection filme la voie publique et un agent habilité regarde les images à distance dans un centre de supervision. Si l’agent constate une infraction, il note la plaque et dresse le procès-verbal. Le conducteur découvre donc sa sanction plusieurs jours après, quand elle atterrit dans la boîte aux lettres.

La vidéo-surveillance sanctionne jusqu’à 62 types d’infractions

Et il y a énormément de comportements verbalisés par cette vidéosurveillance. Le Code de la route autorise notamment cette technologie pour le smartphone en main, l’absence de ceinture, une voie réservée empruntée sans autorisation, un feu rouge, un stop, un sens interdit ou une ligne continue franchie.

Parmi les autres cas qui peuvent être sanctionnés par la vidéoverbalisation, il y a certaines règles de déplacement, la priorité aux piétons, le casque à moto et la circulation sur une bande d’arrêt d’urgence.

En 2024, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière comptait 62 types d’infractions que peuvent verbaliser les policiers municipaux via la vidéoverbalisation. Les avis suite à une vidéoverbalisation représentaient 7,1 % de toutes les contraventions émises par la police. Bref, c’est une technologie bien installée en France.

La sanction est toujours la même par rapport à l’infraction. Pour un smartphone en main, c’est 135 euros d’amende et jusqu’à trois points en moins sur le permis de conduire. Même somme pour un feu rouge, un stop grillé avec quatre points possiblement retirés. Le refus de priorité face à un piéton peut retirer six points.

La vidéoverbalisation ne crée donc pas de nouvelles sanctions mais permet à un agent de constater une infraction à distance lorsqu’elle est inscrite dans le Code de la route.

400 communes qui utilisent déjà la vidéo-verbalisation

Mais cette technologie pose une question en termes d’identification du conducteur verbalisé. Si le titulaire de la carte grise conteste et que son identité n’est pas établie dans le cas de la verbalisation, il peut être condamné au paiement de l’amende mais sans le retrait de points. La situation dépend du dossier de la procédure.

En juin 2026, plus de 400 communes utilisaient déjà la vidéoverbalisation. En Île-de-France, Coyote recense plus de 160 zones. À noter qu’une zone peut couvrir une rue, plusieurs axes ou une partie entière d’une ville. Il ne s’agit pas seulement d’une seule caméra à un endroit.

Paris est un exemple qui montre jusqu’où la vidéoverbalisation peut aller. En mai 2026, la ville a annoncé environ 100 000 amendes dressées en un an sur la voie réservée au covoiturage sur le périphérique. Les agents utilisent les images pour vérifier les véhicules qui circulent seuls sur cette voie. La mairie envisage même d’étendre le contrôle à tout l’anneau routier.

À la fin, l’humain a toujours la décision finale de sanctionner

La vidéoverbalisation ne décide pas seule de sanctionner. La CNIL rappelle qu’un agent habilité regarde les images puis constate lui-même l’infraction. Les communes qui utilisent les réseaux de vidéoprotection et déploient cette technologie passent par une autorisation préfectorale.

Et en parallèle, les radars automatiques progressent eux aussi. Bref, désormais, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de policier dans votre rétroviseur qu’une infraction passe inaperçue. En plus des radars, il y a désormais de la vidéoverbalisation et ça ne risque pas de s’arrêter là.

Désormais, une infraction très courante en ville, comme regarder son smartphone ou mordre sur une voie réservée, peut être sanctionnée à distance sans aucun policier sur place.

Source : Coyote

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