Depuis le 18 mai 2026, Roland-Garros sert de test grandeur nature pour un nouveau mécanisme de blocage IP des sites pirates. L’Arcom, les fournisseurs d’accès et les ayants droit couperont l’accès aux serveurs sources d’IPTV pirate pendant le tournoi, en direct.

- Depuis le 18 mai 2026, Roland-Garros sert de test pour un blocage IP en direct des serveurs d’IPTV pirate par l’Arcom, les FAI et les ayants droit.
- Le tribunal judiciaire de Paris a déjà ordonné le blocage de 21 adresses à la demande de la Fédération Française de Tennis.
- Le dispositif sera ensuite étendu à la Coupe du Monde 2026 avec un objectif de coupure des flux pirates en quelques minutes.
À noter que la même mécanique sera étendue à la Coupe du Monde de football. Le tribunal judiciaire de Paris a déjà ordonné le blocage de 21 adresses à la demande de la Fédération Française de Tennis. Toutes ces informations sont rapportés en exclusivité par le journaliste Marc Rees de L’Informé.
La justice bloquera les IPTV illégales en direct
Le 27 mai 2025, l’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (APPS) et les principaux FAI français ont signé un accord confidentiel. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free s’engagent à bloquer les adresses IP des serveurs pirates à la demande des ayants droit.
On parle de beIN Sports, Canal+, La Chaîne L’Équipe, TF1, France Télévisions et la Ligue de Football Professionnel. Pour rappel, Canal+ et la LFP ont déjà attaqué les VPN devant la justice sur la base de l’article 333-10 du code des sports.
Xavier Spender, délégué général de l’APPS, a posé l’objectif. « Finaliser les tests dans la perspective du tournoi de Roland-Garros afin d’avoir un modèle qui tournera ensuite sur les retransmissions de la Coupe du monde de foot sur beIN Sports« , a-t-il confié.
« Le tournoi a l’avantage d’être en journée et sur un temps assez long, contrairement à un match de 90 minutes, le soir », précise l’Arcom. La Coupe du Monde imposera une cadence bien plus serré, ce que confirme l’objectif de couper les flux IPTV pirates en quelques minutes pendant le Mondial 2026.
Le blocage IP touche aussi les sites légaux hébergés sur la même adresse. « Il y aura par exemple une liste blanche d’adresses IP auxquelles il ne faudra pas toucher, en particulier celles des infrastructures des fournisseurs d’accès à internet », explique l’Arcom. Sauf que voilà, le risque zéro n’existe pas.
Des risques de blocages de plateformes légales
Et pour cause, une même adresse IP peut héberger plusieurs services dont des plateformes légales. « Ça n’engage que ceux qui y croient, il y aura forcément des erreurs un jour », confie un proche du dossier. En clair, les ayants droit assumeront la responsabilité d’un éventuel surblocage. La proposition de loi Lafon prévoit jusqu’à 750 000 euros d’amende pour les pirates. Sur RMC, la ministre des Sports, Marie Barsacq, a présenté le plan gouvernemental contre le piratage sportif.
Le 13 mai 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rendu une ordonnance qui exigeait le blocage de 21 sites pirates. Il s’agit notamment de Tennistream.online, d’Elitetv.fr, d’iPlay.to, de PureIPTV4K.com ou encore de LaFranceIPTV.fr. À la fin du mois d’avril, la FFT avait assigné SFR, Orange, Free, Bouygues Télécom et Outremer Télécom. Les FAI avaient trois jours pour bloquer ces sites avec une méthode efficace.
Pour rappel, l’Arcom a déjà éliminé plus de 170 sites pirates en un week-end de matchs selon Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe de l’autorité. À l’échelle internationale, 138 IPTV illégales ont été fermées par une opération conjointe avec les autorités étasuniennes.
Mais ce n’est pas tout puisque le cadre légal actuel complique l’exercice. « Le droit actuel n’est pas adapté au direct, les procédures sont trop lourdes », explique l’Arcom. La proposition de loi Lafon adoptée au Sénat introduit un système automatisé. Pour faire simple, les ayants droit transmettront les noms et IP des nouveaux services pirates directement aux FAI.
La France veut renforcer sa lutte contre le contenu pirate
« Nous avons besoin de cette automatisation qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. On sera alors dans le top qui se fait en la matière », complète l’APPS. La répression touche aussi les revendeurs, comme l’illustrent les condamnations au tribunal d’Arras à un an de prison et 15 000 euros d’amende.
Xavier Spender va plus loin. « Traiter plusieurs milliers d’adresses IP simultanément, sinon l’efficacité sera limitée », a-t-il avancé. Selon les annexes de l’accord, les FAI se sont engagés à traiter jusqu’à 10 000 adresses IP en parallèle.
On parle d’un volume qui dépasse ceux déployés en Angleterre et en Espagne autour de 5 000 adresses. En gros, la France veut doubler les performances européennes. Bref, Roland-Garros sert de test avant le déploiement sur la Coupe du Monde. La justice anglaise a déjà condamné des responsables d’IPTV pirate à 11 ans de prison pour le même type de service.
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