OpenAI s’apprête à lancer un navigateur web révolutionnaire, boosté à l’IA. La start-up de Sam Altman défie la domination de Google avec Chrome. D’après trois sources proches du dossier interrogées par Reuters, il s’agit d’un projet ambitieux qui pourrait radicalement changer la navigation web dans les semaines à venir.

OpenAI a de grandes ambitions et prépare même la transformation de ChatGPT en “super assistant”. Mais la start-up ne s’arrête pas là, puisqu’elle prépare un navigateur web avec des capacités IA intégrées. Contrairement à un Google Chrome, par exemple, qui redirige vers des sites web, la solution d’OpenAI conserverait des interactions dans une interface de chat similaire à ChatGPT, qui prépare sa version GPT-5, pour une expérience plus fluide et intuitive.
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OpenAI réplique face à Chrome avec son propre navigateur
L’enjeu commercial est colossal pour OpenAI. Et pour cause, la start-up pourrait accéder directement aux données de navigation de ses 40 millions d’utilisateurs hebdomadaires ChatGPT. Et les informations personnelles, les entreprises en raffolent pour nourrir les modèles. La base d’utilisateurs de la start-up est donc une menace sérieuse pour l’empire publicitaire de Google, dont Chrome est un pilier essentiel pour collecter des informations garantissant un ciblage publicitaire précis et rentable.
Chrome domine actuellement le marché avec plus de trois milliards d’utilisateurs et détient plus des deux tiers du marché mondial selon StatCounter. Safari, la solution d’Apple, est en deuxième position avec à peine 16 % de part de marché. Chrome domine donc la concurrence, et la publicité alimente Alphabet et représente trois quarts de ses revenus.
Le navigateur d’OpenAI est donc dans une logique de stratégie d’expansion pour intégrer l’IA à la vie personnelle et professionnelle des internautes. La start-up pourrait intégrer directement des agents IA autonomes comme Operator pour une exécution automatisée des tâches complexes. Operator pourrait donc utiliser ce navigateur pour agir et effectuer des tâches comme la réservation de tables, remplir des formulaires ou autres tâches administratives.
La concurrence s’intensifie dans ce secteur émergeant. The Browser Company, Brave et Perplexity ont aussi lancé leurs propres navigateurs boostés à l’IA. Perplexity a dévoilé sa solution Comet. Toutefois, sur un plan technique, le navigateur d’OpenAI utilise Chromium, le code source ouvert de Google Chrome, selon des sources proches du dossier. Une base technique qui est aussi utilisée par Microsoft Edge et Opera pour une compatibilité étendue, tout en ajoutant ses propres spécificités.
Un plan de longue date dans les cartons d’OpenAI
OpenAI a recruté deux anciens vice-présidents de Google, membres de l’équipe originelle de Chrome. Des recrutements révélés par The Information qui confirment les ambitions de longue date de la start-up dans ce domaine. Un cadre de l’entreprise a même témoigné en avril de l’intérêt de l’entreprise pour acheter Chrome si les autorités antitrust imposaient sa vente.
Pour rappel, le ministère de la Justice américain réclame la cession de Chrome. Un juge a établi le monopole illégal de Google sur la recherche en ligne. La firme de Mountain View conteste cette décision et fait appel, refusant pour l’instant de proposer son navigateur à la vente.
OpenAI a donc choisi de développer son propre navigateur au lieu d’un simple plug-in pour garder le contrôle total sur les données collectées. Une stratégie qui prouve que la collecte et le traitement des informations utilisateurs dans l’écosystème IA sont très importants. D’où le fait que Meta AI demande à se servir dans les données de ses membres.
Source : Reuters
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