Bruxelles met en place une nouvelle réglementation à l’échelle européenne pour faire installer des caméras de sécurité dans certains véhicules depuis l’été dernier. Le but : assurer une circulation plus sûre en détectant la distraction ou la fatigue chez les conducteurs.

Il s’agit d’une initiative dans l’ambitieux objectif européen “zéro décès sur les routes” pour 2050. La réglementation GSR 2 (General Safety Regulation 2), en vigueur depuis le 7 juillet dernier, demande aux nouveaux véhicules homologués en Europe d’intégrer une caméra de sécurité pour analyser l’état d’attention du conducteur.
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Les caméras de surveillances pour surveiller l’attention du conducteur
La technologie repose sur une surveillance permanente. Si le conducteur détourne trop longuement son regard de la route pour regarder le tableau de bord, utiliser son smartphone ou discuter avec un passager, un signal lumineux pour l’inviter à garder les yeux sur la route s’enclenche. Elle a été testée avec succès dans les laboratoires Forvia et sera prochainement la norme pour tous les automobilistes européens.
Selon le Règlement délégué (UE) 2023/2590 de la Commission européenne du 13 juillet 2023, qui complète le règlement (UE) 2019/2144 du Parlement européen et du Conseil, le système doit alerter les conducteurs en cas de distraction prolongée. Les seuils définis varient selon la vitesse :
- Entre 20 et 50 km/h, l’alarme se déclenche après 6 secondes d’inattention
- Au-delà de 50 km/h, ce délai est réduit à 3,5 secondes, soit la limite maximale de distraction tolérée par la réglementation européenne
La technologie doit toutefois être capable d’identifier les yeux du conducteur dans toutes les conditions, soit un défi technique important. De jour, de nuit, avec des lunettes correctrices ou solaires, selon les coiffures ou avec du maquillage, etc.
Depuis juillet 2022, des systèmes de surveillance du conducteur (Driver Monitoring System ou DSM) existent déjà sur certains véhicules, mais le déploiement reste limité. Les premières générations se contentent de détecter l’inattention via des capteurs sous le volant et dans l’habitacle. La technologie analyse les mouvements de direction et les micro-déviations du véhicule. L’ajout d’une caméra est donc une amélioration en termes de sécurité.
Parmi les technologies envisagées, la caméra infrarouge offre les meilleurs résultats. Ayla Vanden Driessche, responsable du développement commercial pour les systèmes d’aide à la conduite chez Forvia, explique à BFMTV que « cette technologie peut identifier différents points du visage : position et orientation de la tête, mais surtout le degré d’ouverture des paupières et la fréquence des clignements ». La reconnaissance faciale permet de détecter les signes de somnolence ou d’inattention avec précision pendant la conduite.
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