Google fait scandale avec Chrome, une IA de 4 Go s’installe sur votre PC sans autorisation

Google Chrome installe un fichier de 4 Go sur votre PC sans votre autorisation. Le navigateur télécharge automatiquement les poids de Gemini Nano dès que la configuration de votre PC remplit les conditions. Il s’agit du petit modèle de langage maison de Google. Il n’y a pas de notification et la suppression manuelle est inutile. Google Chrome réinstalle les 4 Go à chaque lancement.

Sommaire
Chrome Google Gemini Nano
© Image IA d’illustration générée avec GPT-5
  • Google Chrome télécharge automatiquement un fichier de 4 Go contenant les poids de Gemini Nano dès que le PC remplit certaines conditions.
  • Selon une enquête publiée le 6 mai 2026 par Alexander Hanff, le fichier se réinstalle automatiquement à chaque lancement de Chrome même après suppression manuelle.
  • Le chercheur estime que cette pratique pourrait poser problème en Europe au regard de la directive ePrivacy et du RGPD.

Le 6 mai 2026, Alexander Hanff, chercheur spécialiste des questions de vie privée, a publié son enquête sur son blog That Privacy Guy. Il a installé un profil Chrome neuf sur macOS pour analyser le comportement du navigateur. Le résultat fut immédiat.

Chrome installe une IA cachée sur votre PC, sans rien vous demander

Au bout de 14 minutes, Chrome a créé un dossier appelé OptGuideOnDeviceModel et téléchargé un fichier weights.bin de 4 Go. Il n’y a besoin d’aucune action de l’utilisateur pour déclencher cette installation. Ce fichier contient les poids de Gemini Nano.

Pour rappel, Gemini Nano équipe les Pixel et fait tourner les fonctionnalités IA en local sur les smartphones de la firme de Mountain View. Sauf que voilà, sur Chrome, ce modèle n’alimente pas le bouton « AI Mode » affiché dans la barre d’adresse depuis Chrome 147. L’IA envoie chaque requête vers les serveurs de Google. Le modèle local sert pour la fonctionnalité « Help me write », les résumés de page, la détection de phishing et quelques options des menus contextuels.

Mais alors quelles sont les conditions pour que ce téléchargement ait lieu ? La documentation officielle de Chrome détaille les prérequis. On parle de 22 Go d’espace disque libre, de 16 Go de mémoire vive, d’un processeur à 4 cœurs ou d’un GPU avec plus de 4 Go de VRAM. Une connexion non limitée est aussi obligatoire. Mais ce n’est pas tout puisque cette documentation ne dit pas que le téléchargement se déclenche seul.

L’Europe pourrait s’en mêler

Le pire, c’est que la suppression manuelle est inutile. Si vous effacez le fichier weights.bin, Chrome le réinstalle silencieusement à la session suivante. Les utilisateurs Windows sont les premiers à avoir remarqué ce comportement quand leur disque s’est rempli sans raison apparente. Pour rappel, Chrome représente environ 65 % des parts de marché mondial des navigateurs. On parle donc de millions d’utilisateurs concernés.

Pour l’Europe, la situation pose un vrai problème. Alexander Hanff estime que cette pratique pourrait enfreindre l’article 5(3) de la directive ePrivacy. Ce texte concerne le stockage d’informations sur le terminal d’un utilisateur. On parle des cookies ou des traceurs.

Il exige un consentement préalable, sauf exceptions. Selon le chercheur, le téléchargement d’un modèle d’IA ne fait pas partie de ces exceptions. Le RGPD pourrait aussi entrer en jeu. Cette polémique tombe au pire moment pour Google. La firme est déjà attaquée pour collecter de plus en plus de données privées avec Gemini sur les smartphones.

Chrome enchaîne les polémiques depuis peu

L’écart est gigantesque par rapport aux débuts du navigateur. En 2008, la toute première version stable de Chrome pesait 8,4 Mo pour son installeur. Cette nouvelle polémique s’ajoute à une longue liste pour Google qui bloque les bloqueurs de publicités sur Chrome avec le passage à Manifest V3.

Les utilisateurs qui souhaitent éviter cette installation forcée ont la possibilité de se tourner vers des alternatifs comme Vivaldi ou Firefox sans installation cachée d’IA. De plus en plus d’Européens se tournent d’ailleurs vers Vivaldi, alternative européenne à Chrome face à ces dérives. Bref, la firme de Mountain View transforme son navigateur en plateforme IA sans demander l’avis de ses utilisateurs. Reste à voir si la Commission européenne réagira à cette affaire.

Source : Alexander Hanff

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