IPTV illégale : Canal+ fait tomber 16 sites pirates d’un coup, les VPN dans le viseur dès maintenant !

La lutte contre le piratage sportif en France prend un nouveau virage avec une décision du tribunal judiciaire de Paris. Le 14 janvier 2026, NordVPN et Surfshark ont été sommés de bloquer 16 sites illégaux pour les utilisateurs français.

Sommaire
Canal+ IPTV
© Image IA d’illustration générée avec Gemini

Ces plateformes retransmettent illégalement les matchs de Premier League alors que plusieurs gros sites sont tombés en quelques jours avec l’opération Switch Off de l’Italie. Il s’agit donc d’une victoire majeure pour Canal+, détenteur exclusif des droits de diffusion du championnat anglais dans l’Hexagone.

À lire : Voici notre sélection des meilleures IPTV en 2026

NordVPN et Surfshark perdent face à Canal+, 16 sites illégaux bloqués

Cette décision s’inscrit dans une offensive juridique qu’a lancée Canal+ depuis plusieurs mois. En mai 2025, la chaîne cryptée a documenté l’ampleur du phénomène avec l’ALPA, organisme spécialisé dans la lutte antipiratage. Les procès-verbaux des 19 et 20 mai montraient des dizaines de plateformes qui retransmettaient illégalement les rencontres du championnat de Premier League. Pourtant, Canal+ débourse environ 100 millions d’euros par an pour cette exclusivité.

Voici les 16 sites illégaux qui ont été bloqués par la justice française sur demande de Canal+ :

  • abbasport.online
  • antenaplanet.store
  • antenawest.store
  • daddylive.dad
  • foot22.ru
  • miztv.top
  • tous-sports.ru
  • andrenalynrushplay.cfd
  • vidembed.re
  • bleedfilter.net
  • alldownplay.xyz
  • catchthrust.net
  • 4kultramedia.fr
  • smart.stella.cx
  • franceiptvabonnement.fr
  • slayvision.xyz

Ce sont quatre sociétés du groupe Canal qui sont passées à l’offensive : Canal+ Rights, Canal+ Thématique Sport, la société d’édition Canal+ et le groupe Canal+. C’est le 23 septembre 2025 qu’une ordonnance leur a permis d’utiliser une procédure accélérée. Les assignations ont ensuite été délivrées à la fin du même mois aux sociétés NordVPN S.A. et Surfshark B.V., basées aux Pays-Bas, mais aussi à Surfshark Ltd, qui est domiciliée aux Îles Vierges britanniques.

Désormais, Canal+ ne court plus après les sites pirates dans des juridictions inaccessibles, mais s’attaque aux VPN qui permettent d’y accéder. Pour rappel, ces outils sont aussi dans le viseur du gouvernement qui, dans sa lutte pour empêcher les mineurs d’accéder aux réseaux sociaux en contournant la limite d’âge, évoque aussi les VPN.

Devant le tribunal, les fournisseurs de VPN ont tenté de se défendre. Les avocats de NordVPN et Surfshark ont contesté leur statut d’intermédiaire technique au sens du droit européen. Leur argument principal : pour bloquer certains sites, il faudrait surveiller ce qu’en font leurs clients en ligne.

Sauf que toute la promesse commerciale de ces sociétés repose justement sur le contraire. Ces plateformes n’espionnent ni n’enregistrent jamais la navigation internet de leurs clients. Une politique appelée « no-log » qui est leur principal argument de vente.

Les VPN ont aussi invoqué le principe du pays d’origine inscrit dans la directive européenne sur le commerce électronique. Selon eux, imposer un blocage géographique ciblé sur la France est une entrave à la libre circulation des services numériques. Pour NordVPN et Surfshark, mettre en place un tel filtrage pour l’Hexagone seulement serait trop complexe, coûteux, voire impossible sans toucher à toute leur activité à l’échelle mondiale. Mais le tribunal n’a pas été convaincu par ces arguments.

La justice rejette totalement la défense des VPN

Dans sa décision longue de 18 pages, la vice-présidente adjointe Anne-Claire Le Bras a rappelé le cadre légal applicable. L’article L. 333-10 du code du sport autorise la justice à contraindre « toute personne susceptible de contribuer » à stopper les atteintes aux droits sportifs. Les VPN font transiter des données qui permettent d’accéder aux sites pirates. Ils sont donc directement concernés.

Canal+ IPTV
© Unsplash

Sur la conformité au droit européen, le tribunal estime qu’il s’agit d’un litige entre particuliers et pas entre un citoyen et l’État. Dans ce contexte, les directives européennes n’écartent pas l’application de la loi française. Le juge a cité la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne pour appuyer son raisonnement, notamment le règlement DSA qui mentionne les VPN parmi les intermédiaires susceptibles d’être visés par des injonctions.

Pour l’argument de non-conservation des données, le tribunal a tranché. Les engagements envers le client ne priment pas sur les droits des ayants droit qui sont touchés par ce piratage. Le blocage ordonné n’implique pas une surveillance ou un stockage permanent des données des utilisateurs, seulement une interdiction d’accès depuis le territoire français.

NordVPN et Surfshark ont eu trois jours à compter de la notification du jugement pour mettre en place le blocage de ces 16 sites identifiés. La mesure restera active jusqu’au 24 mai 2026, dernier jour de la saison de Premier League. Elle concerne toute la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer, à l’exception de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna et de la Polynésie française où la loi ne s’applique pas.

Canal+ renforce son arsenal contre les diffuseurs illégaux

Les VPN ont pu choisir en toute liberté leur méthode pour ce blocage. Seule concession pour NordVPN et Surfshark : le tribunal ne publiera pas le jugement sur leurs sites web. Selon les autorités, ce serait une mesure disproportionnée et potentiellement dommageable pour leur image.

NordVPN canal+ IPTV
© Envato

Mais la décision confirme que Canal+ pourra signaler de nouveaux sites pirates à l’ARCOM, qui seront automatiquement bloqués par les VPN selon la même procédure. Une arme redoutable qui permettra de neutraliser les sites miroirs au fur et à mesure de leur apparition. Pour rappel, Canal+ a déjà obtenu des victoires similaires contre les fournisseurs d’accès internet en 2022. Mais aussi contre ceux qui proposent des DNS alternatifs comme Google, Cloudflare et Cisco. En 2025, ce sont les services CDN et proxy qui ont été visés.

L’étau se resserre donc autour des pirates et regarder via une IPTV illégale en toute impunité ne sera plus aussi facile en France. Alors pour les utilisateurs de VPN qui pensaient continuer à visionner gratuitement les matchs de Premier League, la situation est bien plus compliquée. Certes, il existe des dizaines d’autres VPN sur le marché et des méthodes alternatives. Mais cette jurisprudence ouvre la voie à de nouvelles assignations. Les VPN ne seront plus un refuge pour contourner les restrictions. Le message est passé.

  • Le 14 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Paris ordonne à NordVPN et Surfshark de bloquer 16 sites pirates de Premier League en France.
  • Canal+ obtient cette décision via l’article L. 333-10 du code du sport, le juge considère que les VPN peuvent “contribuer” à faire cesser l’atteinte sans surveillance des utilisateurs.
  • Le blocage doit être mis en place sous trois jours et reste valable jusqu’au 24 mai 2026, fin de saison, avec extension possible à d’autres sites via l’ARCOM.

Réagissez à cet article !