Les zones à faibles émissions (ZFE) qui interdisent la circulation d’anciennes voitures dans les centres-villes ne cessent de faire polémique. Un groupe de députés s’y oppose avec un constat : la qualité de l’air s’améliore déjà. Il est donc moins urgent, selon eux, d’appliquer des restrictions qui pénalisent les ménages modestes.

Alors que Lyon a lancé une campagne pédagogique pour faire respecter les ZFE, depuis le 1er janvier 2025, 42 métropoles françaises de plus de 150 000 habitants appliquent ces restrictions. Toutefois, des villes se montrent réticentes comme Dijon ou encore Toulon, Amiens, Perpignan, Le Mans, Orléans, Béthune, Valenciennes, Bayonne et Metz.
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Des députés demandent la suspension des ZFE pour cinq ans
Même les municipalités les plus favorables à ces mesures comme Paris et Strasbourg temporisent ou suspendent les campagnes de communication pour les ZFE. La raison avancée par ces députés de la droite et du centre-droit : une mesure “socialement inacceptable”. Les députés craignent qu’une partie de la population se sente en “délit de pauvreté”. Les ZFE ne sont accessibles qu’aux voitures conformes aux normes, donc modernes, donc chères.
Autre paradoxe pointé du doigt : les propriétaires de véhicules qui ont passé le contrôle technique avec succès, dont les vérifications antipollution, ne comprennent pas pourquoi leur véhicule est tout de même interdit dans les ZFE.
Les ZFE sont qualifiées de “machines à écarter des grandes villes les Français les plus démunis” alors que même un groupe d’avocats s’y oppose. Les autorités prévoient des verbalisations automatiques dès 2026. Mais la mise en place technique est complexe de par les retards dans l’application des mesures. Le décret publié le 31 décembre 2024 détaille déjà des amendes de 68 euros pour les véhicules légers et de 135 euros pour les poids lourds.
Les députés opposés estiment que la qualité de l’air s’améliore déjà, indépendamment des ZFE. Selon le site internet de la métropole du Grand Paris, entre 2005 et 2021, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont diminué de 62 % dont 68 % pour le transport routier, qui représente 43 % de ces émissions. Les particules fines PM ont baissé de 42 % sur la même période dont 66 % pour le transport routier, qui compte pour 20 % de ces émissions.
Les progrès avant même la mise en place des ZFE pourraient se poursuivre avec le renouvellement du parc automobile et l’adoption progressive des véhicules électriques. L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) soulignait d’ailleurs dès 2022 que plus de la moitié des émissions de particules fines des véhicules ne proviennent plus de l’échappement mais des frottements : pneus, freins.
Les députés estiment que l’amélioration de la qualité de l’air date d’avant les ZFE et que l’injustice sociale freine les ambitions écologiques. Leur demande : une suspension de cinq ans pour repenser des ZFE jugées comme trop précipitées et inadaptées au parc automobile existant.
Source : Le Point
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