L’IPTV illégale Noos+ n’est plus. Les gendarmes du C3N ont démantelé ce réseau pirate qui donnait un accès à Canal+, beIN Sports et Ligue 1+ pour 7 euros par mois à 250 000 abonnés . La gendarmerie a interpellé dix personnes en France et arrêté le fondateur présumé en Belgique.

- Les gendarmes du C3N ont démantelé Noos+, un réseau IPTV pirate suivi par 250 000 abonnés.
- Dix personnes ont été interpellées en France, le fondateur présumé arrêté en Belgique et 20 serveurs coupés.
- Les enquêteurs évoquent plus de 12 millions d’euros de bénéfices et 1,4 million d’euros d’avoirs saisis.
Le 2 juin 2026, les cyberenquêteurs du Centre de lutte contre les criminalités numériques ont frappé sous l’autorité du parquet de Paris. Les enquêteurs ont mené dix interpellations sur le territoire français au cours de la même journée.
À lire : Voici notre sélection des meilleures IPTV en 2026
Noos+, le réseau pirate à 12 millions d’euros tombe sous les coups du C3N
Le fondateur présumé est un ressortissant italien, que les autorités ont arrêté en Belgique. Les 20 serveurs qui alimentaient Noos+ ont été coupés dans la foulée. Ils étaient hébergés en France et ailleurs en Europe.
Résultat, les 250 000 abonnés ont perdu l’accès du jour au lendemain. Après une quarantaine d’heures de garde à vue, tous les suspects ont été remis en liberté, dans l’attente de l’expertise de leur matériel. Les investigations se poursuivent et de nouvelles convocations restent possibles.
Le réseau fonctionnait comme une véritable entreprise. La tête présumée s’appuyait sur des informaticiens de haut niveau, alors que d’autres membres géraient le site et les revendeurs au quotidien. Les bénéfices de Noos+ atteignent plus de 12 millions d’euros sur cinq ans, selon les enquêteurs.
La perquisition a permis la saisie de près de 1,4 million d’euros d’avoirs criminels. On parle de cryptomonnaies, de comptes bancaires, d’argent liquide et de biens de valeur. En 2024, le groupe Canal+ a déposé la plainte à l’origine de l’enquête.
Un long combat des autorités contre les IPTV illégales
Le diffuseur mène une offensive de longue haleine et a déjà obtenu que des VPN bloquent seize sites pirates de Premier League. La gendarmerie pointe le recours à des « mécanismes de blanchiment sophistiqués qui nécessitent des capacités d’investigation de haut niveau ».
Mais ce n’est pas tout puisque la justice ne vise plus seulement les têtes de réseau. En mars 2026, le parquet d’Arras a identifié 19 abonnés d’un service pirate et leur a infligé des amendes de 300 à 400 euros. Une première en France contre de simples utilisateurs. La même juridiction a déjà prononcé un an de prison contre deux revendeurs.
Il faut dire que la loi française assimile l’abonnement à une offre illégale à du recel de contrefaçon, passible de cinq ans de prison et de 375 000 euros d’amende.
La pression judiciaire monte partout en Europe. En mai 2025, l’Italie a sanctionné 2 282 abonnés d’une amende de 154 euros, et la Grèce a frappé 13 000 utilisateurs avec 750 euros chacun. En juin 2025, le Sénat a durci les textes, avec des peines jusqu’à 750 000 euros pour les réseaux organisés.
De lourdes peines de sanction contre les gérants
Les promoteurs sur les réseaux sociaux risquent un an de prison, et les récidivistes en bande organisée jusqu’à sept ans. Au Royaume-Uni, la justice est allée jusqu’à 11 ans de prison pour un patron du piratage. La Ligue de Football Professionnel a salué un « signal fort ».
Sauf que voilà, la répression bute sur l’ampleur du phénomène. Plusieurs millions de foyers utilisent une IPTV pirate en France, et poursuivre chaque abonné reste hors de portée. La stratégie vise donc à dissuader, avec des sanctions ciblées sur quelques utilisateurs.
Au-delà du risque pénal, certains services cachent un vrai danger, comme cette IPTV qui diffusait un malware. Tant que les abonnements légaux resteront aussi chers, la demande ne faiblira pas.
Source : Le Parisien
Réagissez à cet article !